De quoi ont peur les anciens ministres syndicalistes ?

 

Parler des audits devient désormais un tabou en Guinée. A chaque fois que le Président de la République réitère son engagement d’édifier l’opinion sur la gestion antérieure du pays, la plupart des anciennes personnalités, politiques ou acteurs de la société civile, engagent des actions contre le régime, faisant semblant de défendre les Guinéens.

L’actualité sociale est dominée par les sorties musclées, ces derniers jours, des huit centrales syndicales, du pays contre l’Etat. A la clé, la menace de déclencher une grève générale sur toute l’étendue du territoire national. Et pour cause, les syndicalistes reprochent à l’Etat son ingérence dans le fonctionnement de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG).

Les anciens ministres issus du syndicat se retrouvent encore à la tête de différentes centrales. De peur d’être rattrapés par leur passé, ils se cachent désormais derrière la crise au sein de la CNTG pour régler leurs comptes avec l’Etat qui veut les démasquer. Par solidarité avec leur ancien collègue du gouvernement, Amadou Diallo (CNTG), les patrons des sept autres centrales font des pieds et des mains pour imposer l’ex-ministre du Travail, de la Fonction publique et de l’Emploi à la tête de la CNTG. Dans leur offensive, ‘’les camarades’’ syndicalistes entendent forcer la main au gouvernement qu’ils accusent de soutenir Yamoussa Touré, se réclamant aussi secrétaire exécutif de la CNTG. Et pourtant, même Louis M’bemba Soumah de l’USTG, qui s’agite actuellement, a présidé le congrès bis de la CNTG qui avait élu Yamoussa Touré secrétaire général de la centrale syndicale. Mais, comme on parle désormais de solidarité entre anciens ministres syndicalistes, on peut aisément comprendre le mea-culpa du camarade Louis M’bemba Soumah.

Ce doyen, qui a de loin dépassé la retraite, a beaucoup amusé la presse quand il a déclaré que « nous allons reprendre les gants, et excusez-moi, on va se casser la gueule ». De plus en plus, les syndicalistes deviennent agressifs vis-à-vis de l’Etat guinéen. Et comme leurs anciens collègues des partis politiques, ces syndicalistes qui ont goutté aux délices du pouvoir entendent tout mettre en œuvre, de leur côté, pour empêcher le Pr Alpha Condé de prouver aux Guinéens qu’ils n’ont jamais défendu l’intérêt du peuple, mais qu’ils se sont plutôt servis du peuple pour arriver à leurs fins : devenir Ministre de la République afin de mieux préparer la retraite.

Il n’est un secret pour personne que les Guinéens ne sont plus dupes. C’est à voir si le peuple acceptera de les suivre une nouvelle fois pour ajouter souffrance sur souffrance.

Pour plus d’un, il est dommage de voir les syndicalistes s’élever aujourd’hui contre le régime du changement, dont le premier responsable, le Président Alpha Condé, leur a tendu une main fraternelle à chaque occasion pour gérer la Guinée. Mais ce qui ne se doit pas et que le monde du travail saura bientôt, ce sont les sommes faramineuses détournés par ces syndicalistes quand ils étaient aux affaires et qu’un audit vient de révéler. Nous y reviendrons.

 

Issa Thiam