pdg-rdaDECLARATION LIMINAIRE

Conakry, le 14 juin 2011
DECLARATION LIMINAIRE
Du Camarade Mohamed Toure
Secrétaire Général du PDG-RDA

A
La Maison de la Presse
Lanseboundji/ Moussoudougou

TEXTE INTRODUCTIF

- Mesdames et Messieurs de la presse

Je voudrai tout d’abord vous remercier, Mesdames et Messieurs de la presse, d’avoir bien voulu accepter de répondre à mon invitation à vous rencontrer, et de m’avoir de surcroît, reçu dans votre Maison.
Il est toujours d’une grande importance pour un leader de rencontrer la presse, et cela est encore plus valable pour un leader politique, qui est dans l’exigence de communiquer avec ses militants et avec la nation pour faire passer ses idées et son projet politique.
Merci donc à vous de m’offrir cette opportunité.
Le PDG-RDA a tenu son 14ème Congrès en mai 2010. Au sortir de ce Congrès, suite à des consultations et des négociations très larges, le Parti a signé un accord de plateforme avec le RPG, alors présidé par le professeur Alpha Condé. Par cet accord, nous sommes, de fait, partie prenante de l’Arc-en-ciel, coalition de plusieurs autres partis qui a fait élire le professeur Alpha Condé à la magistrature suprême.
Fidèle à l’esprit et à la lettre de cet accord avec le RPG, le PDG-RDA se fait le devoir d’énoncer clairement ses positions et ses propositions dans le contexte actuel, caractérisé encore par de nombreux problèmes, contradictions et incertitudes.
L’Objet de cette conférence de presse, dans la tradition du PDG, se situe dans la volonté de notre Parti de :
• participer à la clarification de la vision consensuelle d’une Guinée forte, unie et prospère, une Guinée où se reconnaît chacune des filles et chacun des fils de la nation ;
• Affirmer la position spécifique du parti par rapport à des questions qui nous interpellent tous aujourd’hui ;
• Lancer un appel à toute la nation pour se mobiliser autour des défis fondamentaux et urgents de cette période.

1. A propos des Législatives
Aujourd’hui, dans une situation de sortie de crise qui n’est pas encore entièrement maîtrisée, la nécessité s’impose de nous doter ou de renforcer des cadres nationaux de concertation et de dialogue politique et social afin de faire face à des questions qui ne sont pas seulement celles de tel ou tel Parti politique, mais celles de toutes la nation. C’est dans ce cadre qu’il convient de traiter la question des législatives qui fait l’objet de tant de controverses.
Le faux débat (ou le débat mal posé) consiste à ergoter sur des questions techniques comme le recensement, la révision du fichier électoral, la recomposition de la CENI etc.
Pour le PDG-RDA, les véritables enjeux se situent ailleurs.
Il s’agit d’abord de se fixer une échéance précise et réaliste, en tenant compte de l’avis des techniciens et de la volonté des uns et des autres de se doter le plus rapidement possible d’un Parlement, institution sans laquelle on ne peut parler d’Etat démocratique. Retenons que le Président de la République, le professeur Alpha Condé lui-même, a dit que les élections législatives se tiendraient courant le dernier trimestre de cette année.
Sur cette base, il faut créer un cadre consensuel pour y aboutir, avec la présence de tous les acteurs politiques impliqués, c’est cela l’organisation.
Nous en appelons au sens des responsabilités des uns et des autres afin que chacun puisse transcender ses intérêts particuliers et ses ressentiments, pour ne mettre en avant que l’intérêt de la nation, c’est-à-dire des élections libres, crédibles et transparentes pour un Parlement représentatif de toutes les diversités et de toutes les composantes de la nation.
Face aux dérives que nous commençons à percevoir dans les discours politiciens de l’heure, le PDG-RDA, quant à lui, se fixe comme tâche de mobiliser, éduquer et sensibiliser les populations pour des élections libres, équitables et transparentes.
Nous voulons stigmatiser ici le rôle négatif d’une partie des élites, qui s’est constituée en clans, aussi bien autour du pouvoir que dans l’opposition, et qui utilise toutes les armes du subjectivisme (ethnocentrisme, clanisme, régionalisme, clientélisme, opportunisme, népotisme) pour se positionner et avoir sa part du gâteau.
Dans un tel contexte, nous estimons que le Pouvoir, dont nous sommes partie, a la plus grande part de responsabilité. C’est au pouvoir qu’il revient de poser des actes et d’engager les processus afin que chaque guinéen, où qu’il soit, et de quelqu’obédience il se réclame, se sente concerné et s’implique dans la gestion de sa collectivité.
L’opposition doit, elle aussi, se démarquer de positionnements purement politiciens, pour se constituer en tant qu’acteur de ce processus de reconstruction de l’Etat. Dans ce rôle, ses droits doivent être respectés, mais ses obligations constitutionnelles doivent également prévaloir.
Notre volonté – et toute notre action politique ira dans ce sens – est que le PDG-RDA soit suffisamment représenté au sein de ce Parlement, pour y faire entrer la voix de la défense de l’indépendance politique, du développement économique, du progrès social, de l’intégration sous-régionale et du panafricanisme, qui ont toujours été son credo.

2. Des communales et de la mise en place des collectivités territoriales
Un autre défi de la reconstruction de l’Etat se situe dans le renforcement du processus de décentralisation avec notamment la mise en place des collectivités territoriales décentralisées.
Lors de l’établissement du calendrier électoral de la transition, notre Parti avait proposé que soient organisées d’abord les communales, puis les législatives avant d’arriver aux présidentielles. Il n’en a pas été ainsi pour les présidentielles. Nous réitérons notre position afin que les communales et les législatives soient organisées ensembles, sous réserve bien sûr de ce que les techniciens en diront. Cela nous éviterait des surcoûts, et surtout des dérives découlant des stratégies ethnopolitiques. Les communales et les législatives sont des processus électoraux où les populations doivent comprendre qu’elles ont intérêt à choisir ceux de leurs filles et fils qui sont les plus à mesure de répondre à leurs besoins et leurs intérêts locaux, en termes de construction d’écoles, de centres de santé, de pistes rurales, de protection de l’environnement , de sécurité, bref de la planification du développement local grâce à une gestion efficace et transparente des ressources de la collectivité.

3. De la souveraineté économique
En son temps, le PDG-RDA a conquis de haute lutte la souveraineté économique de la République de Guinée. Pour avoir réussi à préserver l’essentiel de ses ressources naturelles à une période où maints pays africains étaient livrés au pillage des leurs, la Guinée est devenue aujourd’hui un pôle extrêmement attractif, avec les nouvelles compétitions dans le marché mondial. Notre Etat doit accorder l’attention la plus forte pour une exploitation durable et équitable de nos ressources, en sauvegardant les intérêts majeurs de nos populations, les pauvres, les jeunes et les femmes en particulier.
Dans ce cadre, le PDG-RDA félicite le Président de la République, le professeur Alpha Condé, pour ses prises de position dans le sens d’une révision du Code Minier, pour créer un cadre de coopération avec les investisseurs privés garantissant les intérêts de la Guinée. Dans le même esprit, nous militons pour la révision de tous les codes régissant l’exploitation de nos autres ressources naturelles, notamment les ressources halieutiques, hydrauliques et forestières.
Enfin, face aux rumeurs et sous-entendus, le PDG engage le peuple et tous les vrais patriotes guinéens à lutter fermement pour la préservation de la souveraineté monétaire de la République de Guinée, dont les enjeux sont non seulement hautement politiques, mais aussi fortement économiques. C’est d’ailleurs l’un des points essentiels de l’accord signé entre le PDG-RDA et le RPG du professeur Alpha Condé à la veille des élections présidentielles.

4. De la réconciliation nationale
La réconciliation nationale est considérée par tous les guinéens conscients comme l’un des principaux défis, sinon le défi principal de cette période. La quasi-totalité des leaders politiques l’ont affirmée comme la condition première de la reconstruction de l’Etat et du redressement économique et social. S.E. le Président de la République, le professeur Alpha Condé en a fait un point essentiel de son programme.
Pour sa part, déjà, lors de son 14ème Congrès les 14 et 15 mai 2010, le PDG-RDA l’avait clairement inscrit dans ses résolutions, et sa position a été réaffirmée plusieurs fois et à plusieurs occasions.
Il n’y a donc pas de problème au niveau de la perception de cette nécessité. C’est une perception partagée par tous les guinéens, souhaitée par tous les guinéens. Cela est un acquis qu’il convient de souligner.
La question devient ainsi d’ordre organisationnel : par quels dispositifs, selon quels mécanismes, dans le cadre de quelle(s) institution(s), à travers quelles personnes ou groupes de personnes médiatrices et, surtout, autour de quelles problématiques ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles il faut que l’on donne des réponses claires et pratiques, afin d’amorcer ou de renforcer des initiatives qui sont, du reste, engagées à plusieurs niveaux, parfois indépendamment les unes des autres.
Pour certains, lorsqu’on parle de réconciliation nationale, il ne s’agit que des problématiques de la 1ère République. De nombreuses personnes s’accordent qu’il faut également poser des problématiques de la 2ème République, ainsi que celles nées au cours de la transition et des élections présidentielles.
Aujourd’hui, le problème se pose avec acuité à un niveau supérieur.
La réalité est qu’aujourd’hui le tissu social s’est considérablement effrité, et les communautés se regardent avec une méfiance ou des ressentiments que la nation guinéenne n’avait jamais enregistrés, même au plus fort des crises politiques qui ont jalonné son histoire. C’est une situation de crise larvée qui, si l’on n’y prend garde, pourrait aboutir à des situations qu’aucun de nous ne voudrait voir survenir dans notre pays.
C’est pourquoi il faut rétablir, d’urgence, le dialogue intercommunautaire pour arriver au dialogue national.
Dans ce sens, le PDG-RDA en appelle aux sages et aux personnalités les plus représentatives des communautés unies dans la nation guinéenne, afin qu’ils engagent le dialogue intercommunautaire, dans les formes qu’il convient, inspirées de nos traditions.
Le PDG-RDA demande aux jeunes d’oser aller sur le terrain de la réconciliation intercommunautaire comme ils avaient osé aller sur le terrain de la lutte pour la liberté et la démocratie. Qu’ils le commencent au niveau de leur quartier, et qu’ils élargissent la démarche jusqu’à ce qu’elle devienne un processus national.
Les femmes, ont le sait, sont le meilleur pont entre les différences. Elles mettront, si elles le veulent vraiment, l’intelligence dont le Dieu Tout Puissant les a pourvues, pour savoir se retrouver et amener les hommes, leurs maris et frères à dialoguer.
C’est seulement lorsque le dialogue intercommunautaire sera rétabli que nous pourrons amorcer le second niveau, nécessaire, du dialogue social, afin d’épurer définitivement tous nos contentieux politiques.

Je vous remercie.