Si les pays alliés et les nations voisines du Venezuela ont rendu un hommage dithyrambique à Hugo Chavez, les capitales occidentales ont plutôt mis l'accent sur l'importance d'une transition démocratique.

Pluie d'éloges en Amérique latine après la disparition de Hugo Chavez. Les plus vibrants sont venus de Cuba et de Bolivie. Chavez a «accompagné Fidel Castro comme un véritable fils», a souligné La Havane qui a décrété trois jours de deuil. «Chavez est aussi Cubain! Il a senti dans sa chair nos difficultés et a fait tout ce qu'il a pu. Le président Chavez a livré une extraordinaire bataille tout au long de sa courte et féconde vie», assure le texte du gouvernement cubain intitulé «Hasta siempre, comandante» («A jamais, commandant»).

Le président bolivien Evo Morales, au bord des larmes, s'est lui dit «anéanti» par la nouvelle et comme Cuba a exhorté à la poursuite du «processus de libération, non seulement du peuple vénézuélien mais aussi du peuple latino-américain». Egalement pris de sanglots, le président équatorien Rafael Correa a déclaré «quand les passions s'apaiseront, le monde entier reconnaîtra la grandeur d'un homme extraordinaire, courageux, plein d'amour et d'héroïsme». Même émotion chez un autre allié proche, le Nicaragua, pour qui «les hommes exceptionnels comme Hugo Chavez ne meurent jamais».

Malgré leurs désaccords avec le disparu, les gouvernements des grandes puissances latines lui ont aussi rendu un hommage appuyé. «Sa disparition représente une perte irréparable. Il était un ami du Brésil», a remarqué la présidente Dilma Rousseff. En Colombie, le président Juan Manuel Santos a exprimé son «profond regret» rappelant que Chavez avait apporté un soutien important pour le processus de paix avec la guérilla des Farc. Au Chili, le président Sebastian Pinera a souligné le rôle joué par son homologue vénézuélien dans la création de la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes (Celac). «Nous avions des différences mais j'ai toujours su apprécier la force, l'engagement avec lequel le président Chavez luttait pour ses idées», a-t-il conclu.

Hors Amérique latine, les hommages ont également afflué. «La Palestine dit adieu à un ami loyal qui a défendu passionnément les peuples opprimés et notre droit à la liberté et à l'autodétermination», a déclaré le Fatah. Le président russe Vladimir Poutine, dont Chavez s'était rapproché, a qualifié son homologue disparu d'«homme hors du commun et fort qui regardait vers l'avenir».

«Un nouveau chapitre» pour les Etats-Unis

Dans les capitales occidentales, les déclarations sont plus en retenue et mettent l'accent sur la nécessité d'une transition démocratique. Barack Obama a affirmé que les Etats-Unis, cible régulière des attaques verbales de Chavez, soutenaient les Vénézuéliens et espéraient des «relations constructives» avec le futur gouvernement. «Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques», a conclu le dirigeant américain. Au Congrès, des républicains se sont eux félicités sans état d'âme de cette disparition. «Hugo Chavez était un tyran qui forçait les Vénézuéliens à vivre dans la peur. Sa mort entame l'alliance des dirigeants gauchistes anti-américains en Amérique du Sud», s'est réjoui Ed Royce, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Au Canada, le premier ministre Stephen Harper a estimé que le décès du président Chavez ouvre une période de transition qui doit permettre aux Vénézuéliens d'accéder à «un avenir meilleur et plus prometteur». Au nom de la France, François Hollande s'est dit convaincu que «le Venezuela saura surmonter cette épreuve dans la démocratie et l'apaisement». «Le président défunt exprimait au-delà de son tempérament une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement. Il aura profondément marqué l'histoire de son pays» a ajouté le chef de l'Etat. Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon et Christiane Taubira, la garde des Sceaux, ont également eu quelques mots:

source : Le Figaro