AST palais du peupleJuste un mot avant : Je dis toujours que nous, les hommes, avons la prétentieuse tendance de croire que c’est nous les seuls acteurs de l’Histoire. En vérité, c’est DIEU, Seul, qui en Est et l’Auteur, et l’Acteur, et le Régulateur Impartial. DIEU nous a défini le Bien et le Mal, et nous a donné la plus totale Liberté de choisir et de faire l’un ou l’autre. Il S’est réservé, Lui, la souveraineté de la Rétribution, en Deux Temps : la petite, oh ! la toute petite Rétribution ici-bas, juste à titre symbolique, pour Se rappeler à nos esprits fous chaque fois que les excès caractérisent nos actions ; et puis la Grande Rétribution, Infinie et Graduelle en Délices ou en Tourments pour l’Eternité. La petite Rétribution n’étant en fait qu’un avant-goût de la Grande, avec toujours une forte valeur pédagogique à notre intention, si toutefois nous étions capables d’en assimiler les enseignements ! Il (Dieu), a Ses Elus. Ses Préférés. Qu’il garde, inspire et guide Lui-Même. Il (Dieu), les préserve des fautes et méchancetés dues à la petitesse et à la mesquinerie caractérielles ou psycho-culturelles. Il les préserve aussi des Péchés capitaux, et Il veille sur eux spécialement. Cependant, seules la grandeur d’esprit et une noblesse d’âme réelles peuvent permettre aux gens d’identifier et d’accorder à ces Elus la considération qu’il faut, et d’en rendre grâce à DIEU. Or, aussi bien la naissance, la vie que la mort d’Ahmed Sékou Touré nous le signalent clairement comme un homme de DIEU. En voici encore des signes.

TROISIEME NOUVELLE NON MATHEMATISABLE : DEUX SCENES EFFROYABLES.

A) PANIQUE A BORD. Je ne suis nullement un historien. A cet égard, le lecteur a dû déjà noter combien l’évènement m’importe beaucoup plus que les dates. Je ne conte, en plus, que des choses généralement bien connues dans notre pays. Mon concitoyen qui le voudra pourra donc chercher et écrire les précisions qu’il voudra ! Regardez un peu ce que Dieu fit un jour pour Sékou Touré. Il était en avion avec toute sa suite, qui comprenait ce jour-là notre Guinéo-Sud-Africaine de sœur, Myriam Makeba. Ils allaient à Kissidougou. En y arrivant, l’avion s’était trouvé au cœur d’un gigantesque orage ! C’était tellement violent que l’équipage de l’appareil était venu demander au Président son accord pour un dégagement sur Macenta, Kankan ou Faranah. Imperturbable, il avait décidé : «Posez l’avion ! Les populations nous attendent depuis des heures maintenant». Ce qui caractérise le Guinéen de manière absurdement remarquable, c’est le rejet banal de soi ! Nous qui avons appris l’histoire de France, nous connaissons bien la fierté avec laquelle le peuple de ce pays considère les actions d’éclat de ses héros. Je cite de mémoire par exemple la fin d’un texte appris en classe depuis des décennies : «.. le coup passa si près que le chapeau tomba et que le cheval fit un écart en arrière.» «.. Donne-lui tout de même à boire ! Dit mon père.» (Que Victor Hugo me pardonne, si je n’ai pas rendu comme il l’a écrit). Chacun de nous a eu, on s’en souvient, sa dose d’exaltation devant ce type de bravoure, dont la littérature française nous avait rassasiés ! Et qu’elle a su si bien fixer pour l’honneur de la France éternelle ! Mais que notre Sékou national ait fait poser un avion dans des circonstances héroïques, avec une égale sérénité dans l’abnégation par respect pour nos ‘’sans voix’’ à nous, eh bien, c’est le Guinéen-même, et nul autre, qui s’empressera de banaliser l’évènement, s’il ne crie pas à l’inconscience suicidaire ! Voyez-vous : on est tout petits ! Pour conclure cet épisode, il faut dire que nombre de témoins de cet atterrissage forcé vivaient encore au moment où j’écrivais ces lignes. D’autres que moi peuvent donc en parler, comme moi… L’avion se posa dans des conditions graves, mais il s’immobilisa sans enregistrer la véritable catastrophe qui devait logiquement lui arriver. Il ne réussit à s’arrêter que dans la brousse, en dehors de la piste ! Il n’y eut cependant pas un seul blessé. Des gens ont témoigné plus tard qu’en arrivant dans le petit bâtiment faisant office d’aérogare à Kissidougou, l’équipage et les passagers de l’appareil avaient trouvé Ahmed Sékou Touré tranquillement assis dans un fauteuil, entouré par les responsables politiques de la ville venus l’accueillir avec sa délégation. Personne ne m’a donné par contre un témoignage ni sur la façon dont il était sorti de l’avion, ni sur la façon dont il avait couvert la distance séparant la piste de l’aérogare ! Nous pouvons, bien sûr, nous mettre tous ensemble pour crier à la mystification ! Ce serait parfaitement conforme à nos us, à la légèreté de nos humeurs, à notre logique même ! Parce qu’il s’agit d’un des nôtres, qui s’est rendu, par rapport à notre banale particularité, coupable de grandeur ! Si nous crions donc, tous ensemble, pour minimiser ce qui devrait nous grandir, c’est tant pis pour nous ! Et si, dans le même temps, nous continuons à évoquer, avec un respect craintif, les miracles semblables survenus à Yasser Arafat, ce sera tant mieux : mais uniquement pour les palestiniens ! Uniquement ! En attendant, personne ne peut nier que Sékou Touré était le produit typique d’un destin exceptionnel !...

B). ATTAQUE TERRORISTE AU PALAIS DU PEUPLE.

Des terroristes sont venus ici en Guinée. A Conakry, jusqu’ au Palais du Peuple, pour balancer des grenades sur les premiers rangs d’une foule de spectateurs, au cours d’une soirée artistique !

Leur objectif : tuer le Président Ahmed Sékou Touré ! Ils ont dégoupillé, tranquillement je suppose, des grenades qu’on avait dites à l’époque, défensives ; et ils les ont fait rouler aux pieds d’habitants innocents et paisibles de notre capitale. Trois grenades en tout. Ce qui arriva, c’est que l’une d’entre elles roula jusque sous le fauteuil qu’occupait Ahmed Sékou Touré. Et puis, les deux (2) autres explosèrent dans un rayon de dix mètres autour de lui sans l’atteindre, tuant, par contre, et blessant des gens qui étaient venus se divertir. Mais la première qui s’était immobilisée sous le fauteuil du Président n’explosa pas. Lorsqu’elle fut récupérée, on a constaté qu’elle était pourtant bel et bien dégoupillée ! Ceux qui avaient fait le coup, comme venus de nulle part se dissolurent ensuite dans la nature tels des fantômes ! Ni vus, ni connus ! D’où venaient-ils ? Où sont-ils allés ? Par quels moyens ? Avaient-ils ou non des complices ? Aujourd’hui encore, il n’y a que le Professeur Sidiki Kobélé Kéita qui ait eu le courage intellectuel d’en parler clairement dans son livre «Les Complots…». Tout le monde a pourtant entendu parler du sieur Bah Lamine, que d’aucuns surnomment d’ailleurs Bah Lamine «grenades». Parce qu’après le décès du Président AST, il est bel et bien venu lui-même parader dans les bureaux et autres lieux publics, ici en Guinée, à Conakry, et s’est vanté d’avoir été le principal auteur de cette attaque meurtrière. Pourtant, les nouvelles autorités de notre pays lui ont tout simplement attribué un logement administratif, après l’avoir embauché en qualité de «Conseiller» de haut niveau ! Quant à ceux qui ont péri cette nuit-là, et ceux qui s’en sont sortis avec des handicaps, nulle «Association dite «Humanitaire», aucun réseau médiatique du «Monde» qui se dit «Libre» (libre sans doute de tuer, de brûler et de piller qui il veut et partout ?...), nulle ONG «internationale», n’en ont parlé! N’en parlent encore ! Ni Amnesty Internationale qui, par son silence, endosse le déshonorant et mensonger bilan des ‘’ 50 000 tués par Sékou Touré au Camp Boiro’’ que des haineux et haineuses aveugles de Guinée lui attribuent clairement et continuellement ; ni Human Right Watch dont un ‘’Rapporteur’’ a ouvertement internationalisé le fameux ‘’particularisme peulh’’ de Guinée en affirmant sur BBC et RFI que ce sont des ‘’Forestiers’’ qui avaient tué des ‘’Peulhs’’ au Stade du 28 Septembre en 2009 ; et l’un, et l’autre donc, prouvent ainsi leur légèreté et leur manque de crédibilité. Les vraies victimes de cette nuit-la n’ont sans doute aucun droit, elles n’ont pas de noms connus, pas de familles importantes .Elles n’étaient sûrement chères à personne. Tout comme le demi-millier de victimes de l’Agression du 22 Novembre 1970 par les Siradiou et consorts : elles, n’étaient sans doute chères à personne ; en tout cas à personne qui soit connu! C’est cela aussi un des aspects de la spécificité, de la particularité, de la fameuse particularité de notre Société à nous les Peuls, Soussous, Forestiers et Malinkés, et à nous encore les Français Blancs, Noirs ou Rayés de Guinée ! Nous qu’une histoire commune a rassemblés dans ce pays très particulier ; dans ce lopin sûrement constitué d’un matériau unique détaché, sans doute, de quelque corps céleste un peu bizarre, et qui exerce sur les hommes qui le foulent une influence toute particulière ! Une influence où l’ingratitude le dispute au cynisme, à la jalousie vulgaire, à l’égoïsme médiocre,…à la médiocrité tout court. Et pourtant on est obligé de reconnaitre qu’en cette mémorable ‘’nuit des grenades’’, le destin exceptionnel d’AST s’était encore une fois avéré ! Quant à la ‘’conspiration’’ qui avait été montée, (j’évite soigneusement le mot ‘’complot’’ qui, dans le ‘‘franc-parler guinéen’’ de nos ayants droit comploteurs, de leurs commanditaires françafricains, et de leurs ayants droit, signifie ‘’imaginaire’’ !), la ‘’conspiration’’ donc, avait totalement échoué dans son objectif essentiel. C’était en 1980… Et Plus de trente ans après, bien que quelqu’un l’ait revendiqué ouvertement, et au mépris des morts et des blessés de cette barbarie inqualifiable, de petits esprits essayent encore d’accuser celui qui en a été visé d’avoir monté lui-même cette ‘’affaire’’!!! Tout Comme on avait dit qu’il était co-auteur de l’agression du 22 novembre 1970 !!! Et Comme on avait dit qu’il avait ‘’humilié’’ et ‘’séquestré’’ NKWAME NKRUMAH au point que celui-ci en était mort !!! Comme on avait dit que c’est lui qui avait fait assassiner celui dont il avait soutenu la lutte d’indépendance au prix que tout le monde sait , et que tout le monde tait maintenant : Amical Cabral C’est tout cela, la particularité de notre peuple ! N’a-t-on pas vu ici les familles des victimes de l’Agression du 22 novembre 1970 se voir refuser un agrément pour la création de leur association, à cause à n’en pas douter, des ‘’pressions’’ d’anciens comploteurs et de leurs enfants, bien regroupés quant à eux dans une association éminemment soutenue par des forces obscures, et par des ‘’diplomaties’’ de nature esclavagiste et satanique ? Ceux qui n’ont rien vu, rien su et rien entendu de tout cela jusqu’à présent, n’ont-ils pas le droit d’en être informés ? Notre Histoire n’est-elle pas bonne à être connue de nous tous, sans zones d’ombres malinkées, soussoues, peules, forestières et surtout françaises ? D’autant plus que le deuxième président civil de notre pays vient d’être visé à son tour par cette méthode terroriste, suivie des mêmes discours cyniques : ne faut –il pas en parler donc une fois pour toutes ? Moi je crois que si ! Puisque nous sommes inséparables. Et que c’est bien en famille qu’il faut laver le linge sale, avec un savon qui s’appelle Vérité !

PETITE CONCLUSION

Voyez-vous, chers concitoyens : nous avons longuement, très longuement utilisé des termes inconsistants et légers, des arguments calculateurs et fallacieux, tous malhabiles et volontairement malhonnêtes, pour faire la guerre de la France contre Sékou Touré, le meilleur d’entre nous pour le moment. Et sûrement pour longtemps encore. Nous avons ainsi encouragé des attitudes irrationnelles, idiotes … et de plus en plus profondément motivées par une idéologie d’essence Nazie. Des attitudes caractérisées par l’insolence, la morgue et le mépris envers tout autre; par, aussi, la négation, le rejet ou la négativisation de toute action, de toute œuvre, de qui que ce soit d’autre; et voire, par des pulsions et élans pour leur destruction systématique … Conséquemment, nous voilà à présent frappés de plein fouet par les syndromes kenyan au mieux, et somalien au pire, avec leur cortège d’un tribalisme préhistorique officialisé. Nous avons ainsi réinventé des représentations anti-citoyennes, telles que nos ‘’coordinations ethniques’’, où l’on fait du repli identitaire politiquement entretenu au plus haut niveau de notre République. On est désormais à des années lumières du jour où le président Ahmed Sékou Touré renvoyait le Ministre Toumani Sangaré du Gouvernement et du BPN, pour faute lourde, parce qu’une association dite de femmes du Wassoulou, un naïf mouvement précurseur d’atomisation sociale, et de nature attentatoire à l’unité de notre Nation, avait choisi comme marraine une épouse de ce haut cadre. Ce genre de mouvement était à l’époque totalement interdit : on avait plutôt à consolider la Nation, la République et la Citoyenneté. C’était le temps de la Révolution Vraie…, la confusion ne passait pas. Ne pouvait pas passer : le Père de notre Nation n’avait aucune peur et aucune hésitation à s’attaquer, totalement à la division, quel qu’en fut l’auteur, ou la structure politico-mystique, et quel qu’ait été le criminel hégémonisme qui eût voulu s’en justifier. C’était la Révolution ! Nous disons alors: à la prochaine s’il plaît à Dieu !

Soub’hânallâhi, wa bihamdihî,

Astakh’firoullâhi wa atoûbou Ilaïhi Wassallalâhou alâ Seyîdinâ Muhammadin Wa alâ âlihi,

wasahabihi Wa sallim

Conakry, le 20 Août 2011

Aly Bocar Cissé / cissedebma@yahoo.fr

Professeur et Administrateur Civil à la retraite

Tél : 64-33-37-70/62-27-88-89