Vladimir_PoutineLes Français, qui sont 57 % à penser que Dominique Strauss-Kahn a été victime d'un complot dans l'affaire de viol pour laquelle il est poursuivi, sont-ils paranos ? L'enquête et le procès qui visent l'ancien patron du FMI le diront peut-être. En attendant, un responsable politique étranger s'est rangé, pour la première fois, du côté des conspirationnistes.

Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a émis des doutes vendredi sur la version officielle de l'affaire de tentative de viol visant l'ex-patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn. "Je ne peux pas croire que tout soit comme cela en a l'air, comme cela a été présenté dès le départ", a-t-il déclaré à des journalistes russes qui l'interrogeaient sur les accusations de tentative de viol visant le haut responsable français, rapporte l'agence russe Interfax.

"J'ai du mal à évaluer les dessous politiques [de l'affaire] et je ne veux surtout pas me pencher sur ce thème", a ajouté cet ancien membre du KGB, les anciens services secrets russes.

"DESSOUS POLITIQUES"

L'homme fort de la Russie n'a pas précisé ce qu'il entendait par "dessous politiques", alors que Dominique Strauss-Kahn était considéré comme le favori de la gauche française pour l'élection présidentielle du printemps 2012.

Vladimir Poutine est la première personnalité étrangère à émettre publiquement des doutes sur l'affaire DSK. Mais plusieurs personnalités françaises, réagissant à chaud, ont accrédité la thèse du complot avant lui.

Le 15 mai, au lendemain de l'interpellation de l'ancien patron du FMI, Bernard Tapie voulait ainsi savoir si la femme de chambre travaillait au Sofitel depuis longtemps ou si elle venait d'être embauchée. Le même jour, Christine Boutin pensait, elle, que DSK était "tombé dans un piège".

"PAS CRÉDIBLE"

Le lendemain, Jean-Marie Le Guen, député (PS) de Paris, estimait sur France Inter que "l'affaire n'[était] pas crédible" : "Cela participe de campagnes qui sont menées, ou s'apprêtaient à être menées, contre DSK".

Deux jours plus tard, le leader socialiste Jean-Marc Ayrault déclarait : "Dans cette affaire, nous savons qu'il y a une victime, mais nous ne savons pas encore si cette victime est la plaignante, ou l'accusé."

Dans le même temps, Bernard-Henri Lévy mettait en ligne une tribune dans laquelle il s'étonnait que la femme de chambre soit entrée seule dans la chambre de Dominique Strauss-Kahn, alors que, selon lui, dans ces hôtels de luxe, le ménage est toujours fait par une brigade d'au moins deux personnes. Incidemment, il remarquait que le numéro de la suite, 28-06, correspondait à la date d'ouverture du dépôt des candidatures à la primaire socialiste.

Une sortie médiatique qui a valu au philosophe de se faire littéralement étriller par les médias américains

Source : le Monde.fr