Laissons Le Président Ahmed Sékou Touré reposer en Paix

L'opposition au régime "totalitaire" du "parti-Etat" a été farouche et sans relâche. A la mort de président Ahmed Sékou Touré, on a dit que son régime s'est effondré comme "un château de carte"; et que ses idées et  ses politiques ne lui ont pas survécus.

Il y a 29 ans que le régime du PDG s'est effacé de la scène politique guinéenne. Mais à chaque polémique publique le dossier du "parti-État" ressurgit dans le débat; et le président Sékou Touré devient le bouc émissaire idéal qui sert à masquer l'incompétence chronique de nos dirigeants politiques. Cependant, aucun président guinéen n'a encore mieux, sinon autant, fait que lui dans tous les secteurs confondus; et notre nation n'a jamais été plus fière qu'à son temps.

Depuis près de trois décennies après sa mort, les guinéens sont incapables de prendre leur responsabilité face à l'histoire. Chaque jour qui passe nous conduit vers son lot de corruption, de sous-développement et de crises politiques. Certains ont même enfoncé ce pays dans un trou noir, mais c'est toujours la faute au régime de Sékou Touré.

Le développement par définition est cumulatif; ce qui suppose que chaque dirigeant doit apporter sa pierre à l'édification de la nation. Qu'avons-nous fait pour compléter, changer ou parfaire les œuvres de notre "dictateur" et de son "parti-État"? Quand nous élisons un président, c'est pour qu'il nous trouve des solutions, non pour qu'il nous fasse l'inventaire de nos problèmes. Comment pouvons-nous changer le destin de ce pays si chaque régime piétine les acquis du précédent? Comment le PDG et son président peuvent-ils être responsables de nos échecs 30 ans après ?

À défaut de rendre un hommage mérité à cet homme, ne salissons pas sa mémoire en tirant sur sa tombe.

Mais hélas, on se plaît dans la complaisance, les manigances, la corruption, la désinformation, l'intoxication et le mensonge. Si tel n'était pas le cas chers messieurs, certains de nos compatriotes devraient être condamnés et perdre tous leurs droits civiques pour le restant de leur vie.

Messieurs, ce terme de "parti-État", qui semble devenu spécifique à la Guinée de Sékou Touré, était le mode de gouvernance politique de la plupart des États africains issus des indépendances. La Côte d'Ivoire qui a servi de refuge pour la majeure partie de nos aînés, n'était-elle pas muée dans un système de parti-État?

Faire d'Alpha Condé, un émule de Sékou est le comble de la confusion et le paroxysme de l'amalgame. Alpha qui est connu, sans hypocrisie, comme l'un des opposants les plus impitoyables du président Sékou Touré. Le seul point commun entre les deux hommes est qu'ils ont tous deux gouverné ce pays.

En ce qui concerne la crédibilité des élections, c'est regrettable, mais nous savons qu'en Afrique les élections sont souvent loin d'être parfaites.

Il serait juste pour le bonheur de tous, de faire une lecture impartiale de notre histoire. Trop de choses sont enfouies. Seule l'impartialité peut nous aider à atteindre le but recherché, et bâtir une société démocratique, de progrès, et de justice.

BONNE CHANCE A UNE GUINÉE RESPONSABLE!

CISSE Ibrahima

www.28septembre.com