29 ans après, Ahmed Sékou Touré reste une référence pour l'Union Africaine !

Il y a 29 ans, disparaissait le fondateur de la   Guinée officielle, premier Président de la République de Guinée, celui qui, durant sa vie, s’est battu  pour la libération des peuples opprimés d’Afrique et du monde, le Camarade Ahmed Sékou Touré.

Parmi les œuvres immortelles du Responsable Suprême de la Révolution, il y a l’accession de la Guinée à l’indépendance et sa participation à la création de l’ancêtre de l’Union Africaine, l’O.U.A., qui ne peuvent être ignorées ni par les historiens,  ni par les panafricanistes, encore moins par la nouvelle génération de politiciens guinéens et africains.

Ce 26 mars 2013 qui consacre le 29e anniversaire de la disparition du Père de l’Indépendance Guinéenne et qui coïncide cette année au cinquantenaire de la création de l’O.U.A., donne l’occasion de rappeler aux amnésiques, et d’informer la nouvelle génération, sur le rôle qu’il a joué dans la décolonisation de l’Afrique et la création de l’O.U.A.

En effet, c’est ce digne fils d’Afrique, l’un des plus prestigieux qui, après plusieurs années de lutte, a dit "NON" au Général De Gaule. Il fut le leader des artisans de l’accession de la Guinée à l’indépendance, sans pavoisements, ni salves de canon, sans délégations étrangères ni manifestations. Bref, par une procédure unique dans l’histoire de l’Afrique, et par la "baraka" d’une seule phrase : "nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage".

Le rôle de ce tribun a été décisif dans la vague des indépendances des années 60 au sein des anciennes colonies françaises. Son appui aux mouvements de libération a été déterminant pour l’accession à l’indépendance des colonies portugaises et pour la chute de l’Apartheid. Nul ne peut ignorer le rôle majeur joué par la Guinée, à travers l’action de son Président, le camarade Ahmed Sékou Touré, pour la création de l’O.U.A., le 25 mai 1963.

Les peuples africains se rappelleront ce grand africain qui avait déclaré, après l’accession de son pays à l’indépendance, que la Guinée ne sera jamais libre tant qu’une parcelle de l’Afrique sera sous domination coloniale. D’où son combat sans relâche aux cotés de l’Algérie, l’Angola, la Namibie, le Mozambique, la Guinée Bissau…pour leur indépendance. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut un vibrant hommage à chaque sommet de l’Union Africaine. Car il reste un modèle et une référence pour tous les panafricanistes.

Sékou Touré avait défendu avec vigueur la cause palestinienne ; Ce panafricaniste qui a toujours joint la parole à l’action, offrit le refuge à tous les combattants de la liberté en Afrique tels que :

 -Bakary Guibo du Niger,

 -l’icône Sud-Africaine Miriam Makéba, chantre de la chanson africaine,

-le Co-Président de la République de Guinée, le Ghanéen Kwamé N'krumah,

-le président du P.A.I.G.C., le Bissau-Guinéen Amilcar Cabral …,

- l’ancien Ministre "Guinéen", le béninois Béhanzin,

-etc.
Il avait fourni les premières armes de l’A.N.C. et délivré un passeport à Nelson Mandela, dans le cadre de sa lutte contre l’apartheid.
La création de l’O.U.A. a été rendue possible grâce à la tenue de la Conférence de Casablanca en 1961, à laquelle :

-Kwamé Nkrumah du Ghana,

-le Mwalimu Julius Nyerere (Tanzanie),

-Gamal Abdel Nasser (Égypte),

-Ahmed Sékou Touré (Guinée),

-Modibo Keita (Mali),

-Ferhat Abbas (Algérie), …

-ainsi que d’autres grands dirigeants d’États Africains nouvellement indépendants, ou en luttes de libération nationale qui formaient à l’époque le camp progressiste,  avaient pris part, invités par le Roi Mohamed V du Maroc.

 C’est cette conférence qui a posé les jalons qui ont conduit à la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.) en 1963.

Savez-vous que, pour le 20ème Sommet de l’O.U.A., qui était prévu à Conakry, le Président Ahmed Sékou Touré s’était engagé à faire en sorte que, le premier noyau d’un Exécutif Africain soit constitué. Ceci rendu possible à travers notamment la création de Ministères Panafricains clés tels, celui de l’Éducation, de la Recherche Scientifique et de la Culture, des Transports et des communications, du Plan et de l’Économie… Nous sommes convaincus qu’au regard du prestige, du respect et de l’aura dont il jouissait, le Président Ahmed Sékou Touré serait parvenu à ses fins et qu’aujourd’hui, c’est de la création d’autres Ministères Panafricains qu’il s’agirait !".

Les peuples du monde garderont toujours en mémoire, celui qui fut un des grands médiateurs dans les conflits internationaux, tels ceux qui opposaient l’Iran à l’Irak, le Mali au Burkina Faso etc.

Il fut vice-président de l’O.C.I. et de la ‘’UMA’’ islamique, et s’est battu corps et âme pour le retour de l’Egypte dans la Ligue Arabe et dans l’O.C.I.

On se rappelle encore ce grand discours qu’il a tenu a` Rabat, au Maroc, dans les années 80, lors du sommet de l’O.C.I. où il a dit en substance : « Quand une sanction s’appelle suspension, elle ne peut plus durer. L’Egypte doit revenir… » 

Et enfin c’est lui qui avait défendu la ‘’marocanité’’ du Sahara Occidental jusqu'à la fin de sa vie.

A cette dernière affirmation, il faut ajouter sa proposition,  lors du 17e sommet de l’O.U.A. à Freetown, en Sierra Léone, pour sauver l’organisation qui était au bord de l’implosion:

« Laissons le Maroc d’un côté, le Polisario de l’autre. Ne nous divisons pas, l’O.U.A.  nous est indispensable. Le problème qui nous préoccupe peut être résolu par les populations concernées, organisons les consultations… ».

Ce sont les actes posés par le Président Ahmed Sékou Touré et ses prises de position dans les conflits régionaux et internationaux, qui avaient fait dire à Aboubacar Somparé, ancien Président de l’Assemblée Nationale guinéenne en 2007 :

« Quelle que soit la volonté affichée d’occulter le rôle éminent joué par les compagnons de notre indépendance, on ne saurait par exemple, sans une forte dose de mauvaise foi, parler de l’O.U.A. sans mentionner feu le Président Ahmed Sékou Touré, et le rôle qu’il a joué dans la libération de la Guinée, et dans l’émancipation des peuples africains ; ».

Suffisant pour convaincre.

Bangaly Condé "Malbanga"