drapeau_FRANCECoup de tonnerre sur la présidentielle ? Selon un sondage réalisé par l'institut Harris Interactive pour «le Parisien» -«Aujourd'hui en France» à paraître ce dimanche, Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle avec 23%. Elle devanceNicolas Sarkozy et Martine Aubry, crédités tous deux de  21%.

Si le premier tour du scrutin se déroulait dimanche prochain, le scénario du 21 avril 2002 serait même dépassé. Jean-Marie Le Pen était arrivé en seconde position au premier tour après Jacques Chirac et devant Lionel Jospin. 

Bayrou crédité de 8%, Villepin et Joly de 7%

Dans cette enquête, le président du MoDem, François Bayrou, arrive en quatrième position des intentions de vote (8%), suivi au coude à coude par l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui a rendu sa carte de l'UMP, et l'eurodéputée Europe Ecologie-Les Verst Eva Joly, crédités de 7%. Olivier Besancenot (LCR) et Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) obtiennent 5%.

Sur le terrain, le capital sympathie de l'héritière du FN progresse

La nouvelle présidente du Front national, qui a succédé à son père mi-janvier et annoncé, dans la foulée, qu'elle se sentait légitime à représenter le FN dans la course à l'Elysée, avance ses pions depuis des semaines, séduisant de plus en plus parmi les classes populaires. 

Sur le terrain, l'héritière de Jean-Marie Le Pen «passe bien», son capital sympathie augmente. Ainsi au salon de l'Agriculture, sa visite a-t-elle été très suivie, et ne s'est pas accompagnée des remarques désobligeantes habituelles. Elle semble bénéficier d'une actualité politique dense, voire cacophonique : à la démission de Michèle Alliot-Marie sur fond de révolution tunisienne, se sont ajoutés le débat sur la laïcité, qui se concentre sur la place de l'islam en France, et l'inquiétude de vagues d'immigration du Maghreb vers l'Europe et la France.

Ce sondage devrait en tout cas renforcer ceux qui, à droite, jugent dangereux que la majorité présidentielle lance tous azimuts ces discussions, destinées à couper l'herbe sous le pied des frontistes. Patrick Devedjian par exemple, craint que le FN ne devienne «le centre de gravité» de ces débats.

Enquête réalisée en ligne par l'institut Harris Interactive du 28 février au 3 mars 2011. Echantillon de 1618 individus issus de l’access panel Harris Interactive, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle de l’interviewé et taille d’agglomération et vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2007.

Réactions des Principaux Leaders :

LePen___FNSurtout, la présidente du parti d'extrême droite voit dans ce sondage «qu'il existe une courbe qui me laisse penser que de toutes façons Nicolas Sarkozy perdra cette élection présidentielle. Je pense qu'il ne remontera pas la pente. Il se cristallise sur lui une telle déception et un tel rejet de la part du peuple français que je pense que d'ores et déjà il est presque éliminé de ce second tour».
Tout en affirmant prendre «avec beaucoup de recul»ces sondages, Marine Le Pen dit espérer«qu'on assiste là aux prémices d'une réveil du peuple français (...). Les Français aspirent à une autre politique, ils ont envie de se donner un véritable choix au second tour : le choix entre un projet national, et un projet mondialiste qui peut être représenté soit par Nicolas Sarkozy, soit par Dominique Strauss-Kahn ou par Martine Aubry».

Aubry___PSInterrogée par Europe 1, la Première secrétaire du PS accuse le chef de l'Etat de faire le jeu du Front national. 
«Ce qui est clair, c’est que Nicolas Sarkozy joue à un espèce de quitte ou double depuis des semaines», réagit Martine Aubry au micro de la radio. Le président de la République «ne veut pas changer de politique donc il fait peur», accuse la patronne des socalistes. «Il avait commencé avec l’identité nationale, les Roms, maintenant ce sont les immigrés. Au lieu de se réjouir quand les peuples tunisien et égyptien se lèvent pour la démocratie, il fait peur aux Français comme si cela allait entraîner des hordes d’immigrés.» A ses yeux, «tout ça n’a aucun sens, c’est une stratégie pour masquer ses turpitudes et ses échecs.>>
Paille___UMPPAILLE : << Pour l'UMP, le risque d'être absente au second tour est réel>>
Le secrétaire national de l'UMP, Dominique Paillé, interrogé par BFMTV, constate «un certain désarroi dans la population française et une suspicion à l'encontre des partis traditionnels». Il appelle ces derniers à s'organiser face à la montée en puissance de Marine Le Pen. «Ces partis sont dans l'obligation de présenter un vrai projet, complet crédible.» 
Quant à l'UMP, Dominique Paillé juge indispensable de «n'avoir qu'un seul candidat» car «le risque d'être absent au second tour est réel», souligne-t-il.

Source : LeParisien.fr