L'ancien premier ministre juge «très sage» de discuter avec Borloo.

n12741051437_970124_3599Un échange de courtoisies. Et plus si affinités. Dans un entretien dans Le Parisien paru dimanche, Jean-Louis Borloo avait loué les qualités de Dominique de Villepin. «J'ai été ministre de l'Emploi dans son gouvernement. Nous avons mené cette bataille ensemble. On peut se parler, on se connaît et on s'estime. Il a une dimension internationale et son discours à l'ONU a marqué», expliquait le patron des radicaux. Au «Grand Jury-RTL-LCI-Le Figaro», dimanche soir, l'ancien premier ministre lui a rendu la politesse: «Il a été un très bon ministre dans mon gouvernement. Il a fait avancer les choses en matière de rénovation urbaine, d'emploi. Il a un véritable sens public», a souligné Villepin. Et quand Borloo envisage de «réfléchir ensemble à l'avenir du pays», Villepin trouve l'idée «très sage». «Oui, il faut dialoguer, se parler», lui répond le président de République solidaire.

Mais ne parlez pas de «ralliement» à Dominique de Villepin. «Pourquoi toujours poser les questions en termes d'hommes?» fait-il mine de s'interroger. «La question, c'est de savoir si des passerelles entre les différents responsables politiques peuvent être bâties, explique Villepin. Droite et gauche, centre compris.»

Villepin ne voit pas dans cette possible collaboration un obstacle à sa candidature à la présidentielle: «Ma détermination reste entière. Elle est intacte. C'est pourtant clair. Je veux être candidat.» Mais le moment n'est pas venu pour lui de se déclarer «parce que nous ne sommes pas dans le temps présidentiel et que les Français ne se posent pas encore la question de qui va incarner les cinq prochaines années. Ce quinquennat n'est pas fini dans les têtes», estime-t-il.

«Acharnement»

D'ici là, Villepin connaîtra le 14 septembre la décision de la cour d'appel, dans le cadre du second procès Clearstream. L'ancien premier ministre n'est pas inquiet. «J'ai l'impression d'être soucieux?, demande-t-il à ses interlocuteurs. Il y a eu un premier procès, j'ai été innocenté. Je ne peux que souhaiter que le deuxième m'apporte le même résultat.» Pour autant, il voit toujours dans ce procès un «acharnement» contre lui. «C'est l'évidence, mais saurait-on le reprocher au ministère public?» interroge-t-il en décrivant une chaîne de responsabilités qui remonte à l'Élysée. «Suivez mon regard», invite-t-il en précisant que ses accusations à l'encontre de Nicolas Sarkozy relèvent de la poésie: «Je suis un tout petit peu poète à mes heures creuses et la poésie c'est nommer les choses», s'amuse-t-il.

Source : le Figaro.fr