strauss_kahn_dominiqueIls rêvaient de voir le patron du FMI rentrer en France pour représenter le PS à la présidentielle. Ils sont aujourd'hui abasourdis.

"Vous voyez l'effet que ça fait un réveil après un tsunami ?" Michèle Sabban est abasourdie dimanche matin, comme tous ces élus qui soutiennent depuis des semaines, des mois, des années Dominique Strauss-Kahn. Sur les chaînes d'info, les radios, et même dans la dernière édition du JDD, cette même information : "Dominique Strauss-Kahn arrêté à l'aéroport JFK de New York pour agression sexuelle présumée".

Voilà leur champion, le héros des sondages pour la présidentielle française, qui apparaît tout d'un coup comme le simple acteur d'un sombre fait divers... Mais la vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France appelle à éviter une lecture au premier degré des faits : "C'est la tête du FMI qui est visée plus qu'autre chose", avance Sabban. "Nous, on pense à la primaire, à la présidentielle, mais l'important, c'est que le FMI est décapité, alors qu'il allait réussir de grandes choses." 

"Complot international"

Sabban fait là allusion au G20 de Deauville, prévu pour la fin mai, et à la renégociation du plan de sauvetage de la Grèce... La suite, elle l'envisageait, pas plus tard qu'hier, comme réglée : un retour du patron du FMI en France pour se lancer dans la course à l'Élysée. 

Et Sabban souffle, en pensant "d'abord à lui" : "C'est un complot international." Elle en est d'autant plus persuadée qu'elle rappelle un précédent. "Souvenez-vous l'affaire de la Hongroise..." Oui, c'était en 2008, cette enquête commandée par le FMI contre DSK suite à sa relation avec une employée du département Afrique, Piroska Nagy. "Ce qui se passe est cauchemardesque, trop violent. Sur le plan politique, il était irréprochable ; les femmes, c'était sa faiblesse", dit-elle sans même réaliser qu'elle parle au passé.

"Rien ne colle"

 

Face à l'ampleur de la vague, les strauss-kahniens ont bien le souffle coupé. Ainsi le député du Finistère Jean-Jacques Urvoas nous confiait mercredi que "la seule chose qui peut faire que DSK renonce, c'est qu'Aubry dépose sa candidature à la primaire le 28 juin". Aujourd'hui, évidemment, la question n'est plus là. "Pour le moment, rien ne colle dans ce qui est raconté, tout reste à vérifier. Je n'ai donc rien à dire", se contente-t-il de nous communiquer.

 

Le député de Paris Jean-Marie Le Guen affirme également à l'AFP que "cette affaire ne ressemble en rien à DSK", et demande de "se garder de toute conclusion..." Son camarade Jean-Christophe Cambadélis en appelle aux pires ratés de la justice française : "Je me souviens encore trop de l'affaire Patrice Alègre ou, dans un autre registre, de celle de l'espionnage de Renault, où des innocents ont été accusés à tort", écrit-il sur son blog. "Toute cette histoire ne lui ressemble pas. Dominique Strauss-Kahn va bientôt pouvoir parler, se défendre", ajoute-t-il.

 

Le maire de Grenoble Michel Destot, très actif ces derniers temps pour préparer l'atterrissage de DSK, nous fait savoir qu'il ne réagira que dans le cours de la journée. Silence radio pour l'instant. L'entourage de Jean-Paul Huchon, le président du conseil général d'Ile-de-France, nous fait simplement savoir qu'il est "bouleversé", qu'il "pense à sa famille." Pour le reste, il attend d'en savoir plus.

Charlotte Chaffanjon

 

Source : le Point.fr