George Tron rapidement poussé vers la sortie,l'Elysée veut << une république irréprochable >>...

sarkoÇa n’aura pas traîné. Dans le contexte politique très particulier de l’«affaire DSK», la démission «express» du secrétaire d’Etat à la Fonction publique Georges Tron, dimanche, accusé de harcèlement sexuel, prend une résonnance particulière.

Le ministre a été très rapidement poussé vers la sortie, quatre jours après la publication des plaintes portées contre lui. Sa démission a été facilitée par le fait que cet ex-fidèle de Dominique de Villepin, rallié en mars 2010 à Nicolas Sarkozy, n’était en charge d’aucune réforme d’envergure. Pour le politologue Paul Bacot, «comparé à Dominique Strauss-Kahn, Georges Tron est un second couteau».

La «République irréprochable» face aux polémiques

Cette démission révèle surtout une stratégie de l’Elysée. A un an de la présidentielle, la reconquête des cœurs et la défense de la «République irréprochable», un concept médiatisé par le chef de l’Etat en 2007, sont primordiales pour gagner la prochaine élection. Lors de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait notamment déclaré qu’il souhaitait «être le président d’une démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde».

Jusqu’alors, le chef de l’Etat a plutôt bénéficié d’une bonne image dans l’affaire DSK. Il s’est exprimé tardivement sur l’affaire, évoquant seulement la succession du directeur du FMI durant le G8 à Deauville. Motus et bouches presque cousues pour les ministres et parlementaires, «briefés» sur la conduite à tenir: le respect de la présomption d’innocence et le profil bas.

La moralité, argument de campagne?

Dans cette situation, l’Elysée ne pouvait pas laisser traîner une nouvelle polémique, alors que quatre ministres ont déjà été, plus ou moins rapidement, dirigés vers la sortie en l’espace d’une année. Pour des motifs divers, Alain Joyandet, Christian Blanc, Eric Woerth et Michèle Alliot-Marie ont subi les foudres de la polémique, et fait les frais d’un remaniement.

Samedi, devant le conseil national de l'UMP, François Fillon a estimé qu'avec l'affaire DSK, les socialistes étaient «dans l'obligation de ravaler toutes les leçons de morale qu'ils n'ont cessé de nous adresser». Une façon de dire que la droite peut, si elle le juge mobilisateur, appuyer sur ce thème pour attaquer la gauche lors de la campagne. Tout un programme.

Anne-Laëtitia Béraud 
 
Source : 20minutes.fr