Pourquoi Sydia Touré et Lansana Kouyaté veulent mettre le feu !

Pour la marche du 17 mars 2012, les deux hommes se sont cachés derrière un énigmatique parti  du nom du PPC. En date du 20 mars encore, la même lettre sans numéro est adressée à la présidente de la délégation spéciale de la commune de Matam, Hadja Nènè Nkoya Touré. Mais suite aux événements de samedi dernier, cette dernière veille au respect de l’article 108 du code pénal qui stipule que «  l’autorité administrative responsable de l’ordre public peut interdire une réunion ou une manifestation publique, s’il existe une menace réelle de l’ordre public ». Pourtant, tout avait bien commencé. Lorsqu’avait commencé le dialogue politique inter partis politiques (ouvert du 27 décembre 2011 au 25 février 2012) pour l’organisation des élections législatives, selon le chronogramme proposé par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Avant que le collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), qui ne sont pas des structures avec une existence légale, aient fait le choix de rompre le consensus sur les prochaines échéances électorales. Au départ de la marche forcée du 17 mars qui a conduit à des scènes de violence, une demande de manifestation avait été adressée à la présidente de la délégation spéciale de Matam par le Parti pour le progrès et le changement (PPC), un modeste parti politique qui ne dispose même pas de siège, qui en son nom, a introduit une demande en date du 6 mars 2012, validée le 12 mars pour son meeting au stade de Bonfi. Mais le lendemain, au cours d’une conférence de presse à la Maison de la presse de Conakry, les deux collectifs d’opposition sont venus à la place du PPC, informer l’opinion de l’organisation d’un « meeting géant »  au stade de Bonfi le même jour. L’autorité communale pris au dépourvu, pour ne pas avoir accordé le meeting à un collectif, mais au PPC, estime que les conditions sécuritaires ne permettaient pas de changer la nature de la manifestation. A la suite de ce refus, les deux collectifs ont décidé de se rendre d’abord au siège de l’UFDG à la Minière, pour faire le point de leur meeting avorté. Ensuite décident de raccompagner à son domicile de Matoto, le leader du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), Lansana Kouyaté, en passant devant le siège du Rassemblement du peuple de Guinée (parti présidentiel). Kouyaté était en compagnie des autres leaders, Faya Milimono de la NGR (Nouvelle génération pour la république), Sydia Touré de l’Union des forces républicaines, Mouctar Diallo des nouvelles forces démocratiques (NFD). Au niveau du siège, le cortège de ces leaders a ralenti et commencé à galvaniser leurs militants. Ces derniers, tout juste après le départ du cortège, comme s’ils obéissaient à un ordre, ont jeté des cailloux sur le siège,  dans lequel se trouvait le secrétaire général Saloum dont l’un des visiteurs a été blessé dans son bureau. Il faut savoir que ce jour là, le samedi, est le jour des réunions hebdomadaires du RPG. Des voitures ont été ainsi incendiées, deux personnes sont dans le coma pour avoir reçu des projectiles. Le parti présidentiel a décidé de porter plainte contre les quatre leaders présents, pour « destruction de biens, coups et blessures volontaires », etc. Le gouvernement de son côté déplorant ces actes de violence, alors que Cellou Dalein Diallo lui-même se trouvait en visite au Rwanda pour des raisons sur lesquelles, nous reviendrons prochainement. La seule chose regrettable, est que Sidya Touré, ex directeur de cabinet de l’actuel Président Alassane Dramane Ouattara et Lansana Kouyaté aient choisi la « banditisation » du jeu politique en recrutant des gros bras chèrement payés, au lieu de réserver cet investissement pour les élections législatives. Mais Sidya Touré et Lansana Kouyaté ont compris : L’UFDG ira seul aux élections législatives. Le PEDN et l’UFR sont paniqués à l’idée de partir sans espoir d’un résultat convenable.

 

Djénabou Diari Diallo