Le leader de l’UFDG Cellou Dalein Diallo est arrivé ce dimanche 04 septembre à Conakry, a déclaré à GUINEE24 un membre du bureau exécutif national du parti. Sans bruit, ni trompette, ni flûte, ni tamtam, sans la section motard qui a fait de nombreuses victimes en Guinée, surtout sans les militants, militantes, sympathisants qui ont été invités par leurs responsables à rester à la maison. Comment Cellou Dalein Diallo a-t-il négocié et obtenu son retour au pays, après plusieurs mois de cavale déguisée en mission du parti à l’étranger ?

Le récent séjour à Paris du candidat malheureux à la présidentielle de 2010 s’inscrivait dans le cadre du retour au pays auprès de certains officiels, amis du Président Alpha Condé..., a déclaré à GUINEE24 un cadre du Quai d’Orsay.

« L’intérieur du coupable gronde », dit-on. Que se reproche t-il vraiment pour faire une telle démarche ? Sidya Touré et les autres leaders politiques ne sont-ils pas libres de leur mouvement ?

Comme le dit un adage : « Il vaut mieux avoir plusieurs cordes à sa guitare qu’une seule».

Bien introduit à Dakar où, il est considéré comme le plus grand investisseur de l’année 2011 et où il compte des milliers de partisans qui bénéficient de la double nationalité guinéo-sénégalaise, certains exerçant le pouvoir dans le gouvernement sénégalais, dans la haute administration, Cellou Dalein Diallo a réussi à travers ses différents soutiens à faire impliquer le Président Abdoulaye Wade dans son retour en Guinée.

La récente visite officielle du Ministre sénégalais des Affaires étrangères à Conakry en est une preuve éloquente.

A rappeler que dans le cadre de l’élection présidentielle de 2010, le Président sénégalais avait clairement manifesté son soutien à Cellou Dalein Diallo, calcul politicien oblige, espérant récupérer les nombreuses voix de ces guinéo-sénégalais, partisans du chef de file de l’UFDG, établis depuis plusieurs décennies au Sénégal à la présidentielle de 2012 où, il n’est pas assuré d’être candidat ou à défaut d’être réélu.

La plus grande opportunité que Cellou Dalein Diallo a mise à profit est sans nul doute le lancement par le Pr. Président Alpha Condé du dialogue pour la réconciliation nationale. Chargés de gérer cette mission, le grand Imam de la grande mosquée Fayçal de Conakry et l’archevêque émérite de Conakry sont dépêchés au Foutah Djallon notamment à Labé pour rencontrer la coordination Haalpular. Une aubaine. La cerise sur le gâteau. Le leader de l’UFDG demande à la coordination de poser comme condition son retour au pays natal. Ainsi dit, ainsi fait.

En effet, dans la démocratie des partis en Afrique où, le vote est moins une attitude citoyenne, politique… que le reflet des valeurs sociales, sociologiques, culturelles…, derrière chaque leader se trouve une ethnie, une communauté, une coordination, une région… La victoire à la présidentielle de 2010 au Foutah Djallon de l’UFDG en est une illustration éloquente.

Le pouvoir de Conakry ne se reprochant aucune attitude entravant la liberté des citoyens guinéens, a estimé qu’il ne s’oppose à la liberté de circulation d’aucun citoyen de la République instituée par la Constitution et dont il est le principal garant.

Cependant, personne n’étant au dessus de la loi, il est important de rappeler ici qu’aucune intervention n’est possible pour un citoyen lamda en délicatesse avec la loi, mêlé aux activités subversives, au complot, à l’atteinte à la sureté intérieure et extérieure de l’Etat, au coup d’état, à la tentative d’assassinat du Président de la République…

Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 juillet, le Pr. Président Alpha Condé a été victime d’une double tentative d’assassinat et de coup d’état. Les enquêtes préliminaires sont bouclées. Une quarantaine d’assaillants ont été arrêtés et déférés à la justice où, leurs instructions évoluent. Bientôt s’ouvre le procès.

A l’analyse et selon les informations, cette forfaiture criminelle est l’œuvre d’un groupe hétéroclite de politiciens, de militaires et d’hommes d’affaires.

En tout état de cause, la commission nationale de réconciliation mise en place par le Pr. Président Alpha Condé ne devrait pas être une institution expiatoire des péchés, des crimes, des forfaitures, des complots, des coups d’état, des tentatives d’assassinat... En un mot, elle ne devrait pas se substituer à la Justice. La restauration de l’autorité de l’Etat, la lutte contre l’impunité, la réalisation du vrai changement promis par le Pr. Président Alpha Condé et attendu par les Guinéens… obligent.

C'est un postulat: les principes qui fondent la République ne sont pas négociables.   

Enfin, traversée par une crise sans précédent, la tension, la défection…, Cellou Dalein Diallo réussira t-il à remettre en ordre de bataille un parti devenu moribond depuis la défaite cinglante de l’élection présidentielle de 2010 ?

Source : GUINEE24.COM