Mohamed TMohamed Touré est le secrétaire général du  PDG-RDA. Il a, au cours d’un entretien avec la rédaction de GUINEE24 il  y a deux semaines mis un accent particulier sur l’état actuel de son  parti, ses relations avec la mouvance présidentielle, les élections  législatives… bref son point de vue sur la situation sociopolitique du  pays. Entretien exclusif :

 

GUINEE24 : Monsieur le Secrétaire Général du PDG-RDA  dites nous actuellement comment se porte le PGD le parti fondateur de la  république de Guinée? 

Mohamed Touré : Par la grâce de Dieu le parti se porte bien.  Le parti se porte bien dans la mesure où nous constatons que dans un  temps plus tôt bref il est entrain de prendre un essor et de se  reconstituer  à la base. Partout dans le pays, les instructions ont été  données aux fédérations afin de renforcer les structures de base qui  existent et qui existaient jusque là, de créer par ailleurs les  nouvelles structures en responsabilisant immédiatement les  militants(es), et sur la base d’un système démocratique qui permette  donc leurs élections au niveau de ces différentes structures de base.  Pour ce faire, je dirai que le parti se porte bien puis qu’aussi et de  la même manière sur le plan international notamment en Afrique (Sénégal,  Mali, Guinée Equatoriale et l’Angola). Il a aussi des structures aux  Etats-Unis, en France, en Belgique, et en, Allemagne). Et une structure  est entrain de se préparer pour être mise en place en Grande Bretagne.  Donc, je vous dirai qu’au vue de tout ça notre formation politique se  porte plus tôt que bien.

Vous êtes membre de la mouvance présidentielle, comment se  porte le mariage politique avec le parti présidentiel que vous avez  soutenu depuis le premier et le second tour, et ce, jusqu’à la  victoire ?

Mohamed Touré : Je crois que notre appartenance à la mouvance  présidentielle c’est un fait qui découle d’un protocole d’accord qui a  été signé entre le RPG arc-en-ciel et le PGD- RDA,  à l’époque  à  l’entrée du premier tour des présidentielles.  Je vous dirai d’emblée  qu’en ce qui concerne le PDG il reste fidèle non seulement à la lettre  mais à l’esprit de cet accord. C’est l’une des raisons pour lesquelles  nous sommes aujourd’hui après la victoire de notre camp aux élections  présidentielles dans la mouvance présidentielle. 

Un autre facteur c’est que nous sommes des républicains et  nous reconnaissons que le Président de la république, le Pr Alpha Condé a  été élu aux suffrages universels et que conséquemment, en tant que  républicain, notre place est à côté  de lui afin de l’aider et d’aider  tous ceux qui sont de cette mouvance à réaliser le projet de société que  nous avons souscrit pour le supporter. Donc, voilà deux raisons  majeures qui sont propres à nous et qui font que nous sommes aujourd’hui  encore à la mouvance présidentielle.

Vous parlez de relations qu’il y a entre le RPG  Arc-en-ciel et le  PDG  je vous dirai sans ambages que ce sont des relations bonnes,  franches et cordiales. Nous estimons que quand les relations sont  franches, nous avons le devoir de nous exprimer exactement comme notre  conscience nous dicte, nous avons l’obligation de dire les choses comme  nous les ressentons et comme nos militants et militantes les ressentent.  Nous pensons que l’expression de ces sentiments, l’expression de cette  réalité que nos militants vivent est une obligation pour nous par  rapport aux forces politiques en Guinée en général et plus  particulièrement par rapport au RPG Arc-en-ciel qui est notre allié  majeure. C’est ainsi que nous concevons nos relations avec le RPG  Arc-en-ciel dans le cadre de la mouvance présidentielle.

GUINEE24 : A quelques mois des législatives y a t-il une  alliance électorale entre le RPG Arc-en-ciel et vous dans la mesure où  une alliance de ce type  comme vous l’entretenez depuis près de trois  ans avec le RPG Arc-en-ciel se fonde sur la défense des intérêts  mutuels,  des intérêts  réciproques des deux camps ou des alliés.  Aujourd’hui on constate que le RPG Arc-en-ciel a présenté des candidats  dans toutes les circonscriptions électorales de la république de Guinée.  Le PDG a aussi une liste nationale et des listes uninominales dans  certaines circonscriptions électorales du pays. Alors, ne pensez vous  pas que là où vous êtes candidat et que le RPG Arc-en-ciel soit candidat  lors que vous êtes des alliés, ne devenez vous pas  des adversaires ?

Mohamed Touré : Vous savez, nous  nous allons  aux élections  en tant que parti politique à part entière. Ce que nous avons  toujours  été et ce que nous avons toujours  exprimé. Depuis1991 que la  possibilité a été donnée de recouvrir le champ politique en créant les  partis politiques sous le nouveau label de démocratie pluraliste, le PDG  s’est reconstitué et depuis il a participé effectivement à tous les  scrutins qui se sont tenu en Guinée.  Un parti politique qui se veut  sérieux, démocrate, républicain, doit pouvoir chaque fois que l’occasion  lui est offerte de s’adresser au peule et de demander au peuple qui le  choisisse. C’est la raison d’être d’un parti politique.

Il est évident que nous n’avons pas eux de discussions par rapport  aux législatives avec le RPG Arc-en-ciel. Ceci est quelque peu  regrettable puis que nous avons dès le départ le jour,  pratiquement la  semaine après l’investiture du Président demandé une rencontre avec la  direction nationale du RPG Arc-en-ciel. Ce qui fut fait. Nous sommes  allés documents à l’appui, leur proposer la méthode de travailler pour  que tous les alliés autour de la candidature du Pr Alpha Condé puissent  travailler politiquement.

Bon, jusqu’à présent j’ai l’impression que ce dossier ou ce document  est en étude et que la balle n’a pas été tout à fait retourné. Cela dit,  il y a plusieurs manières de collaborer, il y a plusieurs manières de  travailler ensemble, le RPG s’est attelé à chaque fois que l’occasion  lui a été donnée et à chaque fois que la situation du pays l’a  interpellé sur certaines questions de s’exprimer publiquement parce que  le PDG estime que sa fonction première et son travail premier c’est de  servir le peuple de Guinée. Et dans ces conditions, il estime  qu’informer le peuple de Guinée par rapport à ces prises de décisions  est une nécessité impérieuse.

Donc, nous avons toujours exprimé les positions du parti par rapport à  certaines questions. Ce qui est, à notre sens, participer à donner  notre point de vue par rapport aux questions générales, de gouvernance   politique ; économique et socio-culturelle du pays. Nous continuons à  travailler dans ce sens  tout en renforçant  les capacités  internes du  parti comme je vous l’ai dit tantôt.

GUINEE24: Quel bilan faites-vous du pouvoir de Conakry ?

Vous savez, je m’adresse par votre canal au peuple de Guinée. Donc,  je n’ai pas droit à la complaisance ou à la démagogie. Franchement le  bilan est mitigé. L’aspect le plus regrettable  du bilan, surtout du  point de vue politique c’est le fait que jusqu'à présent toutes les  institutions de l’Etat ne sont pas mises en place.

Quant au bilan sur le plan économique, il y a des reformes qui sont  enclenchées. Nous constatons que ces réformes à certains niveaux  trainent du pas la réforme. La reforme de la justice par exemple je ne  crois pas qu’elle ait été complétée. C’est quelque chose qu’il faut  faire le plus vite que possible. La réforme des services de défense et  de sécurité. La reforme de l’administration en général est très en deçà  de ce que nous nous pensions pouvoir réaliser dans les trois (3) ans qui  arrivent. Voilà des chantiers pour lesquels nous restons sur notre  faim. Ceci dit des avancées sont aussi constatables, mais nous estimons  que la première de ces avancées doit être le renforcement de la  gouvernance. Et c’est pour ça que le PDG propose le modèle de  gouvernance de démocratie directe et participative. Responsabiliser les  citoyens à la base pour la gestion propre de leurs affaires à travers  des élus.

GUINEE24 : Votre dernier mot par rapport à tout ce que vous constatez en tant que leader politique ?

Je pense que la situation est difficile. Je pense que la situation  est rendue difficile par des intérêts égoïstes, sans état d’âme qui  privent la majorité du peuple de Guinée de ses droits les plus  élémentaires. Je pense que ça c’est une situation intolérable. Je reste  cependant convaincu que le peule de Guinée qui a une tradition encrée de  volonté politique claire vers le progrès social et démocratique, qui a  une tradition encrée de démocratie réelle puis que le peuple s’est  autogéré par un système de démocratie directe et participative pendant  une période de temps considérable de son histoire récente, il a donc des  leçons pour survivre à ce petit hic dans son histoire. Mais, force nous  est donnée de constater que la raison de ces perturbations est très  simple si on regarde clairement. L’Etat guinéen a été kidnappé à un  moment de son évolution, kidnappé par des bureaucrates corrompus qui ont  instrumentalisé des commerçants aussi corrompus. C’est une réalité.  Ceci a créé une catégorie de Guinéens qui, sur la base du système qu’ils  ont  mis en place, se sont mis au travers de l’Etat qu’ils contrôlaient  dorénavant, ont systématiquement exploité toutes les ressources et  revenus de la nation, du peuple…

Cela s’est fait à l’époque du régime militaro-civil, sous le régime  de feu général Lansana Conté. Je n’engagerai pas la responsabilité du  général Lansana Conté parce qu'il était à cet égard incompétent.

Propos recueillis par Balla Yombouno

Source : GuinéeVision