"Cela arrive trop tôt",coquette l'entourage de Sarkozy

“Cela arrive trop tôt”. C’est la réaction de l’entourage de Nicolas Sarkozy, après l’inculpation de DSK pour tentative de viol et séquestration. “Cela serait arrivé à quinze jours de la présidentielle, cela aurait été le coup de théâtre qui l’aurait empêché d’aller jusqu’au bout. Là, nous sommes dans une période trouble. Tout change, toutes les semaines, pas par petites touches, mais par cataclysme”, explique un proche conseiller du président, qui estime qu’il faut travailler sur le fond.“Il ne faut rien dire, laisser l’histoire se dérouler”, poursuit ce conseiller.

“C’est arrivé comme prévu” confie également un poids lourd de la droite, alors que beaucoup ne se disent pas surpris que DSK tombe sur la Porsche et ses relations aux femmes. “Maintenant, Hollande a toutes ses chances. Mais il faut réfléchir à la manière de réagir. Il ne faut pas donner l’impression de se réjouir ou de se précipiter”continue ce ténor de la majorité.

Les proches du chef de l’Etat notent ainsi eux-mêmes la contradiction dans laquelle ils se trouvent, entre leur jubilation face aux malheurs de DSK et le discours des dernières semaines, consistant à dire que le socialiste à la tête du FMI était le meilleur candidat face à Nicolas Sarkozy (car effaçant le côté ‘bling-bling’ du président).

“Il existe une sorte de jubilation, car ces types ne cessent depuis des années de nous donner des leçons de morale et de vertu, mais si l’on réfléchit avec l’hémisphère droit du cerveau, cela affaiblit le PS mais donne des chances à Hollande qui est l’adversaire le plus dangereux”, analyse un ministre.


Sarkozy Juge en privé que le PS a perdu la bataille de la morale pour 2012

Nicolas Sarkozy a fait exprès de ne pas prononcer le nom de Dominique Strauss-Kahn. Au petit déjeuner de la majorité, mardi 17 mai dans la matinée, le chef de l’Etat a parlé de tout, sauf de ce dont tout le monde parle. François Fillon a évoqué l’affaire dans son propos liminaire, avant de parler économie. Il a fallu l’intervention de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin pour que le sujet soit abordé. « Il y aura un avant et un après DSK. Il est très rare qu’il y ait un tel choc dans la vie politique à partir d’un événement qui ne l’est pas », a déclaré l’ancien premier ministre.
Le chef de l’Etat en a profité pour donner à ses troupes la feuille de route : « travail, sang-froid, unité, dignité », a dit M. Sarkozy, répétant deux fois le mot « dignité ». M. Sarkozy, qui a félicité ses troupes pour leur retenue, a répété l’exigence de faire de 2011 une année utile et a fait le tour des dossiers : refus d’introduire une tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu, le nucléaire, la réunion sur l’Internet dans le cadre du G8, la crise de la dette, l’emploi, l’Egypte, etc.

En privé, le chef de l’Etat estime que l’affaire est un désastre pour le Parti socialiste, qui aurait perdu une partie du combat pour la présidentielle : celui de la morale. Un responsable de l’UMP prédit des divisions au sein du PS, notamment entre les femmes et les hommes. Ce responsable s’attend à ce que l’affaire connue dans le sérail, celle de Tristane Banon qui s’est dite agressée par M. Strauss-Kahn, divise le parti.
Le scandale intervient alors que la droite estimait depuis une dizaine de jours déjà que le pire était passé : retour de la croissance et de l’emploi, reprise en main de la diplomatie après le raté tunisien, rebond dans les sondages de l’exécutif. La droite laisse l’affaire DSK avancer seule. « La seule chose de bonne à faire, c’est de se taire et de faire son travail », commente Bruno Le Maire, le ministre de l’agriculture.

Arnaud LEPARMENTIER

Source : Blog lemonde.fr