Dans un courriel adressé le 8 juin aux employés du FMI, le chef de service d'information Jonathan Palmer, fait état de transferts suspect de fichiers détectés la semaine précédente

Le Fonds monétaire international (FMI) a été la cible d'une attaque informatique sophistiquée plus tôt cette année, a révélé dimanche 12 juin le quotidien New York Times, citant des hauts responsables de l'institution financière. "Il s'est agi d'une brêche majeure", a déclaré au quotidien l'un de ces responsables, non identifié, selon lequel l'attaque, qui a duré plusieurs mois, est intervenue avant que n'éclate l'affaire Dominique Strauss-Kahn, accusé d'agression sexuelle sur une employée d'hôtel à Manhattan.

Le FMI n'était pas immédiatement joignable pour commenter cette information. Un porte-parole cité par le journal a toutefois indiqué que le FMI menait une enquête et que l'institution était "pleinement opérationnelle". Le journal précise que la Banque mondiale, dont le siège dans la capitale fédérale est situé de l'autre côté de la rue, avait par précaution coupé les liens informatiques entre les deux entités durant l'incident.

Selon le New York Times, le personnel du FMI a été informé de cette cyberattaque mercredi dernier. Dans un courriel adressé le 8 juin aux employés du FMI, le chef du service d'information, Jonathan Palmer, fait état de transferts suspects de fichiers détectés la semaine précédente. "L'enquête a établi qu'un ordinateur du Fonds avait été compromis et utilisé pour avoir accès à certains systèmes du Fonds", écrit-il dans ce courriel. Les responsables cités par le journal n'ont pas dit d'où était partie cette attaque.

UNE ATTAQUE "CIBLÉE"

Plus tôt ce mois-çi, les pirates informatiques du groupe Anonymous avaient appelé à une attaque en ligne contre le FMI, afin de protester contre les restrictions sévères imposées à la Grèce dans le cadre de son sauvetage financier. 

D'après un expert en sécurité informatique qui a travaillé avec le FMI et la Banque mondiale, l'objectif de l'attaque était d'installer un logiciel espion dans le système informatique du FMI qui aurait permis à un Etat d'avoir une "présence numérique interne" sur le réseau. "C'était une attaque ciblée. Le code informatique a été mis au point et diffusé dans ce but", a dit Tom Kellerman, qui travaille pour l'International cyber security protection alliance.

Jeff Moss, un hacker qui travaille pour le département de la sécurité intérieure, estime que l'attaque a été menée pour le compte d'un Etat désireux d'obtenir des informations sensibles sur les stratégies du FMI ou de nuire à la réputation de l'institution internationale. Des agents fédéraux du FBI participent aux investigations en cours pour remonter à la source de l'attaque, a annoncé une porte-parole du département américain de la défense. Mais les spécialistes des questions de sécurité informatique estiment qu'il pourrait être difficile d'établir avec certitude quel pays est à l'origine de cette intrusion.