Laurent GBAGBO sera juge par un tribunal Ivoirien pour << Les crimes economiques >>
Le président ivoirien Alassane Ouattara a déclaré mercredi à l’ONU qu’il s’engage à poursuivre tous les auteurs de crimes perpétrés en Côte d’Ivoire « spécialement dans la partie ouest du pays » sans exception. Il a annoncé que l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo sera jugé par un tribunal ivoirien pour « les crimes économiques ».

« Il n’y aura pas d’exception. » a déclaré mercredi le chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York. « Les Ivoiriens seront traités de façon égale, spécialement dans la partie Ouest du pays où beaucoup de gens ont été tués. Ceux qui ont commis des crimes feront face au juge. Pas d’exception, nous sommes très clairs là-dessus », a-t-il ajouté.

Le président Ivoirien a déclaré que son ex-rival et ancien chef d’ État Laurent Gbagbo, actuellement détenu en résidence surveillé à Khorogo, dans le nord du pays « sera traité avec la dignité et la considération » qu’il lui est du, en référence aux accusations de mauvais traitements dont le président déchu serait victime. Il sera jugé par un tribunal ivoirien pour les « crimes économiques », a indiqué Alassane Ouattara. Cependant la porte reste ouverte pour les « crimes contre l’humanité » commis dans le pays. ADO, qui ne précise pas si la mesure touche Laurent Gbagbo, mentionne que tout dépendra des conclusions des enquêtes menées parla Cour pénale internationale (CPI).

Les Forces de défense et de sécurité (FDS pro-Gbagbo) et d’autres milices alliées, tout comme les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) d’Alassane Ouattara et des milices partisanes font l’objet d’enquêtes pour déterminer les responsables de massacres et de persécutions pendant le conflit qui a suivi l’élection de novembre dernier. Le conflit politique a fait près de 3 000 morts selon les autorités.

Un nouveau rapport accablant Alassane Ouattara

Amnesty International a publié mercredi un nouveau rapport accablant pour le gouvernement ivoirien intitulé « Nous voulons rentrer chez nous, mais nous ne pouvons pas ». Ce rapport, basé sur une mission effectuée en juin décrit un climat de peur qui empêche des centaines de milliers de déplacés à cause du conflit électoral, originaires de la région de Duékoué (ouest) notamment, de rentrer chez eux. L’organisation accuse les forces gouvernementales et les milices dozos (chasseurs pro-Ouattara) de commettre des exactions contre les populations civiles.

« Ces actes sont vraiment assez terrifiants et ils sont commis en toute impunité » affirme Salvator Saguès, l’un des chercheurs qui ont travaillé sur le rapport d’Amnesty. « Nous demandons au président Ouattara de réellement ouvrir une enquête là-dessus. Nous sommes très contents qu’il ait demandé à la Cour pénale internationale d’enquêter là-dessus. Mais il faut envoyer un signal très ferme maintenant pour que ces actes cessent » a-t-il ajouté. D’après le ministre ivoirien des droits de l’homme, Gnenema Coulibaly, les chasseurs Dozos ne sont pas habilités à assurer la sécurité, mais ils arrivent que les populations elles-mêmes sollicitent leurs services pour protéger leurs biens, rapporte RFI.

Le discours du président Alassane Ouattara intervient deux jours avant sa rencontre vendredi avec le son homologue américain Barack Obama à la maison blanche en compagnie de trois autre chefs d’États, Boni Yayi (Bénin), Alpha Condé (Guinée Conakry) et Mahadou Issoufou ( Niger).