Saïfoulaye Diallo

Discours du camarade Saifoulaye Diallo au lendemain du complot Peulh de 1976.
                       A lire attentivement, très attentivement
 

Camarade Secrétaire Général du PDG,

Camarades militants du Parti-Etat de Guinée,


Les agents de la 5è colonne impérialiste, dans leur travail de sape et de dénigrement du régime populaire et démocratique qu'ils ont décidé d'abattre, ont toujours fait état dans leurs dépositions de ce qu'ils appellent : « la situation particulière du Fouta... » brandissant encore une fois de plus l'arme perfide, du racisme et du régionalisme et du mensonge monté contre la liberté et le bonheur du Peuple de Guinée.

Camarade Secrétaire Général du PDG, à voir de près, ils ont peut être raison de parler de « situation particulière du Fouta »
Nous devons les y aider.

Nous disons donc : Oui. Situation particulière mais situation historiquement honteuse à évoquer pour tous les cadres Fouta dignes de ce nom. En effet dans quelle région de la République, le PDG dans sa lutte pour la libération de notre Peuple, a-t-il rencontré le plus de difficultés, le plus d'obstacles ? C'est au Fouta. Pourquoi ?
D'abord parce qu'au Fouta la colonisation était doublée d'une impitoyable féodalité qui réduisait l'homme en véritable esclave et qui, avec la complicité de marabouts véreux avait mystifié les populations au point de tuer en elles toute velléité d'aspiration à la liberté. Le droit du chef y était un droit presque divin et le sujet lui devait obéissance et soumission.
Ensuite parce que la quasi totalité des responsables et militants du PDG y étaient non natifs du pays. Et où étaient-ils en ce moment, ces ardents défenseurs de la cause des Fouta ? Où étaient-ils ces raminagrobis qui versent des larmes de crocodile aujourd'hui ?
Tout simplement prosternés devant les colonisateurs, les commandants de cercles, et leurs valets serviles, les chefs de canton, sans honneur, sans dignité.
Ils étaient les militants forcenés du BAG et de la DSG racistes au service de la réaction colonialiste, pourchassant et tracassant les « étrangers » entendez par-là les Soussous, les Malinkés, Kissiens... etc., qui eux étaient résolument engagés dans la lutte, au sein du Parti.
Nous disons. Situation particulière oui, situation qui honore le PDG et son Secrétaire général ! En effet c'est bel et bien l'ethnie Peulhe qui, plus que quiconque a souffert, de la colonisation et qui de ce fait a tiré le plus de profit, le plus d'avantages de l'indépendance nationale reconquise par le PDG et cela malgré le vote honteux et massif contre l'indépendance et la souveraineté nationales, en faveur du oui, de la servitude et de la dépersonnalisation, lors du référendum gaulliste du 28 Septembre 1958. Et de surcroît, depuis notre accession à l'indépendance totale, le Parti-Etat s'est soucié de façon effectivement particulière du Fouta qui accusait un retard considérable sur les autres régions et c'est ainsi qu'il est courant d'entendre dire par les militants du PDG « Le Fouta ? c'est l'enfant chéri du PDG ».
Nous disons. Situation particulière au Fouta, oui, situation privilégiée. Quand on compare aujourd'hui le développement de la ville de Labé à celle de Kankan, la ville de Pita à celle de Beyla ou de Boké; la ville de Mamou à celle de Siguiri ou même de Kindia, celle de Dalaba à celle de Forécariah, quand on évalue le nombre de visites dont le Chef de l'Etat, et les autres membres de la Direction Nationale du Parti-Etat, ont honoré les Fédérations du Fouta par rapport aux autres régions, quand on considère le pourcentage élevé d'étudiants Fouta inscrits dans toutes nos facultés d'enseignement supérieur et secondaire ou quand on considère les bénéficiaires de bourses d'études ou de stages à l'étranger ; quand on voit le nombre élevé de Haali-Poular assumant de hautes fonctions de responsabilité et de confiance au sein du Parti et de l'Etat, on apprécie mieux l'énormité et le cynisme des mensonges éhontés des traîtres à la cause du Fouta, des traîtres à la cause de la Guinée et de l'Afrique.
Nous disons. Situation particulière du Fouta oui, situation honteuse, pour tous ses dignes fils. D'abord la honte de constater qu'à chaque séquence du permanent complot anti-guinéen, ce sont toujours les pseudo-intellectuels Fouta, à l'extérieur comme à l'intérieur, qui tiennent la vedette et qui, ironie du sort et comble de honte, se trouvaient être dans la plupart des cas parmi les Guinéen les plus choyés et qui jouissaient de l'estime et de la confiance particulière du Chef de l'Etat en personne.
Il faut être un monstre humain, une bête noire, pour trahir et vouloir attenter à la vie de celui qui vous a comblé de bien, de responsabilité et de confiance pour servir le Peuple. C'est la honte pour nous de constater que malgré tout ce que le PDG a fait pour libérer le Fouta et les Fouta de la double exploitation coloniale et féodale, c'est encore, parmi eux que la réaction colonialiste et raciste recrute le plus grand nombre de mercenaires qu'ils arrivent par la Gambie, la Guinée Bissao, le Sénégal ou la Côte d'Ivoire et le Mali avec hélas en tête et, comme éléments de choc, ceux-là qui, au Fouta même doivent encore le plus au PDG, les anciens esclaves, (qui répondent aux noms évocateurs de

Samba-Diouma
Oury-Baïlo
Yéro-Bhoye
Dian-Oury
Yéro Tala, etc.)..

C'est la honte de constater que la majorité des Guinéens qui désertent les villes et les campagnes, la Fonction Publique, l'Université, les Lycées et collèges, est encore constituée de Fouta ! Au Sénégal et en Côte d'Ivoire ces deux (2) paradis du colonialisme, au Libéria et en Sierra-Leone, tous les travaux salissants, dégradants honteux et repoussants sont assurés, par les Guinéens à majorité originaire du Fouta. C'est la honte de voir de vieux fonctionnaires Fouta retraités malades, vivre avec leurs épouses dans le dénuement le plus complet quand ils ne se meurent pas à petit feu, dans les centres hospitaliers ou dans leur propre village, alors que leurs enfants, docteurs en médecine (ce sont les plus nombreux), ingénieurs, économistes, électroniciens... etc., au mépris de toute morale se pavanent à Paris, Abidjan, Dakar, Kinshasa, Libreville, où ils vivent quant à eux, dans le luxe et l'opulence, de la trahison de leur patrie et de leurs familles auxquels ils doivent cependant tout. Nous les jugeons aujourd'hui, mais l'histoire les jugera plus sévèrement encore ; c'est la honte de constater que le Fouta tient encore de nos jours, haut levé, le drapeau du navetanat et que chaque année, au moment précis où le pays a le plus besoin de mains valides pour la campagne agricole, de milliers de jeunes Fouta se constituent en groupes de navetanes qui se dirigent vers le Sénégal, d'où bon ou mal, ceux qui reviennent ne ramènent rien d'autre que de la pacotille et surtout les maladies transmissibles... C'est la honte de constater qu'à Freetown, Séfadou, Yenguema, Monrovia, Abidjan, Dakar, Kaolack... etc., la plupart des filles faciles qui font les trottoirs, sont encore originaires du Fouta.

« Ils ont des oreilles, mais ils n'entendent pas ; ils ont des yeux, mais ils ne voient pas... » le camarade Secrétaire Général du PDG, parlant des racistes invétérés a eu raison de dire cela.

Ils ne voient pas ce qui fait la honte de la race Peulhe, ils ne voient pas non plus ce que devait faire sa gloire et sa fierté, ils ne voient que leurs intérêts criminels et ils n'entendent que les ordres gutturaux de leurs maîtres impérialistes et colonialistes.

L'histoire appréciera, l'histoire a déjà apprécié en les condamnant ferme. Dans le cadre de cette même campagne de racisme pour détruire notre régime, nos défenseurs chevronnés du Fouta, parlant des natifs de cette région qui ont rejeté définitivement toutes les formes de racisme et qui restent fidèles à l'idéal révolutionnaire du PDG, ils n'hésitent de dire :

« ceux-là, ce sont des renégats, ils n'aiment pas leurs parents, ils haïssent leurs propres familles, ils n'aiment pas leurs frères et soeurs de même race, ils ne défendent pas les intérêts du Fouta et des Fouta, ce sont des esclaves des autres races guinéennes ... »
et j'en passe... Comme vous le savez, je suis très très bien placé pour dire tout ce qui précède et répondant à l'appel du Secrétaire Général du PDG, nous entendons reprendre une campagne systématique d'information et d'explications dans tous les milieux susceptibles d'avoir été touchés ou susceptibles d'être touchés par le venin de la propagande raciste des agents patentés de la 5e colonne impérialiste. C'est vraiment le cas de le dire, il existe réellement une situation particulière du Fouta, que tout militant honnête originaire de cette région doit voir en face en vue d'entreprendre la recherche d'une solution conforme à l'idéal de notre Parti-Etat, le PDG. Tous les éleveurs, les cultivateurs ou les artisans Fouta qui ont eu à aborder le Chef de l'Etat, soit au cours de ses visites dans nos fédérations, soit à Conakry, savent avec quelle sollicitude il les approche et avec quelle fermeté il réagit contre un responsable qui fait du tort à un paysan du Fouta. L'ensemble des imams du Fouta expriment publiquement et quotidiennement leurs remerciements au Secrétaire Général du PDG pour sa sollicitude constante et l'attention qu'il leur accorde, pour la défense de la vérité islamique. Le camarade Seku Ture oubliant le passé et cela malgré l'opposition de ses compagnons de lutte n'est-il pas allé jusqu'à accorder le pardon à tous les anciens féodaux du Fouta pour leur donner la chance de se racheter au service de la Guinée indépendante ? Cette attitude constante du Chef de l'Etat, c'est seulement sa conscience qui la lui dicte parce qu'ayant choisi l'amitié du travailleur honnête, du faible, du « miskine », ce qui explique son penchant tout naturel pour le paysan Peulh !

Camarade Secrétaire Général du PDG,
Fort heureusement, l'arme du racisme et du régionalisme n'est brandie que par une minorité de pseudo-intellectuels tarés. Les masses laborieuses du Fouta, les travailleurs, les jeunes, les femmes, tous les intellectuels honnêtes — ils sont en écrasante majorité — sont mobilisés au sein du Parti-Etat et resteront éternellement les ardents défenseurs de la Révolution — dont ils ont tout à gagner sous votre haute et lucide direction.
Votre magistrale mise au point faite au Palais du Peuple le 9 août 1976, après l'audition des mercenaires, a instruit et armé tous les militants antiracistes de la Guinée et plus particulièrement ceux du Fouta-Djallon. Votre appel à la vigilance révolutionnaire a été entendu. Le racisme ne passera pas. Le Peuple vaincra.

Prêt pour la Révolution !