On sent l'appétit barbare de la justice américaine face à un Dominique Strauss-Kahn "présumé coupable" de tentative de viol, agression sexuelle et séquestration. On sent toute l'Amérique puritaine derrière la juge. Exit la théorie du complot et pourtant... Il ne vous fait pas penser à quelqu'un, DSK ? Allez, cherchez un peu... 

DSK_ASSANGEJe ne suis pas enclin politiquement à soutenir DSK. Peu avant l’affaire qui choque la France, je postais des billets sur différentes plateformes pour dire combien la richesse de DSK pouvait être un frein au rassemblement des gauches étant donné la déconnexion probable de Strauss Khan par rapport à la réalité de chaque citoyen face aux problèmes quotidiens. Mais depuis, on a vu des images d’un homme en cage, d’un homme menotté, d’un ancien ministre de la république défait par un traitement "à l’Américaine".

Un procureur à l’aspect libidineux et visant une belle affaire pour être réélu dans le comté de Manhattan. Une juge incarnant toute l’Amérique puritaine par son accoutrement et sa posture consternée. On sent l’appétit barbare de cette justice prise dans un tourbillon devenu assez ignoble. Certes, pour reprendre la presse de gauche, il y a une victime, on doit se pencher sur elle. Ce n’est pas rien, l’accusation de viol. Évidemment tout le monde en est conscient… En France le prix est d’environ 15 ans fermes, sauf qu’il est possible de baisser la peine à la moitié avec des indulgences. Aux USA, pour un même délit, bien infâme, un DSK encourt 74 ans et trois mois. Une Amérique dans ses délires comme on peut juste le constater sur la logique des sanctions…

 Mais il y a des éléments qui dérangent. Exit dans la presse le sujet du complot. Depuis le 11 septembre, il est totalement farfelu de parler de manipulation ou de pièges. Cela n’existe pas. Mais ne voit-on pas aujourd’hui de faux listings de Clearstream s’inviter dans les Palais de Justice de la République avec quelques innocents ajoutés dans une liste de présumés coupables ? Regardons de manière plus détachée le cas d’une affaire Dreyfus : dans la société contemporaine, il serait impossible de dire simplement qu’il pourrait être victime d'une machination bien rodée. Dans le mode américain de pensée unique et d’hystérisassions du coupable, un Dreyfus moderne serait déjà sanguinolent avec quelques balles dans la peau. Plus récemment, on a juste voulu coincer Julian Assange… là, encore, on sort deux témoignages qui tombent à point.

 En fait, ce n’est pas parce que DSK est un amateur de femme qu’il a eu des conquêtes ratées qu’on peut faire comme Debré l’appeler "récidiviste". Sur ce point, si DSK avait eu des soucis dans ce Sofitel, pourquoi l’affaire aboutirait juste maintenant. Au moment où DSK allait proposer une réforme globale du système économique mondial. À l’heure où la Grèce et l’Euro pouvaient encore être sauvés.

On doit attendre les résultats ADN en soulignant que DSK n’a pas refusé les prélèvements. La lenteur de la procédure indique probablement que les résultats sont négatifs, car c’est plus long en biologie de montrer qu’il n’y a pas de trace d’un DSK que de montrer qu’il y a des souillures par des liquides séminaux. DSK a pu être provocant, mais il est possible qu’on le charge. Et rappelons qu’on est en campagne électorale et que selon Cambadelis : "la droite disait vouloir montrer des photos". La droite menaçait du "feu nucléaire" dans le cadre d’une candidature naissante de DSK. Le député PS de Paris et Jean-Marie Le Guen, a affirmé ne pas croire à la version présentée par la victime présumée, affirmant qu'un certain nombre de faits "viennent contredire la théorie et la version que l'on nous vend". Rappelons qu’Anne Sinclair dit soutenir totalement son mari ce qui serait inconcevable si elle n’était pas sure de l’innocence de ce dernier. Elle ne le couvrirait pas jusque là.

In fine, il se pourrait bien que demain on découvre un DSK victime à l’instar d’un Julian Assange. Car, rappelons nous, un Dreyfus moderne tomberait aujourd’hui dans une histoire de mœurs ou de listings truqués… Affaire à suivre… ADN à suivre.

Auteur parrainé par Aude Baron 

Source : Le NouvelObservateur