J'ai trouvé ce commentaire sur l'articleLA FRANCE FAIT LE BILAN DE SA POLITQUE AFRICAINE très intéressant et pertinent que je me permet de l'afficher en tant qu'article.

LE DRAME DE L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT
On continue…
Dix mois après sa prise de fonction à la Présidence de l’Agence Française de Développement, Dov ZERAH commence à susciter critiques et mécontentements.
Il ne fait que poursuivre dans la voie de grande gabegie qu'emprunte l’Aide Publique au Développement, quelle que soit son origine, depuis les indépendances.
« En Afrique les projets de Lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations ! ».
C’est une femme admirable qui le dit.
Une Sénégalaise qui depuis Saint-Louis œuvre inlassablement pour aider les femmes de la vallée du fleuve Sénégal à faire renaître l’agriculture de la région. Les hommes eux sont, contre l’avis des femmes et au péril de leur vie, partis en Europe pour essayer de gagner quelque argent…
« L’AIDE FATALE : Les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l'Afrique ».
C’est Dambisa MOYO, une autre Africaine qui a écrit ce livre, elle sait de quoi elle parle pour avoir travaillé à la Banque Mondiale…
« Ne pas avoir peur de dire aux Africains qu'on veut les aider, mais qu'on veut aussi que cela nous rapporte…/… ».
C’est un homme qui le dit, un Français, le Secrétaire d’État à la coopération, le même qui ajoutera un peu plus tard qu’il faut créer un loto pour financer l’aide publique au développement ! ».
« 6 mars 2011, une visite de 24 heures est organisée en Tunisie centrée sur les "coopérations concrètes" dans les domaines de l'énergie, des transports et de l'eau»
C’est une femme qui l’a fait, le Ministre du Développement dit durable, accompagné d'une dizaine de personnes, dont le président de l'Agence française de développement (AFD) Dov Zerah, et celui de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) Philippe Van de Maele.
Voilà donc qu’au lieu de profiter des grands changements qui se produisent dans ce pays, pour l’aider enfin à se développer en respectant la priorité des priorités : le secteur primaire, nous repartons gaspiller un argent que nous n’avons pas, pour des actions dites de « coopération concrète », qui
n’apporteront rien à ce pays, mais dont nous espérons sans doute qu’elles nous rapportent !
Tout a donc été dit et sur le constat d’échec de l’aide et sur le peu de chances qu’il y a dans sortir si l’on continue à refuser les leçons qui auraient dues être tirées de ce constat.
Jacques DIOUF le Directeur Général de la FAO n’arrête de le calmer haut et fort : « Nous ne
sortirons de la famine qu’en aidant ces pays à assurer en priorité leur autosuffisance alimentaire ». Or au lieu de le faire en commençant par le développement de leur secteur primaire, ce qui permettrait aux populations de vivre dignement dans leurs meubles, nous recherchons des marchés permettant d’assurer notre précieuse et sacro–sainte croissance.
Nous recherchons au travers de l’immigration prétendument choisie une main d’œuvre pour des taches que nous ne voulons plus accomplir.
Au lieu d’aider ces pays à assurer leur développement en commençant par atteindre leur autosuffisance alimentaire, non seulement nous les incitons à faire de l’agriculture industrielle en
prétendant, imbécillité suprême, qu’ils dégageront les devises nécessaires à l’achat chez nous de leur nourriture ; mais nous leur faisons comprendre en prime que notre aide à leur développement doit avant toute chose nous rapporter.
Au lieu d’aller écouter et soutenir Jacques DIOUF et la FAO au sommet de
ROME sur la faim, nos chefs d’État irresponsables et inconséquents, ont préféré
se livrer aux pitreries de COPENHAGUE, dont il ne pouvait rien sortir s’agissant
de la recherche de solutions à un faux problème.Nous avons pendant deux décennies tenté de mettre en place des outils de développement, de financement notamment, qui ont fait la preuve de leur inefficacité et accentué pauvreté et famine dans les pays que nous entendions aider.
Ce furent les funestes « ajustements structurels » imposés par la Banque Mondiale qui, pour simplifier, consistaient à pousser les pays à une indépendance et autonomie financière.Il fallait pour cela se procurer des devises, ce qui était fait par des cultures industrielles exportées alors que le niveau prioritaire d’autosuffisance alimentaire n’avait pas été atteint.
Le résultat fut qu’il était impossible d’importer les ressources alimentaires de base en raison de la
faiblesse des devises obtenues dans le cadre d’une organisation mondiale du commerce qui assassine les plus faibles.
La Banque Mondiale dans cette phase avait rejeté violemment le modèle d’organisation coopérative du secteur agricole, et notamment la toute première étape de ce modèle remise à l’honneur
par Muhammad YUNUS : la micro-finance.

La Banque Mondiale et les organismes de distribution de l’aide publique au développement affligés du syndrome du thermostat, qui fait qu’en matière de pensée nous agissions comme avec cet appareil dont nous ne connaissons que les positions extrêmes, revenait brutalement dans une deuxième phase à Muhammad YUNUS à sa Grameen Bank et à la micro-finance sans imaginer que cette toute première étape d’un modèle millénaire devrait bien vite être dépassée.
Les Pionniers de Rochdale en 1843, les producteurs de fourches de micocoulier dans le Gard en 1661, les créateurs de fruitières et autres tontines se référaient à des traditions ancestrales que l’on trouvait déjà chez les agriculteurs de Babylone, pourquoi l’outil mis en place dans nos agricultures il y a plus de cent ans ne serait il pas le modèle incontournable à développer chez ceux qui attendent que nous les fassions bénéficier de notre expérience ?
Ce n’est pas parce que le merveilleux outil de la coopération est dépassé ou n’a plus lieu d’être chez nous que nous devons en rejeter l’utilisation dans les agricultures émergentes, ou en rester à ses
toutes premières étapes comme nous nous obstinons à le faire avec la
micro-finance.
C’est cet outil qui dépassant très vite la toute première étape de la micro-finance a permis, il y a plus d’un siècle, à nos agricultures de connaître le développement que l’on sait alors qu’elles étaient dans la situation de celles que nous prétendons aider.

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
CONFUCIUS
Philosophe, historien et homme d’Etat chinois « Yah ça m’a mordu, Back to the trees ! », retour aux arbres ! rugit oncle Vania notre lointain ancêtre face à l’apport trop brutal du feu qu’Édouard était allé chercher bien loin (Roy Lewis : « Pourquoi j'ai mangé mon père »).
Apprends–nous plutôt à pêcher ! Sans nous renvoyer dans les arbres.

Jean-Pièrre CANO