guineeAprès trois ans de manipulations de l’opinion publique nationale et internationale, l’opposition est actuellement confrontée à un phénomène rare dicté par les réalités du terrain électoral : Il n’est plus possible de parler de l’opposition, mais plutôt des «oppositions», le tout bâtit sur un fonds d’illusions surréalistes. Elles  disent toutes les mêmes choses, ne font rien différemment, mais se combattent à mort dans des fiefs dont chacune d’elles réclame. L’Arc-en-ciel roule en paix !

Après les mensonges accompagnés de pneus brulés, de gendarmes mortellement blessés et des corps inertes de jeunes gens de moins 13 dans les rues, les opposants guinéens se rendent finalement compte qu’ils n’ont ni d’idéologie commune, ni d’objectif commun et pire, aucun d’eux n’a encore eu la force de briser les barrières ethniques au cours de cette campagne et, trouvant  en face d’eux un Arc-en-ciel unit dans sa diversité sur chaque parcelle électorale, ils s’affrontent partout où c’est possible inutilement :

Qui du PDN, L’UFR ou du GPT gagnera Boffa?
Qui comptera Forécariah parmi ses sièges ? Kouyaté, Kassory, Sydia?
Qui emportera la bataille de Kindia ? De Fria ? Kaloum et Dubreka?
Dans toutes ces villes, la victoire de la mouvance n’est pas exclut et est plus que probable à Dubreka, Kaloum, Fria et Forécariah. L’UFDG est presque introuvable sur ces fronts.
La bonne surprise viendra certainement de Kouyaté(PDN), ce qui pourrait être la mort politique de l’UFDG et de ses coquilles vides, pour des raisons internes et externes au Parti de Mamadou Cellou Dalein.
Interne d’abord : la défaite cuisante de Mamadou Cellou Dalein permettra à Bah Oury de déclarer officiellement son Parti Politique créé depuis un certain temps déjà et qui ne pourra exister efficacement que sur la tombe de l’UFDG actuelle. Ce combat a déjà commencé.

Externe : Un bon score de Kouyate aux Législatives transportera la division de l’opposition à l’Assemblée Nationale en faveur du PDN qui à une plus grande capacité d’unir les Partis Politiques, pendant  que L’UFDG n’arrive pas à sortir de son ghetto ethnique ; sa liste nationale en est une preuve : 71% des candidats portent le même patronyme, 87% sont de la même région.

 Sur ce plan  les autres leaders du Fouta ont pris leur distance : Baadiko, Aboubacar Barry, Bah Ousmane et Bah Silla se sont éloignés de ce spectre, ce qui confine Mamadou Cellou Dalein dans un certain isolement dans son fief même.

Pourtant les déboires de l’UFDG ne feront pas la victoire des autres opposants, pour la simple raison que le Parti de Mamadou Cellou a une capacité de mobilisation incontestable de ses militants, même s’il a un problème de regroupement des autres Partis Politiques autour de lui.

En Guinée les illusionnistes et les ethnocentristes sont encore plus nombreux que les « républicains» dans le camp de l’opposition dont l’UFDG attire le gros lot. S’ils s’abstiennent de voter ça serait une débâcle générale des «oppositions», car celles-ci ont besoin de tous les «antis Alpha Condé» pour faire amande honorable ou gagner dans des villes où L’UFDG ne se présente pas, surtout en Basse côte. Le message mixte de Mamadou Cellou Dalein et la violence qu’il traîne, poussent plutôt ses militants à l’abstention dans ces villes. Phénomène qui amplifiera la victoire de l’Arc-en-ciel.
Alors quelle défaite attribuée à l’UFDG si ses militants sont les seuls capables de sauver l’honneur ou assurer la victoire de ses frères ennemies ?

Pourrons-nous autant parler de la victoire d’un Parti Politique à l’Assemblée Nationale s’il n’est représentatif que d’une seule Communauté ethnique?

L’UFDG qui n’est présent à l’Uninominal qu’au Fouta et dans des Communes majoritairement Peul. Avec ce label à L’Assemblée Nationale, il confirmera  ce que nous avions toujours affirmé et dénoncé «L’UFDG est un mouvement communautaire».
Et s’il échoue, c'est-à-dire s’il n’arrive pas à gagner toutes les villes du Fouta, la défaite serait encore plus embarrassante pour lui : le rejet de sa politique communautaire par sa propre communauté. Comprenez pourquoi Mamadou Cellou ne veut pas aller aux  élections législatives, Pita et Dalaba?
Si ce rejet peut être vu comme une victoire «républicaine», l’UFDG ne sera pas le seul à payer le prix.
En face c’est l’Arc-en-ciel partout présent, qui sortira largement victorieux du scrutin national, pour confirmer nos prévisions. Toutes «les oppositions» perdront !
 Et c’est cette probabilité qui se dessine et se fait de plus en plus sentir.
 Voilà une des raisons qui poussent les «oppositions » à se précipiter lentement vers les élections.
A force de pousser le Peuple de Guinée et la Communauté internationale à bout, l’Opposition perdra les élections Législatives sans pouvoir sauver la face. Les Partis qui gagneront quelques sièges ne seront que des représentants communautaires, chose qui n’ouvrira jamais les portes de Sékhoutouréya à un leader politique, car c’est ça le véritable enjeu de ces Législatives à moins de deux ans des Présidentielles.

 Les dilemmes de l’Opposition sont  encore plus complexes

En parlant des «Oppositions», nous n’évoquons pas seulement les différences idéologiques et intérêts politiques des leaders ; nous parlons aussi d’une combinaison de politiciens aux mains sales qui masquent  ceux aux mains propres, qui chantent tous l’hymne de la bonne gouvernance y compris des gangsters aux colles blancs qui ont ruiné l’Etat; il s’agit des gens qui n’ont moralement, en ce qui concerne la gestion de la chose publique, rien en commun : Cellou Dalein-Baadiko ; Kassory-Abe Sylla, Aboubacar Sylla-Fodé Soumah, Aboubacar Barry-Jean Marc Telliano par exemples. «Les mains propres» souffrent de l’amalgame. Quelle combinaison entrevoyez-vous pour convaincre la majorité des guinéens, s’ils répètent en plus les mêmes discours pour conquérir le même électorat face à l’Arc-en-ciel solidement organisé dans sa diversité?
Et que peuvent faire «les mains propres» sans jouer la carte de l’Arc-en-ciel ?
Pour certains, les Elections sont une question de survie et d’existence individuelle aux questions pénales en dehors de la politique. Jean Marc Telliano, Aribot et Kassory Fofana sont tous sous enquêtes pénales pour abus de confiance et corruption internationale. Ils ont d’autres soucis judiciaires, que seule une Assemblée Nationale peut leur donner l’espoir de résoudre, ou leur permettre de gagner du temps. Pour certains candidats  impliqués dans des affaires louches dont nous aurons le temps de développer après les Elections, les Législatives sont une fuite en avant. Ils sont dans une logique de résistance à la création de la Cours des Comptes. Pour eux  l’Hémicycle devrait être un bunker contre les tribunaux. Comment en cette période électorale, séparer ces gens aux problèmes judicaires,  des vrais hommes politiques qui se battent pour prendre le Pouvoir, ce qui est l’objectif d’un parti politique?
Les opposants « propres » ont-ils les moyens de leur politique sans cette opposition affairiste?
Il semble que non. C’est la raison du silence des «oppositions » dans les affaires de la BSGR, des ennuies financiers de Baidy Aribot et de Jean Marc Telliano. Chacun feint d’ignorer que Kassory est cité au tribunal de New-York et que les investigations de la FBI continuent en Guinée… Mais comment perdre un allié potentiel pour sauver la Guinée ?

 L’Opposition n’a pas encore atteint ce degré de maturité politique

Sous tous les aspects, les «oppositions » perdront les Législatives.
Mais quelle défaite présenteront-elles aux illusionnistes, aux extrémistes et aux ethnocentristes inconditionnels pour survivre ?
C’est pour répondre à cette question que les Législatives sont toujours repoussées et les « oppositions » se précipitent lentement pour aller aux urnes.
Après le 28 Septembre, elles mettront tout en œuvre pour saboter les fêtes du 2 Octobre prévues à N’Zérékoré, au nom d’une transparence, dont elles même sont les seuls points opaques.
Ça sera leur dernière carte pour empêcher le Président de savourer sa victoire.
Que Dieu nous protège.

Ben Daouda Touré

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