Une des grandes combattantes du continent de ces trente dernières années Une femme qui défend la culture africaine, les droits de la femme africaine...mais surtout, dénonce sans concessions les injustices subies par le peuple noir, la corruption intellectuelle de l'élite africaine, l'esclavage et ses méfaits que nous continuons à subir jusqu'à nos jours....

Cette courageuse et brave femme n'hésite pas non plus de pointer du doigt les innombrables faiblesses et les différentes insuffisances des institutions africaines. A juste titre d'ailleurs tant l'inertie et l'inefficacité dans certaines prises de décisions et résolutions urgentes des crises, restent dommageables au continent et à nos populations.

Je reste une admiratrice de la femme battante et de culture qu'elle est et lui adresse mes hommages fraternels, de soeur, de camarade de lutte...Mes encouragements madame Beyala, on est ensemble pour le triomphe des valeurs Afrique, le respect de la dignité peuple noir, des droits de la femme....

Bravo et encouragement à toutes les amazones connues et inconnues qui nous ont précédé et celles qui contiuent la lutte au perile de leur vie. 

La lutte continue...

Calixte-Beyala-1

Calixte Beyala est sans doute l’écrivaine francophone originaire d’Afrique la plus célèbre et la plus médiatisée en France. Outre ses ouvrages à succès, son engagement militant pour de nombreuses causes font d’elle une véritable icône. Et cela, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas.

C’est une écrivaine à la plume prolixe et au combat singulier. Elle a beau être française et parisienne aujourd’hui, Calixthe Beyala n’oublie jamais son Cameroun d’origine. Encore moins son Douala natal avec ses senteurs de Ndolè qui lui parviennent toujours à mille lieues de l’endroit où elle peut se trouver. C’est en effet à Douala qu’elle est née en 1961 d’un père issu de l’ethnie des Bamiléké et d’une mère Béti appartenant au sous-groupe Eton.

La célèbre écrivaine française d’origine camerounaise a souvent elle-même évoqué cette période difficile de son enfance dans sa famille écartelée par la séparation de ses parents. Et c’est là que prend toute son importance l’efficacité du système social africain authentique, avec le rôle éminent de sa grand-mère. C’est cette grand-mère qui a pris en main l’éducation de base de ses deux petites-filles avant que la grande sœur de Calixthe Beyala ne prenne le relais.

De quatre ans son aînée, la sœur de Calixthe Beyala va s’occuper de ses études, en l’envoyant à l’Ecole principale du Camp Nboppi de Douala. Puis, elle passera au Lycée des Rapides à Bangui en Centrafrique avant de revenir au Lycée Polyvalent de Douala. De ses années d’études, l’on retiendra qu’elle avait pour seule passion : les maths. Le plus clair de ses années-là, elle les passa avec sa sœur aînée à New-Bell, un quartier populaire de Douala.

Lorsque Calixthe Beyala arriva en France à l’âge de 17 ans, elle était encore très loin de savoir par quel chemin le destin la mènera ou au contraire elle le mènera. Une chose était cependant certaine, elle était déjà aguerrie par le triple exemple de courage des Amazones de sa grand-mère, de sa mère et de sa grande sœur. Elle y passa son baccalauréat G2 et poursuivit des études de Gestion et de Lettres. Elle se mariera à cette époque aussi. Avec son mari, s’ensuivra une période de voyage et de résidence en divers endroits. Avant de s’établir à Paris avec ses deux enfants, Calixthe Beyala a vécu notamment en Corse et à Malaga en Espagne avec son mari.

Son œuvre

Calixthe-Beyala-C’est-le-Soleil-Qui-m’a-Brûlée»

L’œuvre de Calixthe Beyala est riche et foisonnante. C’est le moins qu’on puisse dire. Elle met le pied à l’étrier ou plutôt la main à l’encrier (c’est selon !) à 23 ans. Avec la parution de son premier roman C’est le soleil qui m’a brûlée en 1987 aux Editions Stock à Paris, c’est le début d’une ascension. Telle une fusée d’Ariane, l’Amazone venue de Douala va partir en force à la conquête de l’espace littéraire francophone. Dans sa lancée, elle alignera : Tu t’appelleras Tangaen 1988 aux  Editions Stock; Seul le Diable le savait en 1990 aux  Editions Stock; La négresse rousse en 1991 aux  Editions Le Pré aux Clercs ;Le petit prince de Belleville en 1991 aux Editions Albin Michel ; Maman a un amant en 1993 aux  Editions Albin Michel ; Assèze l’Africaine en 1994 aux  Editions Albin Michel ;Lettre d’une Africaine à ses sœurs occidentales en 1995 auxEditions Spengler ; Les Honneurs perdus en 1996 aux Editions Albin Michel ; La petite fille du réverbère en 1998 aux Editions Albin Michel ; Amours sauvagesen 1999 aux Editions Albin Michel ; Lettre d’une Afro-française à ses compatriotes. (Vous avez dit racistes ?) en 2000 aux Editions Mango ;Comment cuisiner son mari à l’africaine en 2000 aux Editions Albin Michel ;Les arbres en parlent encore en 2002 aux Editions Albin Michel ; Femme nue femme noire en 2003 aux Editions Albin Michel ; La Plantation en 2005 aux Editions Albin Michel ; L’homme qui m’offrait le ciel en 2007 aux Editions Albin Michel, etc. La liste est encore longue à égrener.

Calixte-Beyala-Lhomme-qui-moffrait-le-ciel

C’est justement avec L’homme qui m’offrait le ciel que la France et le monde entier découvrira et apprendra la liaison qui exista entre Calixthe Beyala et le célèbre animateur de télévision Michel Drucker. Laquelle liaison dura de 2004 à 2006. Du reste, la célèbre écrivaine Calixthe Beyala ne manquera pas d’intenter un procès contre le célèbre animateur de télévision Michel Drucker. Au motif qu’elle n’a pas été payée pour sa contribution à un de ses livres resté sans suite. Si elle le perdit en première instance en juin 2009, elle gagna cependant en appel en janvier 2011 à faire condamner Michel Drucker à lui verser 40 000 euros.

Calixthe Beyala elle-même n’échappera pas à un procès. Il s’agit de celui de plagiat dont elle fut accusée à propos de son roman Le petit prince de Belleville. Au terme dudit procès, en mai 1996, le tribunal de grande instance de Paris retint contre elle une « contrefaçon partielle » d’un roman de l’américain Howard Buten. Un roman traduit en français en 1981 par les Editions du Seuil. Le tribunal en question la condamna alors de même que son éditeur à payer chacun 30 000 francs pour Howard Buten en guise de préjudice moral et 40 000 francs pour les Editions du Seuil au compte du préjudice matériel. Et avec cette obligation de retirer tous les passages incriminés de son livre. En réponse à cette affaire, Calixthe Beyala aura cette phrase : « Il faut laisser les morts enterrer les morts ».

Calixte-Beyala-les-honneurs-perdus

Tout compte fait, cette affaire n’enlèvera rien à la qualité du travail de l’écrivaine et à sa reconnaissance internationale. Elle fut ainsi auréolée de plusieurs distinctions et titres. Grand prix du roman de l’Académie française en 1996 pour son livre Les Honneurs perdus, paru en aout 1996 chez Albin Michel, Calixthe Beyala commença à collectionner les prix et distinctions. En 1997, elle fut accueillie comme Chevalier des arts et des lettres. En 2010, elle accéda à la dignité de Chevalier de la légion d’honneur, au cours d’une cérémonie organisée à La Sorbonne. En 2013, elle fut élevée au rang d’Officier de l’Ordre de la valeur, la plus haute distinction du Cameroun. La liste de ses distinctions n’est pas exhaustive.

Ses combats

Personnage à polémiques ou controverses, femme engagée sur tous les fronts citoyens en France comme en Afrique et dans sa diaspora, l’Amazone du panafricanisme ne rechigne aucun combat. Quitte à en prendre des coups. Et par-delà son oeuvre d’écrivaine, c’est ce qui fait la singularité de Calixthe Beyala dans un monde où les hommes – tous sexes confondus – préfèrent bien se taire que d’ouvrir leur bouche, de peur de prendre des coups en retour. A cet effet, elle est entre autres dans les combats de Collectif Egalité, Maison des Peuples d’Afrique…Un bel exemple d’engagement et de dynamisme. A sa manière, elle prête sa voix aux sans voix pour empêcher les uns et les autres de tourner en rond ou plutôt de dormir les poings fermés. Dans un texte intitulé Si j’avais été un dirigeant africain, n’écrivait-elle pas fort justement et joliment récemment : « Je ne suis qu’un écrivain et un écrivain, ça écrit, quitte à déplaire à certains » ! Qui dit mieux !

 Par Tcha Sakaro

Source : Courrier Des Afriques