Ahmed Sékou Touré, 31 ans après

 

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Vendredi, 27 Mars 2015 08:01

26 mars 1984-26 mars 2015, 31 ans jour pour   jour que le Tout Puissant Allah rappelait dans sa sainte miséricorde, le   premier Président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré.
  
Ce jour, le peuple de Guinée fut réveillé au petit matin, par les chansons   mortuaires de la RTG. Un des fils les plus prestigieux de la Guinée et de   l’Afrique, venait de se coucher définitivement. C’était à Cleveland, aux   USA... 

La Guinée, l’Afrique et le   monde entier observent le deuil. Tous les grands de ce monde ou prèsque,   seront présents à ses obsèques. Tous les commentateurs seront unanimes.   C’était les plus grandes funérailles du monde contemporain, après celles du   Général Charles De Gaule. 
De mémoire d’homme, jamais la   dépouille mortelle d’un chef d’Etat africain n’a eu de telles estimes. Toutes   les grandes mosquées d’Egypte, du Maroc, de la Libye, de l’Indonésie et de   l’Arabie Saoudite, à la tête desquelles la Kaaba, ont observé la prière de   l’absent. Les drapeaux en berne, les journées de deuil décrétées dans la   plupart des pays musulmans. L’événement était suffisant pour démontrer la   dimension nationale et internationale de l’homme.

Père de l’indépendance   guinéenne, syndicaliste panafricain et patriote invétéré, le Responsable   Suprême de la Révolution, Commandant en Chef des Forces Armées Populaires et   Révolutionnaires, n’a-t-il pas dit, au lendemain de notre indépendance, que «   tant qu’une parcelle du continent africain est sous domination coloniale, la   Guinée ne sera pas libre »?

D’ailleurs, c’est pourquoi, la   vaillante armée guinéenne, créée dès 1960, combattra aux cotés de tous les   pays qui ont obtenu leur indépendance dans le sang, tels que la Guinée   Bissau, le Cap-Vert, l’Angola, le Congo, l’ex Rhodésie, etc.

Aujourd’hui, quoi qu’on dise,   on ne pourra jamais travestir l’histoire, encore moins la réécrire, car elle   est un ensemble de faits têtus, dont la falsification relève du manque de   probité morale et intellectuelle, de l’imposture ou de la simple ignorance.

Loin de moi la prétention de   me substituer aux historiens, la seule intention qui m’anime, c’est de   rafraichir la mémoire des amnésiques, et d’informer la nouvelle génération   sur le parcours exceptionnel d’un homme qui consacra sa vie au service de sa   patrie, celui qui n’a jamais accepté de dilapider les ressources de notre   sous-sol, celui qui n’a jamais eu de compte bancaire en Guinée, encore moins   à l’étranger.

Même si au lendemain de sa   disparition certains journaleux de la presse alimentaire et des intellectuels   pervers ont mené une campagne de désinformation et de dénigrement contre la   personne du feu président, en prétendant qu’il aurait des châteaux par-ci,   des appartements par-là, et des milliards de dollars dans les banques   étrangères, aujourd’hui ces colporteurs de mensonge sont à leurs propres   frais. Puisqu’il a été démontré que le seul héritage que le Président Ahmed   Sékou Touré a laissé à ses enfants, c’est la bonne éducation et les relations   de ses indéfectibles amis.

Le combat de l’homme de 28   septembre n’a pas consisté à s’enrichir mais à libérer notre pays du joug   colonial, de sauvegarder l’intérêt supérieur de la nation et de faire   rayonner sur le plan national et international ses nobles idéaux et aspirations.

Pour s’en convaincre, il   suffit seulement de rappeler ici, le combat mené par les vaillants fils de la   Guinée pour notre indépendance, sous la direction du Parti Démocratique de   Guinée (PDG), à la tête duquel, le timonier, Syli Sèkhu, comme on aimait   l’appeler là-bas au Kaloum, a donné le meilleur de lui-même.

A la naissance du PDG, le 14   mai 1947, Ahmed Sékou Touré qui a commencé la lutte politique par le   syndicalisme, n’était que Secrétaire Général chargé des Relations   Extérieures.

En 1952, après l’affectation   de Madéra Kéita au Dahomey (actuel Benin), Syli Sèkhu devient le premier   responsable du Parti. L’année qui suivît, il sera élu pour la première fois à   l’Assemblée Territoriale de la Guinée dans la circonscription de Beyla.

Lorsque les élections   législatives ont été organisées en 1954 pour remplacer Yacine Diallo, décédé,   Ahmed Sékou Touré, qui fut élu, sera écarté et remplacé par Barry Diawadou du   Bloc Africain.

Deux ans plus tard, en 1956,   le PDG fait élire cette fois, deux députés sur les trois de la Guinée à   l’Assemblée Territoriale, Sékou Touré et Saïfoulaye Diallo.

L’année 1957 sera la   consécration du PDG, puisque sur les 60 députés à l’Assemblée Territoriale,   le parti obtiendra 57 conseillers. C’est pourquoi, le PDG dirigera le gouvernement   de la loi cadre Déferre et Sékou Touré devient d’abord le Vice-président,   avant d’être le Président du Conseil.

Cette suprématie du PDG, sous   la direction du Président Ahmed Sékou Touré, permettra à la Guinée de dire   NON au Général Charles De Gaule, le 28 septembre 1958. Voici survolé, le   parcours exceptionnel de celui qui dirigea la Guinée pendant 26 ans.

Certes, tout n’a pas été rose   pour le leader du PDG. Car dès après l’accession de la Guinée à   l’indépendance, le jeune Etat sera confronté aux représailles de la France,   pour avoir dit Non au Général De Gaule.
   
Les services secrets de la   France tenteront tous les moyens, en utilisant certains fils du pays pour   renverser le premier régime de la Guinée. Mais, grâce à la vigilance de la   Révolution, tous les complots qui seront fomentés contre la personne de Sékou   Touré, seront dénoncés ou déjoués, avec une vague d’arrestation et   d’exécution de certains commanditaires. Même si les victimes n’étaient pas   innocentes, nous nous inclinons devant la mémoire des disparus.

Aujourd’hui, les parents des   victimes des régimes de Sékou Touré et de Lansana Conté sont entrain de   réclamer justice sur tous les toits. Mais l’actuel président de la   République, le Prof Alpha Condé qui veut une Guinée unie et paisible, a   demandé à tous les Guinéens de se pardonner. C’est pourquoi il a entamé hier   mercredi 25 mars 2015, les consultations pour la reconciliation nationale.   Aux victimes des deux premiers régimes, il leur a présenté des excuses du   peuple de Guinée. Car pour Alpha Condé, un président de la République porte   toujours le chapeau de tout ce qui se passe durant son règne, même s’il n’est   pas directement responsable des crimes perpétrés en son nom.

Alors, que tous ceux qui se   sentent victimes, à tort ou à raison, enterrent leurs haches de guerre, en   vue de renforcer l’unité nationale qui était le principal combat du Président   Ahmed Sékou Touré.

Nous prions pour le repos de   l’âme du Père de l’indépendance guinéenne, et demandons au Tout Puissant   Allah, de faire de la Guinée, un havre de paix et un pays prospère et   démocratique. C’est le combat que mène l’actuel président de la République le   Prof Alpha Condé qui a déclaré lors de son investiture qu’il reprendra la   Guinée là où Ahmed Sékou Touré l'a laissée.

Bangaly Condé « Malbanga »