CDD_BOn le sait, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, qui se croit, en attendant les prochaines échéances électorales, être le principal parti d’opposition guinéenne, est en total désarroi depuis sa cuisante défaite lors de la présidentielle de décembre 2010 qui a consacré la victoire du Pr. Alpha Condé, poussé par le RPG et ses alliés de l’alliance Arc-En-Ciel.

Au lieu de tirer toutes les leçons de ce désappointement politique, corriger ses erreurs et/ou fautes, pour rebondir lors des prochaines joutes électorales, Mamadou Cellou Dalein et ses lieutenants s’arc-boutent derrière un communautarisme qui frise l’ethnocentrisme. Cette manœuvre politicienne ne semble surprendre que les plus crédules, quand on se souvient de la première déclaration du leader de l’UFDG suite à la fraternelle main tendue du Pr. Alpha Condé : « Je ne peux pas travailler avec ceux qui sont à l’origine des violencesqui ont eu lieu entre les deux tours et qui ont tenté d’exclure une communauté… » Le lundi 12 septembre 2011, Mamadou Cellou Dalein a remis ça. Dans un communiqué de presse, l’Union des Forces démocratiques  de Guinée, UFDG, a encore tenté de « dénoncer l’acharnement dont sont victimes ses responsables et militants. » Cette sortie médiatique, d’après les observateurs de la scène politique guinéenne, ouvre des brèches à plusieurs questions dont les réponses devraient confirmer ou infirmer  les incessantes prises de position et déclarations larmoyantes, infondées, confuses les une après les autres, et surtout permettre à l’opinion nationale et internationale de cerner le caractère communautaire et ethnocentriste de l’UFDG,  sous la direction de Mamadou Cellou Dalein Dalein Diallo. Qui a tendance à réduire le débat politique guinéen à sa plus petite expression, le communautarisme ou l’ethnocentrisme.
Pour rafraichir les esprits, il faut rappeler que dans la nuit du lundi 18 à mardi 19 juillet 2011, vers 3 heures du matin, un commando lourdement armé d’armes de guerre a attaqué le domicile privé du Pr. Alpha Condé, sis au quartier de Kipé, dans la commune de Ratoma.  Un mort et des blessés graves ont été déplorés. Des présumés auteurs, à la suite d’intenses combats opposant des assaillants à la garde présidentielle, ont été arrêtés, en flagrant délit, sur les lieux de l’attaque. Essentiellement composés de guinéens, toutes communautés et ethnies confondues.
Les faits étant têtus. Avant même l’annonce, par les médias,  de la nouvelle de la tentative d’assassinat du Pr. Alpha Condé, Président de la République, Oury Bah, le 1er Vice-président de l’Union des Forces Démocratiques de la Guinée, UFDG, comme s’il se rempochait quelque chose, a pris ses jambes au coup  pour une destination toujours tenue sécrète par l’UFDG et ses thuriféraires.
Ainsi, de folles  rumeurs, alarmistes et alarmantes, comme une traînée de poudre, ont commencé à se répandre, tant dans la cité de Conakry que sur la toile.  Le gouvernement du Pr. Alpha Condé a été directement ou indirectement indexé par des marchands d’illusion et colporteurs de rumeurs, l’accusant de détenir en secret le fugitif Oury Bah. Que n’a-t-on pas lu ou entendu sur cette prétendue disparition ? Tout a été dit et écrit sauf la vérité des faits.
Deux semaines plus tard, le principal concerné, le même Oury Bah, assène un coup fatal à la crédibilité de l’UFDG, en reconnaissant, sur  les antennes de RFI, qu’il est parti de son propre chef de lui. L’annonce de cette nouvelle a fait l’effet d’une douche froide, et un silence de mort s'est abattu sur sa formation politique, l’UFDG. Puisque, comme dirait l'autre,  la montagne venait d’accoucher d’une souris. Celui qui était sensé être détenu par le pouvoir, venait d’avouer, à la face du monde, le contraire : « J’ai disparu parce que j’étais obligé de la faire, parce que  des militaires en civil sont venus à la maison me chercher. »  On aurait facilement cru à cette thèse, si l’incendiaire de la politique guinéenne s’en tenait à l’unique phrase. Mais le commentaire qui en a suivi, si besoin en était, a prouvé le caractère mensonger de son intervention : « Heureusement,  que j’avais le réflexe de pouvoir me rendre compte que ce n’était pas des gens qui étaient venus de manière amicale. J’ai pu sortir de la maison avant qu’ils n’arrivent. En groupe, ils sont venus le soir habillés et puis ils ont dévasté et détruit beaucoup de choses dans ma maison. Entre temps, je me suis rendu compte qu’il fallait que je disparaisse. Donc, c’est comme ça que je me suis éloigné du domicile. J’étais obligé de rester pratiquement pendant une dizaine de jours quelque part dans Conakry. C’est par la suite que j’ai estimé que le moment était favorable de sortir du territoire …  »  Un véritable conte de fée.
Répondant à la question de savoir s’il ne jouait pas la carte de la victimisation de la communauté peule, devenue fond de commerce de sa formation politique,  Oury Bah de façon voilée a contredit son mentor: « Personnellement, je n’ai pas cherché à jouer ce jeu là. Mais je vois les listes, j’entends des noms. Il y a des gens de toutes les communautés qui sont arrêtés… » Cette affirmation ne suffisait-elle pas pour prouver que, depuis  la tentative d’assassinat avortée de la personne du Pr. Alpha Condé, seuls des présumés auteurs et commanditaires ont été mis aux arrêts ? Et qu’aucune communauté n’a été particulièrement visée ?  Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Conakry pour que toute la lumière soit faite sur ce crime odieux.  D'ailleurs, dans sa toute première déclaration, soucieux de préserver un climat de paix, cohésion sociale et de sécurité pour tous, le président de la République avait demandé à tous les guinéens de continuer à vaquer à leurs affaires, laissant ainsi le soin à la justice de faire son travail en toute indépendance. Tout en précisant qu’il n’y aura pas de chasse aux sourcilières. Il a, par ailleurs, souligné que tous les auteurs et commanditaires présumés de la tentative d’assassinat,  sans distinction d’ethnie, de religion et de race, qu’ils soient militaires, hommes d’affaires, politiciens ou simples citoyens, seront traduits devant la justice. Pour qu’aucun innocent ne soit condamné, mais aussi et surtout aucun coupable n’échappe à la rigueur  de la loi.
Mais depuis sa déconvenue politique lors des présidentielles de 2010, celui qui  devrait endosser et mériter son smoking  d’opposant, semble être politiquement constipé. Son disque dur, après des décennies de gestions calamiteuses et catastrophiques  des affaires publiques guinéennes, apparaît aujourd’hui plus que saturé. Aucune proposition constructive n’émane de lui. Aucun programme politique pour l’intérêt supérieur de la Nation. Le seul et unique thème qui domine les débats dans son état major politique, est la COMMUNAUTÉ. Victimisation outrancières, replis sur soi, rejet de l’autre… sont devenus un fonds de commerce que seuls les plus naïfs ne comprennent  toujours pas.
Quand Mamadou Cellou Dalein Diallo respire, c’est pour dire que sa communauté est exclue de la gestion des affaires de l’Etat. Quand il tousse, c’est pour affirmer que le gouvernement s’acharne contre sa communauté. Est-il encore besoin de rappeler à Mamadou Cellou Dalein Diallo que, dès après la proclamation de la  victoire du Pr. Alpha Condé à la magistrature suprême de la Guinée, le geste majeur allant dans le sens de l’apaisement, d’ouverture  politique à l’opposition, du nouvel élu fut de lui tendre une main fraternelle. De façon épidermique, sans aucune forme de retenue, celui qui a toujours du mal à digérer sa défaite, avait carrément rejeté l’offre du Président démocratiquement élu de la Guinée. « Il m’est, de toute façon, très difficile de travailler avec Alpha Condé. Je ne peux pas travailler avec ceux qui sont à l’origine des violences qui ont eu lieu entre les deux tours et qui ont tenté d’exclure une communauté.», avait déclaré Cellou Dalein, avec une forte dose de rancœur.
C’est de bonne guerre, Mamadou Cellou Dalein Diallo. En politique, selon les constitutions, les régimes… celui qui perd une élection, sa place n’est nulle  part ailleurs que dans l’Opposition Démocratique et Constructive. Des Etats Unis, en passant par la France,….. jusqu’en Afrique du Sud, ainsi fonctionne un régime démocratie. Mais jamais sur le front de combat ou de rébellion.
Cette réalité démocratique semble être reléguée aux oubliettes en Guinée. Que des dignitaires d’anciens régimes, au premier chef, Mamadou Cellou Dalein Diallo, feignent d’oublier ces pratiques démocratiques, révèlent d’une cécité politique qui cache mal une irresponsabilité politique. D’où les manœuvres déstabilisatrices orchestrées  pour tenter de réduire à néant tant d’années de luttes et de sacrifices consentis pour l’instauration d’un véritable État de Droit en Guinée.
Cependant, avec un recule dans le temps, on peut sans risque de se tromper comprendre l'attitude actuelle du candidat malheureux aux  présidentielles de 2010. Pendant que Mamadou Cellou Dalein Diallo se la coulait douce avec le PUP (Parti de l'Unité et du Progrès), durant des décennies, la classe politique guinéenne était  réprimée à tout bout de champ. Il n'a jamais pris son bâton de pèlerin pour dénoncer cet acharnement contre le peuple de Guinée.  Aujourd' hui, comme Mamadou Cellou Dalein Diallo a changé de camp, il change de discours, et opte pour une politique de communautarisme et de victimisation. Est-il encore de temps de rappeler qu'aucune communauté ne gouvernera jamais toute seule cette nouvelle Guinée Démocratique? A méditer et changer son fusil d'épaules. Car la priorité des guinéens aujourd’hui se résume à la lutte contre la corruption, le détournement de deniers publics… instaurée  en système de gestion et de gouvernance pendant qu’un certain Dalein était encore aux affaires. Sans oublier les cruciaux problèmes d’électricité, d’adduction d’eau potable, de soins de santé, et d’auto-suffisante alimentaire qui n’ont bénéficié d’aucune attention pendant les mêmes décennies.
Mamadou SACKO, depuis la Belgique
Source : Radio-kankan