Silence ! Des guinéens bazardent Friguia !!!
Un développement économique suppose une organisation politique dont le leader comprend que son peuple partage la planète avec d’autres, et que la concurrence qui s’insinue, impose que la fierté ...
de chaque partenaire repose sur la capacité de son dirigeant à exprimer sa présence dans cet univers. La compréhension et l’appropriation de cette responsabilité amèneraient le dirigeant politique à détruire les sentiers de la corruption et des considérations subjectives, du contentement de son égo et du poids de ses états d’âme. Les enfants de la Russie arrivent en Guinée et nous dépossèdent de l’un de nos plus précieux bijoux : l’usine de Friguia, qui donne à manger à près d’un million de guinéens. Par la complicité, la duplicité, l’irresponsabilité et l’incompétence des dirigeants guinéens, les russes ferment l’usine et s’esclaffent devant les clameurs des guinéens : « Si vous voulez que nous rouvrions Friguia, donnez-nous en plus Diandian. Avec l’acte d’acquisition de Diandian, nous consacrerons une partie de ce nouvel investissement pour relancer Friguia ». Et des guinéens sont en première ligne pour défendre ces idées iodées. Sous le régime Conté, trois ou quatre guinéens sont devenus des milliardaires en traficotant le contrat de cession de Friguia. Sous le soleil de Karamo Kassawoura, deux ou trois guinéens jouent au petit sorcier en nous disant que les russes n’ont pas assez d’argent pour gérer une seule usine, il leur faut une deuxième pour s’en sortir. Comme si nous ne sommes pas allés à l’école ! Comme si nous autres, ignorons tout de Descartes ! Comme si… Deux ou trois guinéens vont être fabuleusement riches et près d’un million de guinéens, tous ceux qui vivent de Friguia, vont grossir le peloton des indigents. Les dirigeants guinéens doivent pouvoir proposer un autre regard sur notre présence dans le monde, comprendre qu’il y a aussi de la beauté à être riche ensemble, que patriotisme n’est pas idiotie. Personne ne devrait trouver de la joie dans le dépouillement des fiers ouvriers de la première usine d’alumine en terre africaine. Des torrents de larmes doivent accompagner la foule de Friaka désespérée et dépenaillée. Deux ou trois petits rusés, mettent à profit leur proximité avec le sérail pour nous expliquer patiemment et obstinément que les syndicalistes de Friguia ont eu tort de narguer Rusal. Qu’il faut que les travailleurs de Friguia deviennent tout simplement des moutons de Panurge. Et que l’État aide Rusal a aider Friguia en lui accordant les mines de Diandian. Hum ! Être seul riche, de toute la richesse du peuple, peut attirer les courroux de l’histoire et l’ire de Damoclès.                                                                                                                                                                                
Par Yamoussa Sidibé