UNE MEDIATION INTERNATIONALE EN GUINEE, POUR QUOI FAIRE ?

L’opposition radicale a appelé à une médiation internationale en argumentant en ces termes : « Il n’y a pas de bonne foi, il n’y a pas d’honnêteté dans l’exercice du dialogue. Chaque fois que l’on a essayé de le faire – on ne l’a pas souvent fait d’ailleurs – mais aujourd’hui, on sait qu’il n’y a pas de volonté d’aller sur la base d’un consensus à ces élections » (Cellou Dalein Diallo).

En réponse, le Porte-parole du gouvernement Albert Damantang Camara, interrogé par notre rédaction, a répliqué qu’il ne comprenait pas l’opportunité d’une médiation internationale, dès l’instant où plusieurs médiations avaient été déjà effectuées au niveau national et international sans jamais satisfaire l’opposition.
On rappellera, à cet effet, qu’il est vrai que l’opposition s’en est tour à tour prise au Représentant résident du PNUD, au Représentant de l’Union européenne, aux religieux, au CNT à chaque fois que ces personnalités ou institutions ont essayé de poser des actes allant dans le sens de la qualification du processus électoral et du rapprochement des deux camps opposés. Le point culminant de cette hostilité presque « automatique » à l’encontre de tous ceux ayant tenté une médiation a été atteint lorsque l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) a mis son expertise au service de la CENI pour la qualification de processus électoral. En effet, le 26 août 2012, Ousmane Diallo, membre du Bureau exécutif de l’UFDG déclarait à propos de cette institution que « L’OIF c’est l’organisation internationale de la fraude… Nous n’avons jamais demandé à ce qu’elle vienne, Le gouvernement a fait appel au réseau de l’internationale socialiste pour faire venir l’OIF » et de poursuivre qu’ils « …récuserons toute personne qui viendra essayer de passer à côté des solutions (sic) ».
Dans ces conditions, il semble que quelque soit la médiation, elle ne sera admise qu’à condition qu’elle vienne valider le départ de l’opérateur Waymark et consacrer le vote des guinéens de l’étranger. Il se trouve que sur ces deux revendications la CENI ne semble pas prête à reculer et le gouvernement a plusieurs fois déclaré que, d’une part le choix de Waymark a été transparent et que d’autre part le vote des guinéens de l’étranger aux législatives souffre d’une incohérence des textes électoraux et qu’il coûterait trop cher.
Par ailleurs, après que le gouvernement ait cédé sur la majeure partie des réclamations de l’opposition, la mouvance présidentielle ne souhaite plus de concessions. Lansana Kouyaté ne reconnaissait-il pas lui-même, sur les ondes de la radio Espace fm que, sur les 13 revendications de l’opposition, il n’en reste que trois à satisfaire ?
Dans ces conditions, la question qu’il faut se poser est bien la suivante : qu’est-ce qu’une médiation internationale apportera de plus ?

Alpha Soumah

MEDIAGUINEE