Les dépêches qui nous parviennent et les informations recueillies sur place confirment l’attaque de la résidence du président guinéen, le Professeur Alpha Condé. Selon le site Guinéenews, l’attentat aurait été perpétré par « un commando venu dans trois 4x4 » et aurait fait un mort et des blessés. Le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana a déclaré qu’ « un nombre important parmi les personnes qui ont attenté à la vie du Président de la République a été arrêté ». Avant même d’en savoir davantage sur les mobiles des commanditaires et des auteurs de cet attentat odieux, tous les Guinéens épris de paix et de démocratie doivent condamner cette atteinte à notre souveraineté nationale. Certes, le Professeur Alpha Condé a, dans un souci d’apaisement,  appelé au calme ; mais  les Guinéens, quelle que soit leur sensibilité politique,  doivent prouver à ces voyous décérébrés leur réprobation et affirmer haut et fort qu’en Guinée, le processus démocratique est désormais irréversible.

Sans vouloir  préjuger ici des résultats de l’enquête qui va suivre, il ne fait pas de doute que certains Guinéens qui ont mis le pays à genoux en pillant nos richesses, tentent encore vainement de ressusciter le passé. Ils ne ménageront aucun effort pour entraver les changements entrepris par l’actuel gouvernement guinéen. Ces éléments aigris, nostalgiques d’un passé révolu, s’accrochent désespérément à leurs privilèges. Mais leurs tentatives seront vaines pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le peuple de Guinée a, par son vote massif pour le Professeur Alpha Condé,  opté pour le changement. Il est aujourd’hui témoin de réformes économiques et sociales qui s’opèrent sous ses yeux et augurent d’un avenir meilleur. Selon tous les observateurs impartiaux (cf. Dossier Jeune Afrique du 11/07/2011), en l’espace de six mois, le gouvernement dirigé par Mohamed Saïd Fofana a fait la preuve de sa détermination à changer le pays : interdiction des exactions arbitraires contre les populations, investissements dans l’infrastructure et le secteur agricole, résolution –quoique partielle- du problème d’eau et d’électricité dans la capitale, introduction de l’unicité des caisses de l’État, lutte contre l’anarchie dans l’occupation des terrains et appartement appartenant à l’État, etc… Autant d’actes qui constituent, pour les Guinéens, des preuves tangibles de la volonté du  gouvernement  de s’atteler à l’amélioration de leurs conditions de vie.

D’autre part, ces actes  ont aussi contribué à rétablir la crédibilité de la Guinée auprès des organisations internationales. Naguère reléguée dans une situation de paria mondial, la Guinée a retrouvé sa place dans les instances internationales et bénéficie désormais du soutien de l’Union Africaine et des Nations Unies. Les récentes négociations économiques et financières avec la CDEAO, la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International, témoignent de l’intérêt que ces organisations portent à la stabilité en Guinée, condition sine qua non de tout progrès économique et social.

Les quelques aventuriers de l’armée guinéenne et leurs commanditaires feraient donc mieux de réfléchir aux conséquences de leurs actes. Non seulement les Guinéens ne céderont pas devant une quelconque tentative visant à retarder le processus démocratique, mais les organisations internationales veilleront scrupuleusement au respect du droit et de la démocratie en Guinée. Aucune violation de nos institutions ne sera tolérée.

En cette circonstance particulière où les Guinéens devraient transcender leurs divergences et flétrir la tentative d’assassinat perpétrée contre un président démocratiquement élu, certains compatriotes de la diaspora, fidèles à leurs principes, essaient de créer la confusion. Pour eux, c’est encore et toujours Alpha Condé qu’il faut blâmer. Tous nos problèmes –d’hier et d’aujourd’hui- viendraient de lui un peu comme les anticyclones viennent des Açores. Ainsi, un certain turlupin de GuineeActu .com a osé écrire que « Le président Alpha Condé tombe dans son propre piège ». Oui, je crois qu’il faut le dire : pour ce gribouilleur des sites, le mensonge est une seconde nature. Il est un fait assez étrange, qu’on semble n’avoir jamais remarqué comme il mérite de l’être : c’est que certains Guinéens de la diaspora sont atteints d’une maladie incurable que j’appellerai, faute de mieux,  l’alphaphobie.  Sinon, comment peut-on clamer sa haine organique pour un président démocratiquement élu et prétendre aimer le peuple qui l’a choisi ? Pire encore. Dans la confusion mentale qui caractérise notre époque, on en est arrivé à appliquer indistinctement le mot d’ « ethnie » à toutes sortes de choses. Ainsi, sans preuve aucune, un autre collaborateur de GuineeActu.com, spécialiste de la désinformation et de l’amalgame, craint que la tentative d’assassinat contre le président Alpha Condé n’exacerbe les clivages ethniques en Guinée. Il faut se méfier de ces déviations du langage qui traduisent une dégénérescence des idées.     

 Mamadi Kéita dit 31

Washington, DC

États-Unis d’Amérique