sekou‘‘Ceux qui refusent de comprendre encore comprendront un jour’’.

(Une proclamation d’AST lui-même)

Comme promis à la fin de mon article intitulé :

‘‘INTRODUCTION : LA VRAIE DERIVE’’, je vais raconter un certain nombre d’évènements hors du commun, qui sont survenus dans la vie du Président Ahmed  Sékou Touré. Des évènements que je ne suis pas seul à connaître, loin s’en faut. Et je ne les connais pas tous. Il s’agit pourtant de faits réels, et leur évocation pourrait peut-être déranger !

Aussi éviterais-je de citer des noms de personnes ou de lieux concernés par les scènes évoquées, même si cette précaution pourrait ne pas empêcher que des gens s’en souviennent. Ce qui ne pourrait être qu’une preuve de la véracité de ce que j’en dis.

C’est une autre facette de l’Histoire de notre pays. Une Histoire pleine de phénomènes inédits : qu’il s’agisse à cet égard du règne pluriséculaire de la Dynastie des Empereurs Cissé du Wâdou/Ghana, du Règne des Diariso/Soûmaolo du Sosso, le Sosso qui était bel et bien Konianké et pas autre, de l’épopée du géant Soundiata de la Dynastie des Kéïta du Mandén, ou de celle des Askia/Touré, ascendants directs d’Ahmed Sékou Touré par son père ; qu’il s’agisse, enfin, de ‘’l’énorme’’ Almamy Samory Touré, ascendant direct du même Ahmed Sékou Touré, par sa mère !

Almamy Samory Touré (AST),  et Ahmed Sékou Touré (AST, lui-même) : les deux parenthèses cautérisantes du colonialisme français, la souillure de l’Humanité.

En 1957, le Parti Démocratique de Guinée (PDG), avec 57 sièges sur 60 à l’assemblée Territoriale, était majoritaire dans toutes les quatre (4) régions naturelles de la Guinée Française et ce, malgré les manœuvres souvent abjectes, et malgré des actes d’intimidation et des violences délibérées à l’encontre de ses militants et responsables.  Or, toutes ces vilenies étaient perpétrées par l’Administration Coloniale, qui utilisait alors les structures de la très puissante et ignoble féodalité locale, qui comprenait plusieurs dizaines de Chefs de Cantons, et plusieurs centaines de Chefs de Villages.

 Chacun de ces chefs avait une cour constituée de foules entières de profiteurs, dont les plus nocifs étaient les marabouts et les féticheurs. Tous ces nobliaux disposaient, en outre, de populations entières d’esclaves de père en fils, bons à  tout faire. Se prenant pour une aristocratie de droit divin, entretenus dans cette illusion par le colonialisme pour lequel ils étaient des auxiliaires serviles et zélés, ils régnaient tous par la terreur, les crimes et les brimades de toutes sortes.

Je n’invente rien : je dis ce qu’il en était chez nous en Guinée, avant le PDG !

Il faut d’ailleurs reconnaître que ce sont leurs méthodes brutales qui avaient progressivement entraîné les durcissements successifs de ce Parti dans sa lutte pour l’émancipation des populations guinéennes écrasées, humiliées et surexploitées partout :

-      Les bastonnades publiques de pères et de mères de familles,

-     les enfermements et ligotages de jeunes gens ou de vieillards à des arbres comme du bétail,

-     l’exposition de personnes de tous âges couchées sur le dos face au soleil, aux heures les plus chaudes du jour,

-     les tortures au moyen de grosses pierres posées sur des cranes rasés, avec une bague qu’on place entre la pierre et le cuir du crane…,

telles étaient entre autres, les méthodes de la chefferie locale particulièrement féroce, de la Guinée Française. Et ce n’est pas parce qu’on n’a pas passé son temps à le rabâcher qu’on l’avait oublié : c’est par noblesse d’âme que ‘’le petit peuple’’ s’était tu! Parce que les masses écrasantes que constitue le ‘’petit peuple’’ de notre pays, ont fait le choix de l’avenir, le choix de partir avec tout le monde, la main dans la main, sans rancune et sans insolence, depuis le 28 Septembre 1958, notamment !...

Confondant à dessein lutte politique et terroriste, ces gens-là ont monté des embuscades contre Sékou Touré qui sillonnait le pays en long et en large, dans sa berline noire au toit ouvrant. Ils ont précisément employé pour cela des commandos constitués d’esclaves soigneusement choisis à cause de leur force physique et de leur degré de servilité.

Oui ! En 1957 (et même de nos jours encore !), des esclaves de père en fils étaient, et sont encore parqués dans des villages-ghettos, plus particulièrement au Fouta dit ‘’Théocratique’’ (un concept et une appellation totalement blasphématoires !), des villages qu’on appelle là-bas des ‘’Roundés’’.

En 1957 ! (C’est-à-dire un siècle et neuf années après que Victor Schœlcher eût fait passer le Décret du 27 Avril 1848, abolissant l’esclavage dans les Colonies françaises !). Une criminalité cautionnée alors par les Autorités coloniales de la ‘’République’’ Française dans notre pays !

Finalement, c’étaient les éléments-mêmes de ces commandos d’esclaves, totalement acquis aux programmes d’émancipation du PDG, qui approchaient le grand tribun, Sékou Touré, en rase campagne, pour lui dévoiler tous les coups bas que leurs ‘’propriétaires et maîtres’’ imaginaient contre lui ! C’est l’histoire qui était en marche, et certains n’en savaient rien ! Ils étaient prêts à tout pour conserver leurs privilèges, jouissant d’une impunité totale de la part du colonialisme de la ‘’République’’ française ! David Tondon (par exemple),  n’a-t-il pas éventré M’Balia Camara en état de grossesse avancée, sans suite aucune, le 09 Février 1955?

Aussi, pour s’assumer entièrement, le PDG dut-il faire front ! Sékou Touré et ses compagnons (femmes et hommes) décidèrent donc de neutraliser la redoutable fourmilière féodale ! C’est ainsi que le 31 Décembre 1957, la majorité parlementaire de l’Assemblée Territoriale de la Guinée française, constituée de manière écrasante par les élus du PDG, fut-elle obligée de supprimer la chefferie coutumière, bras armé du Colonialisme français.

 Les masses laborieuses du pays, au Nord et au Sud, à l’Est et à l’Ouest, accueillent la décision dans l’allégresse : elles n’en attendaient pas moins, de la part de leur Parti !

De furieuse qu’elle était contre le PDG qui ne représentait qu’une menace auparavant, la félonne Aristocratie’’ glissa dans l’hystérie !

Elle se fixa un objectif, un seul : tuer Sékou Touré ! Le Maître Colon y était plus que favorable, il était partie prenante  au projet. Cet objectif demeure valable encore, malgré… (Je devrais dire : surtout), à cause de sa mort naturelle, et de ses funérailles grandioses, sans aucun marketing médiatique comme, par exemple, ce fut le cas pour Houphouët Boigny, de la part de la France !).

Aux obsèques d’Ahmed Sékou Touré, on a compté dix-neuf (19) Chefs d’Etat, neuf (9) Vice-présidents, dont George Bush père, six (6) Premiers-Ministres dont Pierre Maurois de France ! En tout, cent soixante-neuf (169) Délégations Internationales ! Les Anglais diraient: No comment !

Désormais, la France mesquine, et ses alliés guinéens de toujours, tentent de tuer sa mémoire historique, tout court! Ambitieux programme, quand on sait que la Vérité est indestructible, que le Mensonge est bruyant mais qu’il ne peut prospérer, et que l’Histoire est têtue de manière absolue. Aussi, verra-t-on bien ! Et ce n’est pas, comme le croient certains, une question de ‘’quelques vieillards’’ pédégistes en voie d’extinction avec, espère-t-on dans certains milieux, tous les ‘’souvenirs’’, toute la mémoire du PDG et de Sékou Touré ! A ceux qui sont frappés de cécité intellectuelle, je dis : ce ne sont pas ses sofas ou ses parents qui ont érigé la statue de l’Almamy Samory Touré à Moussoudougou (Conakry), ou bâti le Monument commémoratif du centenaire de son décès sur l’île Massama, désormais  appelée ‘’Ile Samory Touré’’, dans l’Ogoué au Gabon : C’est l’Histoire !

PREMIERE NOUVELLE NON MATHEMATIQUE : UN DRAMATIQUE RETOUR A L’ENVOYEUR.

 Voici une histoire vraie qui s’est déroulée dans une ville de la Basse Guinée, où un groupe de Chefs et d’Alkalys décidèrent une fois de mettre un terme à ce qu’ils appelaient ‘’l’aventure sékoutouréenne’’. Ils firent venir pour cela, de la Haute Guinée, un féticheur de grande renommée. Il s’agissait d’un sorcier qui possédait une variété de ‘’körötè’’ plus meurtriers les uns que les autres. Le körötè est un poison réel pouvant être inoculé à distance grâce à des procédés connus des seuls initiés, et pouvant toucher uniquement le sujet visé, même si celui-ci se trouvait au milieu d’une foule nombreuse. 

A propos de ce type d’empoisonnement mystico-fétichiste, hélas bien réel dans tout le Manding, de la Guinée au Burkina Fasso, en passant par le Mali, le Sénégal, la Gambie etc…, je voudrais rapporter ici un fait malheureux. Un scientifique guinéen s’y était vivement intéressé dans les années soixante-dix. Il avait, semble-t-il, initié des contacts, très prudents, avec  des gens appartenant à ces milieux hermétiques. La raison fut qu’au terme de certaines informations, notre éminent chercheur était parvenu à la constatation que des sujets parfaitement sains pouvaient mourir d’un cancer généralisé deux ou trois petites heures à peine après avoir été empoisonnés par ce procédé mystique ! Or, sachant que les spécialistes de la préparation de ces substances, même s’ils ne peuvent pas guérir ceux qui en ont déjà été victimes, sont par contre capables de préparer d’autres substances pour s’en prémunir. L’intérêt de notre scientifique s’était porté sur les principes actifs de cette protection anticipée, dans l’éventualité de la mise au point d’un vaccin contre le cancer. 

Malheureusement, il s’est fait que, quelques mois seulement après ses premiers contacts avec ce monde fermé, il mourut lui-même, vraisemblablement…. d’un cancer généralisé ! Comme quoi il y a des tabous auxquels  on ne doit tout simplement pas s’intéresser.

Cette petite parenthèse nous ramène dans le cercle des Chefs Coutumiers qui avaient donc fait venir un de ces redoutables empoisonneurs à distance pour ‘’stopper’’ Sékou Touré. Ils reçurent leur hôte singulier  et le défièrent aussitôt de leur prouver ses capacités. Ce que l’autre fit de bonne grâce, en asséchant quelques arbres vénérables, vigoureux et abondamment feuillus…. en moins d’une heure ; en provoquant la putréfaction instantanée d’animaux bien portants ; et aussi la mort subite de deux ou trois personnes (des esclaves !) que ses commanditaires lui avaient désignées. Le succès avait été éclatant et macabre.

Mais jusque-là l’identité de la personne contre laquelle il avait été mandé ne lui avait pas encore été révélée. Ce qui n’eut lieu que lorsque fut annoncée la date de l’arrivée de Sékou Touré dans la localité, étape d’une de ses tournées de sensibilisation politique.

Lorsque finalement il sut contre qui il devait ‘’travailler’’, le féticheur se rebiffa de façon catégorique. Il fit savoir à ceux qui l’avaient invité que, pour rien au monde, il ne ferait ce ‘’boulot’’ ! En tout cas, pas lui-même ! Mais, gage de bonne foi, il se déclara prêt à expliquer le mode d’emploi de son poison le plus fulgurant,  à quiconque aurait le courage de se charger de l’opération. Il ne refusait le ‘’contrat’’ ni parce qu’il était un  partisan du jeune leader, ni parce que la mort de celui-ci le dérangeait en quoi que ce soit ! Mais uniquement, leur avait-il affirmé avec insistance, parce que selon lui, l’homme ne pouvait être tué par adversité.

Ses hôtes ne voulurent rien entendre : leur haine était tellement forte qu’il s’en trouva un parmi eux, plus farouche et plus déterminé que les autres, qui se ‘’proposa’’ volontairement,  pour accomplir la ‘’chose’’. L’intéressé fut donc initié au maniement du mystérieux ‘’fusil’’,  et procéda même à des essais absolument probants, devant tous les protagonistes de la conspiration.

Au jour J, il alla se mêler à l’imposante foule qui avait pris d’assaut l’immense cour où déjà le fameux tribun subjuguait son auditoire par une de ses célèbres envolées oratoires ; une de celles dont il avait le secret. ‘’La cible’’  se tenait débout, sur une table tenant lieu d’estrade. Applaudissements et ovations ponctuaient son discours, et on le sentait bien parti pour électriser pendant longtemps ces nombreux ‘’sans voix’’ auxquels il avait décidé de donner la sienne. Mais soudain, il s’interrompit net,  au beau milieu d’une phrase. Il demeura comme privé de souffle pendant une interminable minute. Les gens commençaient à se regarder entre eux, trouvant bizarre ce silence qui se prolongeait. C’est alors que, changeant totalement d’expression, Sékou Touré apostropha la foule d’une voix claire et assurée :

-     Population de X.., je vous prends à témoin d’une chose grave. Quelqu’un parmi vous vient de me ‘’cogner’’ avec un ‘’sort’’ mortel. Eh bien ! Je vous invite à garder tout votre calme, et à observer une discipline militante parfaite. Je vous garantis que moi j’irai au bout de ma mission, contre vents et marées ! Et je vous garantis tout autant que celui qui a essayé de me tuer vient de signer son propre arrêt de mort. Observez-vous bien les uns les autres : avant la fin de ce meeting, vous apprendrez la mort de l’intéressé ! Et il s’en trouvera parmi vous qui témoigneront qu’il était ici-même depuis peu, en parfait état de santé !

Après cette mise au point, Sékou Touré poursuivit son discours. Il n’eut pas le temps de le conclure que, non loin de là, des cris et des pleurs fusèrent dans la concession d’un notable bien connu pour son hostilité au PDG ! L’intéressé venait de mourir subitement des suites d’une fièvre qui avait duré à peine dix minutes (10mn). Et le plus curieux, c’est qu’il venait de quitter le lieu du meeting où ceux qui le connaissaient s’étaient bien demandés ce qu’il venait y faire lorsqu’ils l’avaient vu. Cette histoire est authentique ! Moi je l’ai apprise, mais d’autres l’ont vécue.

PETITE CONCLUSION

Cher lecteur,

Vous allez découvrir, au fur et à mesure, l’ambiance, toute de conspirations, de coups tordus et de tentatives de meurtres et d’humiliations, que la pourriture coloniale a créée, entretenue et maintenue autour de la personne d’Ahmed Sékou Touré, et ce, depuis que ce Monsieur s’était engagé à lutter pour l’émancipation des Peuples exploités d’Afrique et du Monde, jusqu’à sa mort en 1984.

Et malgré cette ambiance ignoble et ignominieuse, on a vu le seul Président plébiscité par les masses populaires guinéennes de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud, lorsqu’il n’y avait pas encore d’Armée, donc pas de Coup d’Etat, lorsqu’il était le Dirigeant politique financièrement et matériellement le plus pauvre, et lorsqu’il était combattu de la façon la plus implacable par ceux qui incarnaient toute la force et toute la puissance, aussi bien occultes que manifestes, malgré tout cela, dis-je, on a vu Ahmed Sékou Touré vivre dans la plus grande simplicité imaginable pour un Chef d’Etat ! Ses bureaux, salons, appartements et salles à manger (de véritables réfectoires celles-là), ont été largement ouverts à tout le monde. Sans exception. Ses bains de foule en Guinée,  et dans tous les pays africains qui l’ont reçu  (particulièrement  au Sénégal où des ennemis mortels,  se considéraient à l’époque, et se considèrent encore de nos jours, comme dans un fief, preuve que ça ne variera jamais),  les bains de foule d’Ahmed Sékou Touré ne peuvent donc plus être réédités.

Il a sillonné partout, et rayonné au volant de ses voitures (officielles et personnelles), avec ses plus illustres hôtes à ses côtés, quand il n’était pas tout seul à travers la ville de Conakry, à des heures bien connues de tous ! Conakry où tous les chefs de famille disposaient d’une dotation en armes de guerre, avec  leurs munitions, de 1970 notamment, à 1984, date de  sa mort !

C’est le CMRN du régime militaire Conté/Faciné, qui les avaient récupérées plus tard !

Qui peut dire, réellement, à combien de tentatives d’assassinat il a échappé, sans la moindre influence sur son mode de vie qui n’en a jamais été modifié ? Alors, la lecture mensongère, à voix précipitée et à coups de phrases lapidaires, par des spécialistes en ‘’communication-politico-raciste’’ commis par la France, avec des boules de gladiateurs hérissées de piques venimeuses et pleines d’un mépris sarcastique, comme Alain Fokka, l’héritier de la Mucamabano (Ah ! ces deux ‘’Camerounais-Français-là’’ !),  avec des cargos pleins des pires ragots, et de souillures d’égouts collectées par des borgnes manichéens qui se disent journalistes, à l’image d’un Juan. Gomez, capable de construire des réseaux intercontinentaux d’opinions sinistres et gonflées de haine ; et encore de fabulations scientifiquement agencées, comme celles d’un François Soudan ; alors donc, cette lecture mensongère ne prospèrera jamais !

Ce n’est pas sa répétition, même par l’énorme RFI, qui fera du Mensonge une Vérité.

Le Président Ahmed Sékou Touré était un authentique leader populaire pendant 40 ans : de 1945 à 1984.

Ce n’était pas un ‘’dictateur’’.

C’est la France qui a toujours menti sur lui, et qui continue à mentir sur lui.

Ce n’est là, nullement, une affaire de ‘’logiciel’’ qu’on veut mettre à la mode de la FrançAfrique. Comme un argument ‘’décomplexé’’ !

A la prochaine, pour continuer nos ‘’Nouvelles et Bilans’’, si Dieu le veut !

Soub’hânallahi wa bihamdihî

Astakh’firoullâhi wa atoûbou ilaïhi

Wassallalâhou alâ Seydinâ Muhammadin,

Wa alâ âlihî, wa Sahabihi wassalim

 

Jeudi, le 28 Juillet 2011

Aly Bocar Cissé, Professeur et Administrateur Civil 

A la Retraite

cissedebma@yahoo.fr  

Tél : 64-33-37-70/62-27-88-89.