Après un peu moins de trois mois de prison, le colonel Moussa Keïta, ancien secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a retrouvé la liberté le aout 2011. Cette libération qui intervient au moment où on s’y attendait le moins, demeure sans raison officielle. Mais de l’avis de sources proches du dossier, le colonel Keita recouvre sa liberté après avoir souscrit à un ''deal'' simple : liberté contre silence. Heureusement que celui qui accusait récemment, dans une interview le général Sékouba Konaté du détournement de quelques 22 millions de dollars américains, relève de la grande muette. Autrement, on se serait demandé s’il réussirait à honorer l’engagement auquel il aurait souscrit pour retrouver les siens, dont il était privé depuis le début du mois de juin dernier...

C’est en effet après avoir s’être engagé à se priver de tout commentaire et autres réflexions que le colonel Moussa Keïta aurait été libéré. Vu sous cet angle, on peut avoir l’impression que la détention de l’auteur du fameux slogan « Dadis ou la mort », était une sorte de correction pours’être un peu trop exprimé.

Le fait de dénoncer des puissances occidentales

D’ailleurs, quand le ministre délégué à la défense, Me Abdoul Kabélé Camara, s’était exprimé autour de l’arrestation de Moussa Keïta, il ne s’était pas privé de souligner les accusationsinfondées lancées par le colonel. Mais il avait également souligné le fait que des puissances occidentales aient été mises en cause par l’ancien proche de Dadis Camara, dans l’entretien qu’il avait accordé à un de nos confrères de la place. Me Abdoul Kabélé Camara n’avait cependant pas manqué de relever le paradoxe qu’il y avait selon lui, entre les sorties médiatiques de Moussa Keïta et le devoir de réserve que lui impose son statut d’officier''.

On ne peut non plus exclure que, suite à la grâce présidentielle qui vient d’être accordée aux militants de l’UFDG et autres militaires qui étaient affectés à la garde rapprochée de Cellou Dalein Diallo, des pressions aient incité le régime à en faire autant pour le Colonel Moussa Keïta. Ainsi, l’ancien chef de l’organe politique du CNDD bénéficierait d’une grâce de fait. A la différence que pour lui, la chose n’a pas été aussi proclamée et assumée, comme il l’a été pour les autres. Ce point de vue peut être d’autant plus crédible qu’en Guinée, les pressions, qu’elles soient politiques ou sociales, sont encore déterminantes.

Naturellement, il est tout aussi possible que la décision procède d’une volonté exclusive et authentique du président de la République. Dans ce cas, ce ne serait qu’une suite logique des actes précédemment posés et allant dans le sens de la réconciliation nationale.  

Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info