Le samedi 16 mars 2013, l’opposition guinéenne a organisé une marche à Paris, « pour témoigner aux yeux du monde entier… », selon leur site guinee58, contre la politique du pouvoir démocratiquement élu en Guinée. C’est à croire que le monde entier ne veut pas du tout de leur « témoignage » au vu de l’indifférence totale dont ils ont été l’objet.

I. Ratage dans l’audience auprès du monde entier : motivations farfelues

L’attention médiatique escomptée n’a pas été au rendez-vous dans cette France, pays des Droits de l’Homme, réputée sensible aux causes démocratiques, à travers notamment sa capitale Paris abritant des structures mythiques symbolisant ces valeurs démocratiques, comme la Bastille par exemple. Il en résulte que Paris sait discerner le vrai du faux en matière de lutte démocratique pour daigner accorder son attention aux acteurs concernés.

Dieu faisant bien les choses comme on le dit régulièrement, surtout si l’on considère à travers notre vision de croyants que c’est par la grâce de Dieu que le Président Alpha Condé est dans ses fonctions actuelles (quel que soit notre talent, la foi religieuse nous enseigne, à nous Croyants, que si Dieu n’a pas décidé, sur ce point particulier d’occupation de Responsabilités suprêmes, on ne les occupera jamais), il s’est passé le même jour le même type d’événement servant par ricochet d’étalon de mesure de la réalité des motivations démocratiques de ces 2 marches.

1). Marche pour la liberté de la Syrie

Cette marche a été organisée le même jour, samedi 16 mars 2013, dans la même capitale, c’est-à-dire à Paris, sous-tendue par des motivations de liberté et de démocratie. Cette marche a polarisé la plus grande attention des médias, notamment la Télévision, sur une appréciation de motivation fondée,  et on peut en déduire que le monde entier dont parlent ces gens de l’opposition guinéenne a été témoin de cette manifestation de Syriens.

2). En comparaison : marche de l’opposition guinéenne

Cette marche organisée donc le même samedi 16 mars 2013 à Paris aussi est passée sous l’éteignoir des médias, alors que l’objectif des manifestants eux-mêmes était de « témoigner aux yeux du monde entier », d’où un cuisant échec dès lors que cet objectif n’a pas du tout été atteint, car on a vu à travers  cette marche comparative syrienne comment un tel objectif est réalisé.  On peut en inférer que Paris des Droits de l’Homme a su déceler le caractère farfelu d’une telle marche et ne s’est pas laissé entrainer dans une telle aventure. C’est d’autant plus vrai que lorsque l’on va sur le moteur de recherche « Google » et que l’on recherche « marche politique à paris le 16 mars 2013 », on voit apparaitre, entre autres résultats : marche pour la liberté de la Syrie / manifestation caravane des Sans-papiers et Migrants / manifestation contre les expulsions de logement…/ etc. et il n’apparait nulle part cette marche de l’opposition guinéenne qui tenait pourtant à prendre le monde entier pour témoin !!! Même si cela n’avait pas été explicitement reconnu sur leur site, le but recherché d’une telle marche dans Paris, ville lumières, capitale au rayonnement international, est de bénéficier des phares de cette ville pour faire rayonner ses idées partout dans le monde.  L’échec est d’autant plus cinglant que rapporté au nombre de manifestants, le désaveu porte plus sur le fondement de la marche que sur l’ampleur de celle-ci, ce qui veut dire que les motivations invoquées n’intéressent personne d’autre qu’eux-mêmes manifestants.

3). Audience inversement proportionnelle au nombre de manifestants mentionné

Concernant la marche pour la liberté de la Syrie, selon l’AFP, il y a eu 200 à 300 manifestants, ce qui peut paraitre relativement modeste, et pourtant cette marche a polarisé l’attention des médias.

Concernant la marche de l’opposition guinéenne, ils mentionnent sur leur site Guinee58 « près d’un millier de personnes malgré le froid pour témoigner aux yeux du monde entier », et pourtant ils n’ont pas suscité l’intérêt des médias.

Il en résulte que « le monde entier » ne va pas perdre son temps pour suivre une marche d’une opposition, acte tout à fait ordinaire et correspondant à une norme démocratique dans des pays démocratiques comme la France et la Guinée, mais obéissant bien entendu à des devoirs dans ces pays, la meilleure preuve étant que cette marche de l’opposition guinéenne a fait l’objet d’une autorisation préalable de l’Autorité française, y compris la détermination d’un itinéraire à respecter et la présence physique de la Police française pour assurer la paix civile chez elle. C’est tout à fait normal que « le monde entier » préfère suivre une marche dont le contenu est véritablement fondé, nonobstant le nombre relativement modeste de manifestants. Au demeurant, les opposants guinéens savent-ils que « le monde entier » est déjà en Guinée où ils peuvent manifester selon les mêmes règles qu’en France, afférentes aux marches, et se faire entendre de celui-ci !

4). Chiffre de près d’un millier de manifestants crédible ?

On ne va pas se lancer dans la guerre des chiffres car l’essentiel n’est pas là comme on va le voir, surtout que si l’on se base sur les estimations de la Police, ce sera beaucoup moindre. Mais on va réagir quand même face aux fortes présomptions de grugerie éhontée. Tout d’abord, l’opposition mentionne sur son site : « Les Guinéens de France ont battu le pavé… » contre le pouvoir démocratique guinéen ! Pourquoi vouloir associer tous les Guinéens à leur marche en utilisant l’article défini « Les » qui est inclusif, c’est-à-dire indique l’ensemble des Guinéens de France ! C’est bien entendu une grosse contrevérité car tous les Guinéens de France ne sont pas de l’opposition. C’est une contrevérité délibérée pour en faire accroire et mieux justifier certainement le chiffre d’1 millier de manifestants avancé. Ensuite, on voit en illustration de leur compte rendu un calicot mis en exergue avec quelques personnes derrière dont on ne voit pas le visage. On est tout logiquement fondé à penser que si le millier de manifestants mentionné était avéré, c’est plus eux qui seraient mis en gros plan. On précise encore une fois qu’on n’est pas dans une querelle de chiffres, car quel que soit le nombre de manifestants, on considère qu’ils méritent une attention pour peu qu’ils respectent d’abord les règles de notre République (par exemple un Président de la République démocratiquement élu, Chef de l’Etat, ayant autorité sur toute la Nation). Mais comme annoncé, les chiffres de mobilisation ne constituent pas un critère impératif d’appréciation.

II. Importance non déterminante de chiffres de manifestations

On peut illustrer cette assertion par les événements qui se sont déroulés en France, notamment à Paris, autour du projet de mariage pour tous. Cela a débouché sur 2 grandes manifestations antagoniques :

1). Manifestation des opposants au mariage pour tous organisée le dimanche 13 janvier 2013 : selon la Police il y a eu 340.000 manifestants, et selon les organisateurs il y a eu 800.000 manifestants. Cette manifestation a été soutenue, y compris sur le terrain, par des Responsables politiques de premier plan.

2). Manifestation des partisans du mariage pour tous organisée le dimanche 27 janvier 2013 : selon la Police il y a eu 125.000 personnes, et selon les organisateurs il y avait 400.000 manifestants au moins.

On observe donc que les opposants au mariage pour tous ont réuni plus de manifestants (800.000 →on s’en tient à leur chiffre) que les partisans du mariage pour tous (400.000 selon leur chiffre).

Pour information, la domination des opposants en termes de manifestants n’a pas infléchi la position du Gouvernement français qui est dans le sens du mariage pour tous, et il avait prévenu que sa position ne changerait pas quel que soit le sens de la mobilisation contre le mariage pour tous.

3). Mais là où c’est le plus intéressant, et c’est l’objet même de cette illustration, c’est que les opposants au mariage pour tous avaient mobilisé, avec la participation de Politiques, (et ils avaient massivement mobilisé) pour amener le Gouvernement français à renoncer à son projet de mariage pour tous, face à la clameur populaire, au rejet par l’immense peuple, incarnés par leur manifestation, pensaient-ils. Mais il advint alors, le 26 janvier 2013, soit une quinzaine de jours après la manifestation monstre des opposants au mariage pour tous, un sondage Atlantico/IFOP montrant que 63% des Français sont favorables au mariage pour tous, contrairement à l’illusion que pouvait faire croire la manifestation monstre des opposants, et malgré cette manifestation. Mieux, selon toujours un sondage Atlantico/IFOP du 08 février 2013, ce sont cette fois-ci 66% des Français qui sont favorables au mariage pour tous, soit une sensible progression, alors qu’on voulait, en leur nom, infléchir la politique du Gouvernement à partir d’une marche prétendument refléter leur position.

En conclusion de ce chapitre, on s’aperçoit que l’ampleur d’une mobilisation, les chiffres d’une mobilisation en termes de participants, pour importants qu’ils soient, n’ont objectivement pas une valeur significative déterminante. On vient d’en voir la preuve, d’autant plus que le Gouvernement français a fait passer son projet de mariage pour tous et on n’a pas assisté à une déferlante, flamberges aux vents, à l’assaut de ce Gouvernement.

On voit donc que même si on ne fait pas de polémique sur le chiffre d’1 millier de manifestants annoncé par l’opposition, cela ne représente objectivement pas une valeur significative face au Président Alpha Condé, démocratiquement élu par le peuple de Guinée, Chef de l’Etat, Président de tous les Guinéens, assisté de son Gouvernement, pour mener à bien le développement de notre pays, y compris le parachèvement de toutes nos Institutions, celle parlementaire notamment, dans la paix et la sécurité.

Pour information, c’est dans ce sens qu’il ne nous avait pas été utile pour cette fois-ci, d’organiser à l’inverse, une manifestation de soutien au Pouvoir Guinéen dès lors que la mobilisation déterminante a déjà eu lieu et qu’elle s’est traduite par une arrivée aux responsabilités. En réalité, notre soutien est quotidien, indéfectible et se traduit dans nos actes de tous les jours en faveur de notre pays, y compris des manifestations appropriées, le cas échéant.

Ibrahima Sory KEÏTA 

  Secrétaire Général RPG AEC France