COUP DE GUEULE (Bulletin N°2)

 

guinee

I - INTRODUCTION

Notre pays est profondément malade : diagnostics

II – NOS REPERES FONDAMENTAUX DE 1958 à 1984

A-           Repère N° 1 : Notre libération- Voir Bulletin N°1 de cette série.

B-           Repère N° 2 : L’Unité Nationale

1. Le Parti Démocratique de Guinée (PDG), après avoir libéré notre pays, avait bel et bien fondé et consolidé notre Nation, de façon pratique et sans discrimination aucune. On peut s’en informer auprès des proches de Messieurs René Fassou Loua, élu Secrétaire Fédéral à Kérouané, et Sanoussi Kéïta, élu Secrétaire Fédéral à Guéckédou, et on saura que le PDG n’a jamais badiné avec la question nationale et les velléités ethno-régionalistes ou sectaires. On peut aussi se rappeler de l’exclusion du Ministre-Star que fut Toumany Sangaré, autant du Bureau Politique National (BPN) du PDG, que du Gouvernement, parce qu’une ‘’Association de Femmes originaires du Wassolon’’ s’était créée en violation flagrante des principes d’intégration et d’unité nationale du PDG, et que cette ‘’Association’’ avait choisi comme Marraine, une des épouses de ce Ministre, pourtant réputé grand animateur et grand organisateur, fondateur du Kébèndo-Jazz de Guéckédou, et tout auréolé à l’époque du glorieux Triplé de notre Hafia Football Club !

  Mais, le meilleur témoignage de l’Unité Nationale sous la Première République, le témoignage le plus éloquent, c’est celui d’une Institution dont les grands Chefs se sont distingués par leur opposition patente au PDG et au Président Ahmed Sékou Touré, à savoir l’Episcopat Guinéen. Celui-ci ne déclarait-il pas en Octobre 1992, citation : ‘’L’un des acquis de la Première République a été  de donner aux Guinéens la fierté d’être tout simplement Guinéens, sans référence à une langue, à une région, à un nom ou à une religion. Des générations de Guinéens ont grandi dans cette solidarité de destin, portant les mêmes aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice’’. Fin de citation.

Moi, j’ai un exemplaire de l’opuscule qui contient cette affirmation forte. Il est signé par les Sieurs Philippe Kourouma, à l’époque Evêque de N’Zérékoré, et Robert Sarah, alors Archevêque de Conakry.

    Les générations successives de Guinéens doivent retenir, en dépit de tous les mensonges et de toutes les déformations, quels qu’en soient les auteurs, et aussi haut placés qu’ils fussent dans notre Société, nos Générations montantes doivent retenir que le Second Repère planté par la Révolution conduite par le PDG, c’est bien l’Unité Nationale, un acquis absolument indispensable à la survie de notre Nation.

2. Malheureusement, pendant que les dignes fils de notre Peuple consacraient leur vie entière à nous bâtir l’Unité, la Solidarité, et donc la solidité de notre Nation, des gens, de petites gens forcément, des alliés naturels de tous les comploteurs qui avaient voulu plonger notre pays dans les affres de l’instabilité au moyen de mille tentatives d’assassinat de Ahmed Sékou Touré, comme il avait été fait ailleurs pour Lumumba, pour Tafawa Balewa, pour Sylvanus Olympio, Um Nyobé, Félix Rolland  Moumié, Eduardo Mondlane, Marien NGouabi, Modibo Kéïta, etc, etc… des foules de petites gens donc  étaient accroupis ‘’au tournant’’, leurs cœurs chargés du venin mortel de l’ethnocentrisme, de la division et de l’anarchie. ET ces gens se sont incarnés dans  le CMRN, l’ont infiltré et soutenu, pour en faire une machine pour broyer notre  Liberté, notre Souveraineté et notre Unité.

   Que personne ne nous dise que les 19 Chefs d’Etats, les 09 Vice-Présidents, dont celui des USA qui, lui-même avec Air Force One, foulaient le sol de notre Continent pour la première fois de l’histoire des USA, les 06 Premiers Ministres dont celui de la France, Pierre Maurois qui vient de décéder, en somme les 169 Délégations Internationales, dont celle de l’ANC conduite par Tabon M’Béki, (Mandéla était en prison, sinon il serait venu), que personne ne nous dise que toutes ces individualités exceptionnelles étaient venues aux obsèques d’un ‘’Criminel’’, d’un ‘’Dictateur’’ et d’un ‘’Monstre  assoiffé de sang humain’’, qui aurait réussi, pendant 50 ans, ‘’à tromper le Monde entier sur son compte’’ : une ânerie que, par une inculture et une inintelligence attendrissantes, les militaires à la mentalité coloniale française qui venaient de s’emparer du pouvoir, avec le soutien de la France justement, avaient voulu utiliser comme slogan !

   Ainsi, aussitôt qu’ils avaient fait leur ‘’Coup’’ contre le PDG, en tandem avec les Services Secrets Français, (qui ne se cachaient même plus !), en tandem aussi avec des mouvances ethnistes incarnées par les Bâ Mamadou et autres Siradiou Diallo, ils s’étaient automatiquement jetés sur les cibles définies dans la foulée de leurs actions criminelles. Dès  le 18 Décembre 1984, une stratégie de Génocide Anti-malinké a été mise en marche de façon flagrante, avec la programmation ci-après révélée par son exécution ultérieure :

    2.1- le 18 Décembre 1984 : discours insultant et limogeage explicitement vexatoire des officiers Malinkés du premier Gouvernement du CMRN, traité tous de ‘’Branches pourries’’ ;

   2.2- Janvier 1985 : assassinat du Capitaine Mamadi Mansaré, un Malinké, chez lui, par un Sous-officier, un Adjudant Peulh répondant au nom de Bah ‘’Pariso’’, vraisemblablement commis à cet effet, parce qu’il avait été aussitôt affecté d’une impressionnante Garde rapprochée ! (Ce qui ne l’empêcha pas de mourir moins de 72 h après sa victime, d’un accès de fièvre !) ;

   2.3- 04 Juillet 1985 : déclenchement du Piège Infernal qui devait faire démarrer le Génocide programmé, au prétexte d’un ‘’Coup d’Etat’’, que Diarra Traoré et ses ‘’complices’’  avaient effectivement ‘’préparé’’… au vu et au su de tous les services de renseignements franco-guinéens, et de tous les tenants d’un ’’Pouvoir Soussou’’ pur et dur qui se mettait en place ! Et à l’abri duquel on a vu se développer ici un lobbying et un affairisme peulhs sans précédent, avec pour objectif la conquête d’un pouvoir clairement anti malinké ; billÂhi!

    2.4- Avant tous ces montages, on avait procédé à l’arrestation de tous les Ministres, de la famille restreinte et élargie, de tous les proches et alliés du Président Ahmed Sékou Touré, dès à partir du 07 Avril 1984, moins de dix (10) jours après les grandioses et inégalées funérailles de dimension mondiale du Premier et Seul Président plébiscité par 95% des Guinéens en âge de voter le 15 Janvier 1960.

    2.5- Nuit du 07 au 08 Juillet 1985 : assassinats de tous les parents et compagnons Malinkés d’AST soigneusement sélectionnés. A défaut de ne pouvoir les liquider par la même occasion, maintien en prison pendant des années, de sa digne, discrète, humaine et compatissante épouse, initiatrice et soutien attentionnée de la ‘’Cité de Solidarité’’ et de plusieurs Centres de Formation pour jeunes filles. Elle n’a même pas pu porter le deuil de son mari. Ne fut-ce pas aussi la même chose pour leurs enfants : Aminata et Mohamed Touré, que tout le monde avait vu évoluer ici de la même façon que les autres jeunes Guinéens de leur âge ? Conté et ses compagnons ont fait tout cela par méchanceté tout d’abord, mais ensuite pour faire plaisir à la France qui les soutenait à fond, à défaut de pouvoir le faire elle-même. C’est l’Histoire : elle est têtue !

    2.6- Dans la même nuit, et plus tard encore au coup par coup, sur ordre d’un Alhousseini Fofana (Commandant à l’époque et Général à sa mort plus de  25 ans après !), celui-là même qui a proclamé qu’ils allaient ‘’finir les Malinkés de Guinée’’, sur ordre de ce Monsieur donc, et d’autres encore comme Komoya, ou Panival, etc : il y a eu des humiliations, des tortures souvent publiques et les éliminations physiques de près (ou de plus) de deux cents (200) Officiers et Hommes de Rangs de notre Armée, tous Malinkés. Ceux de Kindia furent tués avec satisfaction par le  Commandant (Général Maintenant !) peulh, Ibrahima Sory Diallo. Il avait exprimé après les exécutions, sa joie d’avoir vengé ses ‘’parents’’ ! Or, s’il pensait aux comploteurs, très nombreux, aux agresseurs physiques et autres jeteurs de grenade et d’explosifs divers, ou s’il ne pensait qu’aux contingents de Mercenaires de la fin du mois de Novembre 1970, il devrait savoir que la France n’a pas ‘’utilisé’’ que des Peulhs pour tout ça. 

   N.B. En parlant justement de tortures publiques, on est obligé de reconnaitre qu’en vérité, ce que Johnson a fait à Samuel Doe à Monrovia, ne lui avait été inspiré que par ce que le Général Conté, théâtralement élevé à ce grade pour la circonstance en Juillet 1985, ce que lui et sa bande de génocidaires avaient froidement infligé, avec une impudence et une désinvolture insultantes pour le Peuple Croyant de Guinée, au Colonel Diarra Traoré et à ses compagnons ! Avec l’intention patente d’humilier tous les Malinkés à travers eux ! Il faut se rappeler qu’à l’époque, le mot d’ordre ethno : ‘’Maninké moufan’’ était déjà amplement diffusé un peu partout en Basse Côte. On avait même poussé la méchanceté au point d’inventer l’expression  bizarre : ‘’An gbansan’lé’’ !

Encore une preuve de la préméditation de tout cela. Pour comble, on avait invité les gens, par un communiqué radio-télévisé répété à maintes reprises, à regarder les images de Diarra qu’on ligotait et dont on rasait le crâne, et qui ne portait qu’un simple slip, à la Télévision d’Etat, ce terrible soir-là…

   Une scène qui aura tellement réjoui Siradiou Diallo, qu’il n’avait pas pu s’empêcher d’écrire alors que : ‘’Diarra a beuglé en invoquant sa mère…’’ ! Et c’est ce genre de personnes que l’on tient à inscrire dans l’Histoire de la Guinée comme des ‘’ démocrates’’ ? ‘’ Pauvre de nous !’’, aurait-on écrit aux temps reculés de la magnifique langue française. Siradiou, un multirécidiviste en agressions armées à la tête de dizaines de Mercenaires sans foi ni loi. Tant en Guinée ici, aux Comores, qu’au Bénin ! C’est l’Histoire. Ce ne sont pas nos fantasmes !

  Mais, un autre ‘’intellectuel’’ peulh, grand  pourfendeur de l’instrumental ‘’Camp Boiro’’, un, qui est encore très actif aujourd’hui, n’avait eu cependant aucune gêne, après cette scène inhumaine, une scène unique au monde de la part d’un Etat, cet ‘’intellectuel’’ n’avait eu aucune gêne à être le Ministre de la ‘’Justice’’ de cette Junte-là ! Par contre on a bien vu le vrai Intellectuel, Jean- Claude Diallo, un Noble, s’en   éloigner le plus dignement du monde…C’est l’Histoire : nul ne peut la prostituer.

2.7- Plus tard, en 1991, il y a eu l’incitation expresse au massacre des Malinkés, faite par le Général-Président Lansana Conté lui-même aux populations de N’Zérékoré, et de toute la Guinée Forestière. Il était entouré à cette occasion par tous ses compagnons et complices, tous plus anti malinkés primaires les uns que les autres, et se prévalant tous, civils ou militaires, d’être des natifs de cette Région. Au seul prétexte, cette fois-là, qu’un Malinké, un professeur répondant au nom de Ibrahima Kalil Kéïta, avait été perçu comme étant le favori pour être élu Maire de N’Zérékoré aux communales programmées à l’époque. Pour le CMRN, l’élection là-bas d’un citoyen originaire de Siguiri comme Maire, était totalement intolérable. Cela avait entraîné le massacre instantané de plus de mille (1 000) Malinkés à N’Zérékoré et périphéries, dans les villages reculés de toutes les Préfectures de la Guinée Forestière, et sur les routes menant aux différents Marchés forains de la Région. On avait alors abattu des arbres sur ces routes pour bloquer les véhicules-marchands, et pour égorger tout ce qui était Malinké : hommes, femmes et enfants!

   Devant ces massacres massifs, de nature génocidaire flagrante, on n’avait entendu ni Amnesty  International et autres ‘’ONG’’ cyclopes, ni les Diplomaties occidentales, ni les Episcopats prétendus angéliques ! C’était motus et bouche cousue pour toutes ces entités qui continuent, encore aujourd’hui, par contre à soutenir les mensonges, les déformations et les exagérations les plus extravagantes sur le ‘’Camp Boiro’’, et sur les comploteurs, les saboteurs, et tous les mercenaires et terroristes qui avaient été internés là-bas, par un Etat normal qui défendait l’Indépendance de notre pays, notre Souveraineté et l’Unité de notre Nation-Martyre.

   Ainsi, parce que Conté et son CMRN avaient bénéficié de l’indifférence encourageante, notamment de la France, seule JUGE de notre sort aux yeux du Monde, très futé et parrainé par Houphouët-Boigny, l’homme de ladite France, on a vu Charles Taylor lui aussi égorger et massacrer les Malinkés au Libéria voisin, aux mêmes époques! On voit bien donc, que lui et Conté étaient parfaitement solidaires dans leurs actions. Même si un désaccord tactique devait survenir entre eux plus tard. Charles Taylor qui avait bien été reçu à l’Elysée, chez le JUGE EN CHEF de nos sorts.

    Plus tard encore, Konan Bédié et consorts, avaient essayé à leur tour de jouer leur partition dans cet anti malinkéisme, doublé d’un ‘’antimusulmanisme’’ extrêmement violent. Il a fallu finalement, comme pour l’Ulimo, puis le LURD au Libéria, que des ‘’Forces Nouvelles’’ installassent la Côte d’Ivoire dans une Guerre Civile ouverte, pour bloquer toutes ces foutaises

CONCLUSION : Ahmed Sékou Touré, Saïfoulaye Diallo, Lansana Béavogui, Mafory  Bangoura, et leurs Compagnons les plus fidèles avaient réussi à planter le REPERE N°2 de notre existence, à savoir : l’UNITE NATIONALE. Seule la MORT a séparé ces Bâtisseurs qui avaient réussi à engager résolument notre pays dans une modernité totalement caractérisée par la Bonne Gouvernance. Bien avant l’actuelle récupération démagogique de ce concept.

  On nous a fait casser tout cela par des contingents entiers d’anarchistes présomptueux, Civils et Militaires qui, par leurs actes et paroles totalement irresponsables, ont inoculé à notre pays les syndromes libérien, léonais et ivoirien, alors que, grâce à la culture politique et civique du PDG, nous avions durablement été un Havre de Paix, dans une Ceinture de feu. Le manque de courage Politique, proche de la malhonnêteté intellectuelle de nos Elites incapables d’organiser une Conférence ‘’Vérité – Justice’’ seule conciliatoire pour la refondation de notre Nation, ce déficit d’un courage dont Ahmed Sékou TOURE et ses compagnons étaient les porteurs déterminés et sereins, ce manque de courage de nos ‘’ Elites’’ depuis le 3 Avril 1984, constitue maintenant la principale plaie, sans la guérison de laquelle, notre Pays se délitera. Regardez comment tout le monde a peur de condamner Lansana Conté et son CMRN, ainsi que les Politiciens de la Division Nationale, qui les ont accompagnés avec une inconscience et un mépris total pour notre Peuple !

Je prie Dieu, Celui qui peut tout, de donner à la Guinée, qui en a un besoin tragique aujourd’hui, un nouveau Ahmed Sékou Touré. Amîne !

A bientôt pour un autre REPERE, si Dieu le veut.

 

Soub’ hânallâhi Wabihamdihi,astakh’firoullâhi Wa atoûbou ilaïhi 

Wa sallallâhou alâ Seyidinâ Mouhammadin, Wa alâ âlihî, Wa Sahabihî

 

Wa Salllim.

 

Conakry, le 02 Août 2013

Aly Bocar Cissé

Professeur et Administrateur Civil à la Retraite

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