strauss-kahn_dominiqueALORS QUE SON RETOUR EN FRANCE, PREVU POUR LA FIN DE LA SEMAINE,SE PRECISE, DSK APPARAÎT COMME UNE GÊNE POUR LES SOCIALISTES...

Après avoir été le sauveur annoncé de la gauche, DSK serait-il devenu un poids pour les socialistes? Après la prise de distance spectaculaire de Martine Aubry avec son ex-allié, François Hollande a dit jeudi ne pas vouloir être associé au «feuilleton» de son retour, prévu dans les prochains jours.

Personne, parmi les proches de l’ancien patron du FMI, ne veut en parler, au présent ou au futur. «J’ai déjà donné», lâche un éminent strauss-kahnien. «Ce n’est pas un thème de campagne», persifle un autre socialiste. «DSK, c’est l’overdose pour tout le monde!», s’agace un autre, toujours en off.

«Son image est abîmée. Tout l’art des socialistes va être de prendre leurs distances sans le condamner», explique Gérard Grunberg, politologue au Cevipof. «Aujourd’hui, il est plus un inconvénient qu’un avantage pour les socialistes», ajoute-t-il. Et la principale faille de DSK, c’est sa popularité, qui faisait autrefois sa force majeure. «Quelque chose s’est cassé dans l’opinion, avec l’effondrement inédit de sa popularité», explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

«Tuer le père» 

Dans un sondage CSA pour 20Minutes et BFM paru la semaine dernière, une majorité de Français disait ne pas vouloir d’un retour de DSK dans la vie politique française. Et il «perd» autant chez les hommes que chez les femmes, précise Jérôme Sainte-Marie, de l’institut CSA, alors qu’il est «abandonné» par les plus âgés.

«DSK est un élément d’incertitude qui va mettre les nerfs des socialistes à rude épreuve», juge le sondeur. Qu’il s’exprime sur l’affaire du Sofitel ou l’économie, toute prise de parole dans la campagne serait préjudiciable aux socialistes en ce moment. «S’il prend parti, l’impact sera forcément négatif. Cela écraserait le candidat qui recevrait son appui, le placerait dans l’opinion comme un candidat de substitution», assure-t-il.

Est-ce ainsi qu’il faut comprendre la mise au point de Martine Aubry sur DSK - liés par un pacte -, même si elle est légèrement revenue sur la forme jeudi? «Pour elle, c’est une façon de tuer le père», juge encore Jérôme Sainte-Marie. De plus, d’après les sondages, les électeurs qui disaient vouloir voter pour DSK se rabattent plus sur François Hollande que sur Martine Aubry, assure-t-il. «Elle a donc moins à perdre». Mais pour Gérard Grunberg, l’affaire est entendue: «DSK est assez intelligent pour comprendre qu’il ne doit pas prendre parti.»

 Maud Pierron
Source : 20minutes