" Alpha Condé doit décrisper l'atmophère social en guinée "

Racontant ce qu’il a vécu à l’investiture le 21 mai 2011  du Président Alassane Ouattara à Yamoussoukro, El Hadj Sékou Kaba témoigne également de l’accueil réservé ce jour-là au Chef de l’Etat Guinée, Pr Alpha Condé, à qui il fait des propositions pertinentes allant dans le sens de rassembler tous les fils et filles de la Guinée….

Vous avez eu le privilège de vivre l’investiture du Président Alassane Dramane Ouattara le 21 mai 2011 à Yamoussoukro, que retenez vous de cette grand messe ?

Mon déplacement à Yamoussoukro se justifiait par deux raisons fondamentales. La première raison était l’accueil que nous devrions réserver à notre Chef de l’Etat, SEM Alpha Condé qui venait pour la première fois  en Côte d’Ivoire en qualité de Président de la Guinée. La seconde raison évidemment était la cérémonie d’investiture du 5è Président ivoirien SEM Alassane Ouattara, cérémonie qui fut riche en couleur, au regard des populations qui déferlé sur Yamoussoukro  et de la qualité des personnalités présentes. Je n’exagère pas, mais la ville de Yamoussoukro a accueilli une foule donnant à penser aux grands rassemblements de la Mecque.

Au sujet de l’accueil présidentiel, quelle est l’organisation mise en place à partir Abidjan ?

Sous l’autorité de l’Ambassadeur de Guinée deux commissions une centrale et une autre chargée de l’accueil ont été mises sur pied et pilotées respectivement par le Consul Kabes Bangoura  et par votre serviteur. Nous avons multiplié les réunions et les démarches et au finish nous avons pu louer 3 cars et 6 voitures pour convoyer les Guinéens d’Abidjan sur Yamoussoukro dès le jeudi 19 mai 2011. Si la situation était plus reluisante, n’eut été cette douloureuse sortie de crise, nous aurions mobilisé plus de 20 cars pour la circonstance. A l aéroport de Yamoussoukro les Guinéens venus de tous les recoins de la Cote d’Ivoire sont sortis massivement souhaiter la bienvenue au Chef de l’Etat Condé.

Mais qu’est ce qui vous a positivement marqué lors de la rencontre avec le Chef de l’Etat avec les Guinéens ?

Disons que chacun des Guinéens a été fier de lui serrer la main.

Quel message SEM Alpha Condé vous a-t-il en fait délivré ?

Il nous a présenté dans l’ensemble ses condoléances et sa solidarité à ceux d’entre nous qui ont été endeuillés et meurtris par le conflit post-électoral. Il nous a fait étalage de son ambition pour la Guinée et son beau projet de société (santé, éducation, infrastructures nouvelles) auquel nous adhérons sans réserve.

Lors de cette entrevue beaucoup s’attendaient à ce que vous preniez la parole en tant que leader de la société civile des Guinéens résidant en Cote d’Ivoire. Au contraire on a observé que ce fut un militant d’Alpha qui a pris la parole. Comment vous expliquez cet état de fait ?

Les choses semblaient avoir été menées depuis. Il y a eu en effet deux discours émanant de la diaspora, l’un, ce qui est tout à fait normal qui a échu à l’Ambassadeur de Guinée, et l’autre par le Secrétaire général du parti du Pr Alpha Condé en Cote d’Ivoire. Ce que beaucoup comme vous l’avez observé n’ont pas apprécié, parce que ce n’était pas une affaire de RPG mais de la visite du Chef de l’Etat, appartenant à toute la nation guinéenne. Mais ce n’est pas cela ma consternation. Moi, j’ai été particulièrement choqué par ce que nos réflexes régionaux voire tribaux ont encore la peau dure. J’aurais aimé sincèrement voir nos leaders Sydia Touré, Cellou Dalein Diallo, Lansana Kouyaté autour du Chef de l’Etat face à la diaspora et ainsi montrer aux yeux du monde une Guinée unie, prête à faire face à tous les défis pour la grandeur et le développement du pays..

Si vous devriez lire le mot de bienvenu au Président Condé. Que lui auriez-vous substantiellement dit ?

Je me serais fait le représentant du plus petit Guinéen en Cote d‘Ivoire pour lui demander à comprendre le silence assourdissant de l’Etat guinéen face  à la détresse et au cris de désespoir moult fois adressé en Guinée, sans succès durant la crise post-électorale en Cote d’Ivoire. Certes, Mme Rouguy Barry, Ministre déléguée chargée des Guinéens de l’Extérieur s’est manifestée par ses contacts et ses démarches, mais nous aurions voulu pour notre colonie en détresse un mot ou un geste officiel, coordonné et planifié de l’Etat.

Mais que peuvent alors faire les autorités pour sauver la Guinée ? Peut-on imaginer une Commission réconciliation et justice ?

La Coordination de la société civile des Guinéens résidant en Cote d’Ivoire prie le Professeur Alpha Condé à assouplir certaines mesures en condamnant plus les systèmes politiques  mis place par ses prédécesseurs qui ont occasionné le pillage des richesses que les hommes qui ont animé et profité de ses lacunes. Et cet assouplissement n’aura autre objectif que la décrispation sociale et politique du pays, afin que tous ensemble les Guinéens soient tournés vers les nouveaux défis de développement et de progrès. Il doit peser de tout son poids pour cette finalité.
 
Interview réalisée par Solange Kanouté, Abidjan, guineenouvelle.info