CELLOUN,  ALPHA ET LES DROIT DE L'HOMME

Il est vrai que la meilleure manière de répondre à l’absurdité de certaines accusations reste le silence. Mais lorsque Cellou Dalein Diallo ose, toute vergogne bue, traiter le Président Alpha Condé de dictateur, il devient indispensable à la fois de tirer la sonnette d’alarme et de rétablir un minimum de vérité historique.

S’agissant de la sonnette d’alarme, il est évident que ces déclarations, massivement et régulièrement répandues sur des médias internationaux et ONGs bienveillants, font partie d’une stratégie visant à diaboliser le régime guinéen actuel de manière à légitimer des actions anti constitutionnelles (du type du 19 juillet dernier) et les présenter comme des actions de « légitime défense ». Tout ceci est cousu de fil blanc et il n’y a que l’UFDG pour croire à l’intelligence et au caractère secret de cette stratégie.

Concernant la vérité historique, il devient utile de rappeler à Cellou Dalein Diallo et à ceux qui écoutent ses délires que ce n’est pas parce que les guinéens se taisent qu’ils ont oublié. 

1er Rappel :

Depuis son entrée en politique en 1996 jusqu’en 2006, Cellou Dalein Diallo a fait toute sa carrière politique au plus haut niveau dans tous les gouvernements qui se sont succédé en République de Guinée. 

A ce titre, il ne peut pas prétendre avoir ignoré toutes les dérives dictatoriales et les atteintes aux droits de l’homme qui ont été dénoncées par toutes les institutions de défense de droits de l’homme.

Tenez-vous bien, il ne s’agit pas comme Cellou en accuse Alpha Condé, de simples bastonnades, emprisonnement ou discours haineux. Ce qui s’est passé en Guinée lorsqu’il faisait partie du gouvernement est d’une toute autre dimension :

  • Il était membre du gouvernement lorsque des Guinéens ont été massacrés à Cosa sous prétexte qu’ils étaient des rebelles. Durant tout son temps au gouvernement, il n’a jamais fait cas des corps de victimes qui ont été gardé pendant 8 ans à la morgue de Donka avant d’être[MSOffice1] , rendus à leur famille.
  • Cellou Dalein Diallo était membre de tous les gouvernements qui ont refusé la libéralisation des radios privées.
  • Il a fait arrêter le journaliste Louis Esperance Célestin à la suite de la parution de son article concernant les délivrances des licences GSM qu’il gérait.
  • Il était membre du gouvernement pendant les différents événements sociopolitiques et campagnes électorales au cours desquels des militants de partis d’opposition à Conakry, Mamou, Faranah, Kouroussa et beaucoup d’autres villes ont été abattus, battus, torturés, emprisonnés. Certaines femmes ont été brûlées au fer à repasser à Conakry. Des vieux sages à Mamou ont été mis nus et humiliés en public, etc. Cellou n’a jamais trouvé rien à redire à l’époque.
  • Il a validé l’arrestation arbitraire par son gouvernement du doyen Bah Mamadou parce que ce dernier avait simplement donné son avis sur le scandale Kaporo Rail
  • Il était membre du gouvernement lors de la destruction de Kaporo rail. II n’a ni démissionné ni fait une déclaration de soutien aux victimes.
  • Il était membre du gouvernement lorsque le président de l’Assemblée El hadj Biro Diallo a dénoncé les tortures et exactions de certains militaires faisaient. Il n’a jamais été solidaire du doyen pendant que ce dernier était vilipendé et médiatiquement lynché par les extrémistes du PUP.

2ème Rappel :

Monsieur Cellou Dalein Diallo, qui se réinvente aujourd’hui une conscience démocratique, est un des rares et peut être même le seul premier ministre au monde à avoir été démis de ses fonctions pour faute lourdeaprès avoir tenté de falsifier un décret du Président de la république.

Souvenons-nous, Jeune Afrique titrait à l’époque : Le Premier ministre Cellou Dalein Diallo a été démis de ses fonctions le 5 avril pour « faute grave », après quarante-huit heures de cafouillages au sommet de l'État. »

Et le journal de conclure : « les membres du gouvernement planchent sur la suite à donner à la « faute lourde » de Cellou Dalein Diallo. Va-t-il être poursuivi pour « falsification de documents administratifs, recel, faux et usage de faux » ?

Mais le pire est à venir

3ème Rappel :

Cet homme qui a l’indécence de rappeller à ses militants qu’ils ont été 150 à mourir au stade du 28 septembre a accepté un dédommagement individuel et strictement personnel de 2 milliards de francs guinéens (!) au titre d’une « subvention pour servir à son dédommagement forfaitaire suite à des destructions de bérets rouges et vols d’effets dans la nuit du 28 au 29 septembre à son domicile (libellé de l’ordre de virement à la BCRG) ».

Dites-nous Monsieur Cellou Dalein Diallo, qu’est-ce que votre domicile et vos biens matériels ont de supérieur aux vies et à la dignité de vos militants qui ont été tués, estropiés ou violés au stade 28 septembre ?

Peu importe que, pour couvrir cette indemnisation ignoble et scandaleuse, Cellou Dalein Diallo ait créé une prétendue fondation pour les victimes (quelle action concrète en faveur des victimes cette fondation a-t-elle réalisé à ce jour ?). S’il avait un minimum de dignité et de compassion, Cellou Dalein Diallo n’aurait jamais accepté cette indemnisation sélective et en catimini tant que la Justice n’a pas été rendue aux victimes du 28 septembre.

Comme l’a dit un analyste politique « Ceux qui sont allé au stade le 28 septembre 2009 ne l’ont fait que parce que leur leaders en qui ils avaient une confiance sans limité, les y ont exhorté. Ces manifestants, bien que conscients du danger qui les guettaient ont voulu croire en la bonne foi et en l’idéal de leur leaders, c’est pourquoi ils les ont suivi les yeux fermés. Si ils avaient su qu’au moment d’indemniser des éventuelles victimes, les biens matériels de leurs leaders passeraient avant leur vie ou leur intégrité physique, ils n’y seraient pas allé »

Voici, en dehors des crimes économiques dont il s’est rendu coupable, comment Cellou Dalein Diallo, a été ce complice passif et actif des atteintes aux droits humains et à la dictature qui a prévalu à certains moments de l’histoire tumultueuse de la Guinée.

La conclusion de la présente analyse est simple. Il ne s’agit pas de se demander si oui ou non le Président Alpha Condé est un dictateur ou non. Pour ceux qui ont vécu en Guinée et qui y vivent encore, la réponse est évidente.

La question est de savoir si Cellou Dalein Diallo peut se permettre, lui, de juger le bilan démocratique d’Alpha Condé. Pour ceux qui ont vécu en Guinée et qui y vivent encore, la réponse est également évidente.

Le seul et unique objectif de Cellou Dalein Diallo en orchestrant cette campagne mensongère sur les prétendues dérives dictatoriales d’Alpha Condé est de justifier à priori une autre tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel qui existe enfin en Guinée. Cellou et ses alliés sont prêts à tout, y compris plonger le pays dans la guerre civile pour annuler tout ce qui a été acquis démocratiquement et organiser son arrivée au pouvoir.

Il est dommage qu’il y ait encore des guinéens assez naïfs pour croire en son prétendu idéal démocratique.

Ansoumane Koly

ansoumanekoly@yahoo.fr