Guinée : Les Fantômes de Zowota se réveillent et frappent le Gouvernement de Lansana Conte.

 

Le Lundi 15 Avril 2013, alors que tous les regards étaient tournés vers la scène de l’attentat horrible qui a frappé le Marathon de Boston aux Etats Unis d’Amérique, nous apprenions :

 « Le Ministère d’Etat chargé de la Justice de la République de Guinée prend acte de l'arrestation aux Etats-Unis dans la soirée du 14 avril 2013 de Frédéric Cilins, individu de nationalité franco-israélienne, poursuivi pour subornation de témoin, entrave à l'exercice de la justice, et tentative de destruction d'éléments de preuves relatifs à une enquête fédérale.

Cette arrestation s'inscrit dans le cadre d'une enquête contre la corruption menée par la justice américaine, portant sur les circonstances de l'acquisition de titres miniers en République de Guinée par le groupe BSGR. »

Mr Fréderic Cilins a été mis aux arrêts par la FBI (Fédéral Bureau of Investigation), à Jacksonville, Floride,  pour corruption internationale dans ses opérations  minières en République de Guinée. En  effet  les permis d’exploitation des Monts Simandou (lot 1 et 2) et Zowota ont été attribués à la Société Israélienne en 2008, au prix d’une corruption sans précédente dans l’histoire de l’industrie minière en Guinée, selon le Gouvernement du Prof. Alpha Conde qui a gelé et exigé la révision de tous les contrats miniers hérités de l’ancien Gouvernement. C’est dans ce cadre qu’une enquête a été lancée au sein du Ministère des Mines en général et particulièrement contre la BSRG qui a refusé de fournir certaines informations et documents relatifs à l’obtention de ses permis d’exploitation des lots 1 et 2 du Simandou et du Mont Yono de Zowota.

La BSRG  a été introduite en Guinée par Mr. Kassory Fofana, pendant que tous les membres de l’Opposition guinéenne actuelle étaient aux affaires en 2008.

Avant de nous plonger dans ces affaires juridiques et hautement sensibles, interrogeons nous de savoir : Qui est BSGR ? Comment s’est-elle installée en Guinée ? Voici la Réponse.

Bonne lecture :

Guinée   : sur les traces de Benny Steinmetz, le roi des Mines

 

 

En tandem avec l’Israélien BSGR (Benny   Steinmetz Group Ressources) sur les gisements de fer de Simandou et de   Zogota, Vale décroche l’une des plus grosses opérations minières en Guinée.   Des montants faramineux sont en jeu et intriguent à Conakry. On soupçonne   derrière cette concession minière la main de l’homme d’affaires israélien   Benny Steinmetz. Qui est-il ? Comment est-il arrivé en Guinée ? Qui   sont les intermédiaires qui l’ont introduit au palais ? enquête.                                                                      

Benny Steinmetz.

Le gourou israélien des métaux précieux,   Benny Steinmetz, arrivé en 2008 en Guinée sur le gisement de Simandou via   son consortium BSGR, une filiale de la holding familiale Steinmetz Diamond   Group, basée à Tel-Aviv, fait actuellement parler de lui dans toute l’Afrique   de l’Ouest.

  Une   fortune de 3 milliards de dollars

A la tête de la holding familiale, Steinmetz   Diamond Group, fondée par son défunt père depuis 1940, Benny Steinmetz, 54   ans, pèse une fortune de plus de 3 milliards de dollars. Le magazine Forbes,   dans son classement en 2008, lui avait attribué la 583e place mondiale. C’est   à l’âge de vingt ans qu’il fait son entrée dans le groupe paternel pour   s’initier au monde des affaires. Ami personnel d’Albert de Monaco, à qui il   rend visite souvent dans la principauté, confident de l’ex-Premier ministre   israélien Ehud Olmert et proche du diplomate américain Dan Kurtzer, son   conseiller, qui suit de très près ses affaires, Benny Steinmetz travaille   principalement dans les mines de cuivre en Afrique, sous le label de son   propre groupe Benny Steinmetz Group Resources (BSG), laissant à la holding   mère de Tel-Aviv la branche d’achat de diamants, son métier de prédilection.   La holding qu’il dirige a comme plus gros client la holding sud-africaine De   Beers. La famille Oppenheimer était encore, dans un passé récent, sur les   tablettes de ses concurrents. Mais son concurrent direct et le plus pugnace   sur le marché de Tel-Aviv reste toujours le magnat Lev Levaïevo.

Sa montée en puissance dans le secteur des   métaux précieux et son glissement vers l’immobilier lui ont valu une   guéguerre sans merci avec Shari Arison, patron de Housing Construction.   Surnommé le « dandy du diamant rose » pour cette opération   sulfureuse, qui a l’a rendu célèbre, de vente de 60 carats de diamant pour la   bagatelle de 110 millions de dollars, Benny Steinmetz est arrivé en Afrique   par le truchement d’un certain Nikanor, qui lui a vanté le sous-sol du   continent.

Peu avant son arrivée en Namibie et en   Afrique du Sud, où il opère dans les métaux, il a levé des fonds, pour un   montant de 600 millions de dollars, afin de financer des activités   d’ingénierie, via ses filiales Scorpio Real Estate, dans le Caucase,   et BSG Capital. Une source nous a confié que la holding dissimulerait des   activités de commerce d’armement. Confidence ampoulée de notre interlocuteur.   « Après la perte en capitalisation boursière qu’a connue le groupe,   notamment sur le marché boursier russe en 2005, on a beaucoup parlé de sa   connexion avec les entreprises d’armement ». Le boom de la holding   intervient en fin 2006. Les affaires de Benny Steinmetz caracolent, avec un   chiffre d’affaires, à mi 2007, frôlant 280 millions de dollars, et se   diversifient. Le groupe prend 1,5% des actions de l’opérateur de téléphonie   Cellcom.

Guinée, terre promise de Benny Steinmetz

Sans bruit, l’homme d’affaires israélien   Benny Steinmetz débarque en Namibie et en Afrique du Sud. Mais, c’est surtout   son arrivée en Guinée en 2008, via la filiale BSGR de la holding Benny   Steinmetz Group, qui suscite des interrogations.

En réalité, à Conakry, selon des sources bien   introduites au palais, Benny Steinmetz doit son quitus d’entrée dans les   gisements de Simandou à la bénédiction d’une des épouses du défunt président,   le général Lansana Conté, Mamady Kabba « Dubreka ». C’est elle qui   aurait diligenté l’octroi de la licence d’exploitation des gisements de   Simandou à la compagnie BSGR. Sacrifiant au passage l’Australien Rio Tinto,   qui opérait déjà sur Simandou.

Dubreka Mamady aurait été conseillée dans ce dossier par l’ancien   ministre Ibrahima Kassory Fofana, alias Donkass.

 « Jamais dans l’attribution de permis d’exploitation   miniers, l’on a connu cette rapidité dans les procédures » a reconnu   une source autorisée, au courant du dossier. Nos sources rapportent que la   licence de BSGR a été signée sous le magistère d’Ahmed Tidiane Souaré,   ex-chef du gouvernement du régime Conté. A cette époque, le Ministère des   mines était piloté par Loncény Nabi. Les montants en jeu étaient faramineux   sur le mont Simandou. Selon des indiscrétions, pour s’adjuger le permis   d’exploitation, au grand dam de Rio Tinto, quelques 1,2 million d’euros ont   été mobilisés dans le circuit restreint des souteneurs de BSGR. Profitant de   l’état de santé fragile du président Lansana Conté, Benny Steinmetz devient   l’entrepreneur « chouchouté » de Mme Dubreka Mamady Kabba. Le   groupe BSGR a installé ses quartiers, depuis son arrivée en Guinée, à la   résidence Nkrumah, sise à Coléah  (un   quartier de Conakry). La résidence Nkrumah, nichée à quelques jets de pierre   de la chancellerie sénégalaise de Conakry, appartient à l’ancien chef de   l’Etat, Ahmed Sékou Touré.

En coulisse

Les contours de l’attribution de la   concession minière de Simandou n’ont jamais été dévoilés à la population   guinéenne. Tout s’est joué en coulisse, en un temps record. Ce qui a fait   dire à une source officielle guinéenne, « que le dossier BSGR sur les   gisements de Simandou est une nébuleuse dans tous ses compartiments ».   Mieux, confirment nos sources, tout a été piloté à partir de la présidence   par Mme Dubreka Mamady. « Elle donnait des instructions et toute la   chaîne suivait » avouent nos sources. Ehud Olmert, ancien Premier   ministre israélien, aurait également joué sa partition via ses   connexions à Conakry.

« Le général Sekouba Konaté serait   bien derrière l’affaire Simandou », dit-on. Toutefois, selon   certains milieux avisés, ce serait plutôt Benny Steinmetz qui   « courtiserait » le président Konaté. Ce dernier, moins populiste   que son prédécesseur, aurait pris goût au business. Depuis deux mois, les   multinationales défilent à Conakry. Après Gazprom Liban, dont les autorités   ont déjà rencontré le général à Paris et qui est sur le point d’investir en   Guinée, place à la junior minière brésilienne Vale, qui va mobiliser la   bagatelle de 2,5 milliards de dollars, dont 500 millions de dollars déjà   libérés.

En réalité, à Conakry, selon des sources bien   introduites au palais, Benny Steinmetz doit son quitus d’entrée dans les   gisements de Simandou à la bénédiction d’une des épouses du défunt président,   le général Lansana Conté, Mamady Kabba « Dubreka ».

L’homme fort de Conakry passe pour être un   champion des signatures de concessions minières, à un mois de la   présidentielle guinéenne du 27 juin prochain.

Au finish

Ce qui intrigue, surtout, c’est   l’adjudication aussi rapide du permis d’exploitation du fer de Simandou et de   Zogota, dans la région forestière, par la junior Vale. Pourquoi la   Brésilienne a choisi d’opérer en tandem avec Benny Steinmetz Group Resources,   aussi bien à Simandou qu’à Zogota ? Selon des sources autorisées, le   courtier de la junior minière brésilienne Vale serait Benny Steinmetz.   L’homme, qui a ses entrées au palais, aurait manœuvré pour faire capoter les   négociations de son groupe avec Chinalco, un des partenaires de l’Australien   Rio Tinto. « Benny a amené Vale en Guinée pour développer d’autres   activités destinées à l’export sous-régional » assène une source.   Pourtant, l’Israélien a fait croire que c’est le groupe Chinalco qui a accusé   du retard dans le démarrage des activités d’exploitation. Rien de tout de   cela. A Conakry, on s’interroge sur le rôle joué par le ministre guinéen des   Mines, Mahmoud Thiam, qui a soutenu à fond la carte du tandem BSGR-Vale. Que   s’est-il passé en réalité ? Pourquoi les choses sont-elles allées si   vite ? Nos sources nous informent que le Brésilien Vale, qui lorgnait   sur des pays comme le Ghana et le Mozambique, a décidé finalement de venir en   Guinée. Sous la bénédiction de leur mentor, Benny Steinmetz, roi des mines en   Guinée, aujourd’hui un des argentiers du pays les plus courtisés.

Le magnat Benny ne cesse de multiplier ses   contacts à la veille des joutes présidentielles du 27 juin prochain. L’après Sekouba   Konaté est en effet lourd d’interrogations... 

Par Ismaël Aidera

Sources :   Les Afriques, Mai  2010.

 PS : Pourquoi certains Partis Politiques   ont  des Législatives ?…. Gardez   ce document il vous servira dans la compréhension du comportement de   l’Opposition guinéenne.

Nous reviendrons !