Enclavé dans l’Afrique du Sud, le royaume abritera d’ici une quinzaine d’années le plus grand complexe de production d’énergie éolienne et hydroélectrique du continent noir. Un projet dont le coût a été estimé à 11 milliards d’euros et qui a vocation à encourager le développement économique et énergétique du pays, coutumier des coupures de courant (comme l’Afrique du Sud) et qui ambitionne de devenir un pays en développement (PED).

Baptisé Lesotho Highlands Power Project (LHPP), le complexe doit voir sa construction débuter dès l’année prochaine, avec comme première étape un parc éolien de 150 mégawatts (MW). A terme, c’est-à-dire d’ici 10 à 15 ans, il devrait fournir 5 % des besoins en électricité de l’Afrique du Sud, soit 6 000 MW d’énergie éolienne et 4 000 MW d’énergie hydroélectrique. Avec ce projet, le Lesotho aspire à devenir « une étude de cas sur la façon d’investir dans les énergies renouvelablespour transformer l’avenir d’une nation ». Il s’appuiera pour ce faire sur les montagnes Maluti, très exposées aux vents et qui autorisent l’implantation d’éoliennes. Ce choix n’est cependant pas sans risques, le Lesotho connaissant l’un des taux les plus élevés de foudre dans le monde et les températures pouvant descendre jusqu’à – 20 °C en hiver dans les régions les plus hautes.

L’entreprise sud-africaine Harrison & White Investments et le gouvernement du Lesotho ont tout de même souhaité tenter le coup et participeront au financement, au même titre que des entreprises chinoises dont on ignore pour l’heure l’identité mais qui accorderont des prêts représentant 80 % de l’investissement total. « Le projet arrive à un moment de notre histoire où nos sources traditionnelles de revenu se sont taries, principalement à cause de la crise économique mondiale », a commenté la ministre des Ressources naturelles du Lesotho Monyane Moleleki.

Dans ce pays qui affiche le troisième plus haut taux de HIV au monde, 2 millions d’habitants vivent avec moins d’1,25 dollar par jour (90 centimes d’euros environ) et l’espérance de vie ne dépasse pas les 46 ans. Le LHPP ne résoudra certes pas ces problèmes mais il devrait générer la création de 25 000 emplois sur 15 ans, dont 1 500 techniciens et ingénieurs qui seront recrutés de façon permanente. Des routes et des canaux de transmission seront également construits, ouvrant ainsi des contrées recluses aux marchés et services gouvernementaux sans pour autant attenter aux écosystèmes locaux. Un impératif dans la mesure où les montagnes Maluti, inhabitées, abritent des zones humides précieuses pour la biodiversité qu’il est essentiel de préserver.

Crédits photos : Wikimedia commons – Jacovt / flickr - kadi.beth
Source : Zegreenweb.com