Stature d’Homme d’Etat, Caricature d’une vision au service de la paix et des peuples : Exemplification par Barack Obama et Alpha Condé

La République de Guinée, indépendante depuis 1958, a vécu seulement en 2010 son 1er scrutin présidentiel véritablement démocratique qui s’est traduit par l’élection du Président Alpha Condé. Les élections législatives prévues après ce scrutin présidentiel font cependant l’objet de reports successifs du fait d’atermoiements de l’opposition pour son organisation. Cette situation crée des frustrations et de plus en plus de voix s’élèvent, chez les partisans du Président notamment, pour estimer qu’il fait trop de concessions à l’opposition. Ce jugement est-il fondé ? Les partisans de cette thèse ne raisonnent-ils pas en militants ou tout simplement en citoyens contrairement au Président Alpha Condé, Président de tous les Guinéens donc au-dessus des appartenances partisanes, devant de ce fait assurer le plus possible le consensus et préserver le plus possible la paix sociale dans la Nation guinéenne ! Cette vertu cardinale de Père de la Nation du Président Alpha Condé inhérente à l’incarnation d’une véritable stature d’Homme d’Etat au service de son peuple peut être mise en parallèle avec la posture de Grand Homme d’Etat du Président américain Barack Obama privilégiant la quête de la paix aux velléités de va-t-en-guerre. Dans l’un comme dans l’autre cas, une telle attitude de prédisposition à l’écoute et à la recherche d’une solution non belliqueuse est cependant caricaturée à travers des vocables de faiblesse, reculade et naïveté notamment, par un certain nombre de leurs concitoyens et d’observateurs.  Mais n’est-ce pas à tort !  

I. Analyse croisée de telles réactions

1). Concernant le Président américain

On se souvient des vives critiques des détracteurs du Président Barack Obama face par exemple à sa stratégie de dialogue avec l’Iran, y compris dans son propre camp, notamment de la part de son ex-rivale devenue par la suite son Secrétaire d’Etat qui critiquait donc la « naïveté », selon elle, d’Obama en matière de politique étrangère, particulièrement sa volonté de dialogue avec l’Iran. Il en a été de même 4 ans plus tard lorsque son adversaire républicain Mitt Romney est revenu à la charge pour fustiger cette stratégie de dialogue avec l’Iran qui se traduirait par un affaiblissement des Etats Unis.

Qui peut cependant sérieusement croire qu’en prônant le dialogue, le Président américain fait preuve de faiblesse face à l’Iran ! D’ailleurs, ne l’a-t-on pas vu user de fermeté face à ce même Iran quand la situation l’exigeait ! Qui peut sérieusement croire que l’immense et puissante Nation que sont les Etats-Unis peut avoir peur de la relative petite et modeste Nation qu’est l’Iran !

Il en résulte que la disponibilité au dialogue, mieux la prise d’initiative pour instaurer un dialogue avec un adversaire nettement moins fort que soi que l’on peut donc écraser à tout moment, comme c’est le cas entre le Président américain et l’Iran, ou encore la recherche d’un monde apaisé à travers l’abandon du programme de bouclier nucléaire par le Président Obama face à la Russie notamment, ne sont pas du tout le signe d’une quelconque faiblesse encore moins de naïveté.

Pour preuve, le peuple américain, malgré les nombreux détracteurs, ne s’y est pas trompé en élisant et en réélisant le Président Obama tel quel, c’est-à-dire Homme d’Etat, d’ouverture et de pondération depuis sa 1ère candidature à la Magistrature suprême.

2). Concernant le Président guinéen

En parallèle, avec le Président Alpha Condé, on est dans le même schéma d’Homme d’Etat, d’ouverture, de pondération et de disponibilité au dialogue alors que par la force conférée par le suffrage universel, il aurait pu légitimement agir autrement vis-à-vis de son opposition. On peut dans ce cadre rappeler son adhésion aux différentes demandes de l’opposition, entre autres : report plus d’une fois des législatives, changement du Président de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), instauration de la parité au sein de la CENI avec notamment 10 membres de la mouvance présidentielle et 10 membres de l’opposition, révision des listes électorales à la place du recensement, appel à un facilitateur international. Toutes ces réponses positives du Président Alpha Condé amènent certains à se demander si l’opposition ne va pas interpréter cela comme un signe de faiblesse et un encouragement à surenchérir sur toute sorte de lubie.

3). Transcendance d’Homme d’Etat

Il ne s’agit cependant nullement de reculade ou de faiblesse, encore moins de naïveté, mais tout simplement de cette transcendance inhérente aux Grands Hommes d’Etat, à l’instar d’Obama, mus par l’Humain, par l’intérêt de leur peuple tout entier, par un environnement apaisé favorable à l’épanouissement du peuple dans son ensemble, bannissant a priori toute voie belliqueuse pour atteindre l’objectif visé et considérant que même si cette voie ne devait se traduire que par une seule perte humaine par exemple (car c’est une voie belliqueuse), ce serait une perte de trop.

Une telle attitude d’Homme d’Etat est à saluer tout en ne se méprenant pas sur la détermination de ces Présidents à agir autrement si la situation l’exige. On peut ainsi voir, face aux menaces actuelles de la Corée du Nord sur un tir de missile, que le Président Obama s’est à nouveau engagé dans l’apaisement à travers son Département de la Défense qui, le 07 avril 2013, a annoncé le report sine die d’un tir de missile intercontinental, programmé pourtant de longue date sur la base aérienne de Vandenberg, en Californie, « pour éviter toute mauvaise interprétation ou erreur de calcul » dans le contexte actuel de tensions !  Il s’agit là d’une nouvelle manifestation d’un grand engagement à un climat de paix, mais en même temps une grande détermination par ailleurs à adopter une autre attitude si nécessaire, à travers cette déclaration américaine disant que les Etats-Unis abattront un missile balistique nord-coréen s’il constitue une menace pour leurs alliés ou pour le territoire américain. En parallèle avec cette auto décision américaine dans le sens de l’apaisement alors que personne ne l’y contraignait et que cela ne correspondait à aucune faiblesse de sa part, on peut évoquer la décision du Président Alpha Condé d’autoriser à l’époque une marche de l’opposition alors que cette manifestation était légalement interdite et qu’aucune contrainte encore moins de faiblesse ne l’obligeait à aller dans ce sens : c’est le signe de la grandeur d’Homme d’Etat dans les deux cas.

En définitive, gardons-nous de confondre faiblesse, reculade ou naïveté avec cette stature de Grand Homme d’Etat responsable et éclairé, source de discernement, de pondération et d’altruisme comme les Présidents Obama et Condé, légitimés dans leur force, mais se gardant le plus possible d’en faire usage en privilégiant l’apaisement au bénéfice des peuples.

Il découle ainsi d’une telle attitude de Grand Homme d’Etat un corollaire majeur : l’aptitude à faire des concessions, ici des concessions faites à l’opposition fondant les réserves de militants et partisans du Président Condé, que l’on pourrait comprendre, mais qui à leur tour se doivent de se rappeler qu’Alpha Condé ne recule jamais devant les intérêts fondamentaux de son peuple et qu’il œuvrera toujours pour les réaliser.

II. Fondements positionnels

1). Vision factuelle

Pour les militants de la mouvance présidentielle ainsi que d’autres partisans et observateurs qui sont habités par les réserves ci-dessus mentionnées, on peut comprendre leur état d’âme à travers notamment 2 faits majeurs :

- Multiples concessions faites par le Président à l’opposition sans que cela ne débouche jusqu’à présent pas à la tenue des législatives. Au contraire on assiste à des concessions « revolving », une concession en suscitant une autre de la part de l’opposition, comme si celle-ci ne voulait pas de ces élections, sentant une défaite certaine, en faisant du dilatoire.

- Dans des conditions similaires dans le voisinage où une opposition a lié sa participation aux législatives à un certain nombre d’exigences, ces législatives ont quand même été organisées sans satisfaction de ces exigences et sans la participation de cette opposition : il s’agit de la Côte d’Ivoire.

2).Vision d’Homme d’Etat globalisante

Dun autre côté, il est loisible de comprendre, à travers le parcours du Président Alpha Condé, qu’il n’est pas homme à faiblir face aux intérêts fondamentaux de son peuple et qu’il incarne en même temps cet archétype d’Homme d’Etat empreint notamment de détermination et de pondération.

A cet égard, le parcours opiniâtre et déterminé du Président Alpha Condé renvoie quasiment à ces mots d’Henri du Vergier Comte de Vendée, qui disait à ses troupes en bataille en 1793 : « si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs vengez-moi ». De fait, on a vu que le Président Alpha Condé a toujours avancé, n’a jamais reculé et l’expression de référence « vengez-moi » correspond ici à ses mots d’ordre à ses militants de continuer le combat lorsqu’il avait été arbitrairement privé de liberté par le pouvoir autocratique auquel étaient associés ceux-là même qui se disent opposants aujourd’hui. Un tel combat a été mené ailleurs et on peut constater par exemple que Gilchrist Olympio leader d’un tel combat dans son pays a abandonné en cours de route (c’est un constat et non un jugement de valeur sur les motifs de cet abandon). Un tel combat est âpre, long et il continue sous d’autres formes avec le Président Alpha Condé pour conduire le peuple de Guinée vers le développement harmonieux.

Leader d’un tel combat plein d’embûches, mené avec ténacité, sans faiblesse et sans reculade, le Président Alpha Condé n’est donc pas du tout dans la posture de celui qui va reculer maintenant au détriment de son peuple. Sa dimension d’Homme d’Etat lui confère de nouvelles responsabilités se traduisant par des actes, face à une Nation toute entière, n’empruntant pas forcément les mêmes contours que ceux idéalisés par des acteurs partisans, mais ne dérogeant en rien aux objectifs clairement définis dès l’entame du combat pour la Guinée : le développement harmonieux dans la paix, la démocratie, la liberté au bénéfice de toute la Nation guinéenne.

Ibrahima Sory KEÏTA

Secrétaire Général Section RPG AEC France