La suprême des Etats-Unis juge irrécevable la plainte en nom colectif de plus d'un million et demi d'employées du géant alimentaire, accusé de discrimintion salariale.

La Cour suprême des Etats-Unis a jugé irrecevable lundi la plainte en nom collectif historique de plus d'un million et demi d'employées et anciennes employées du géant américain de la distribution WalMart pour discrimination salariale. Dans la décision la plus attendue de l'année, la plus haute juridiction des Etats-Unis a estimé que chacune de ces femmes ne pouvait prétendre avoir subi les mêmes discriminations que les autres.

La question était extrêmement sensible puisque si la Cour s'était rangée du côté des plaignantes, la plainte en nom collectif la plus large de l'histoire aurait pu poursuivre son trajet judiciaire avec, à la clé, un chèque astronomique. En invalidant la plainte, les neuf sages prennent en revanche le risque de limiter les recours à disposition des femmes affirmant être payées moins bien ou bénéficier de moins de promotions, à compétences égales, que leurs collègues masculins.

Tout avait commencé en 2001. L'employée Betty Dukes se voit refuser une demande de formation. Elle porte plainte avec cinq autres salariées pour discrimination sexuelle. En 2004, un juge en Californie décide que les plaignantes peuvent former une class action. Décidé à faire traîner l'affaire, Walmart multiplie les appels. Aujourd'hui, l'affaire se retrouve devant la cour Suprême.

Les plaignants ne tarissent pas de statistiques embarrassantes : Selon walmartclass.com, les femmes représentent 70% des effectifs de Walmart mais moins d'un tiers occupe des postes à responsabilité. Et elles gagnent entre 5 et 15% de moins que leurs collègues masculins. 93% des postes de caissiers seraient tenus par des femmes qui gagnent 13.800 dollars par an, alors que les hommes gagnent 14.500. Quant à celles qui accèdent aux postes à responsabilité, elles gagnent 89.300 dollars par an contre 105.700 en moyenne pour les hommes.

Sauf que la cour Suprême n'a pas tranché sur le fond du dossier, mais sur la forme. Il s'agissait pour les neuf sages de déterminer si la procédure d'une class action pouvait effectivement s'appliquer. La Cour suprême a plutôt l'habitude, depuis 1997, de donner raison aux employeurs et de s'opposer aux "class actions" des salariés. La décision annoncée lundi n'est donc pas surprenante.

Source : l'Expansion.com