LES DOLLARDS DE SANTULO

Coucou, revoilà Guido Santulo ! L’homme d’affaires, bâtisseur d’immeubles, de routes et même de Mosquées de la deuxième République est revenu voir la Troisième République à ses débuts.

Cette fois-ci, il est arrivé dans la capitale guinéenne dans la dernière décade de janvier dans un jet privé. Cette arrivée coïncide avec la mise en route de la nouvelle politique de l’habitat qui consiste à récupérer patrimoine bâti et non bâti de l’Etat. Et Dieu sait que le Guinéo-Italien en a brassé de ces affaires-là dans le pays sous le règne de feu Général Lansana Conté.

Dans l’esprit de plus d’un Guinéen, Guido Santulo est de ceux qui ont spolié l’Etat. De la cité Chemin de fer aux villas et immeubles ‘’privés’’ un peu partout à Conakry en passant par l’hôtel Bel Air et la route qui y mène. La croyance populaire fait de Santulo ‘’le vrai propriétaire’’ du patrimoine bâti ‘’guinéen’’. Après le décès du Général Conté, il était revenu en Guinée en compagnie du Chef de l’Etat Bissau-guinéen de l’époque, feu Nino Viera.

Les autorités de la Transition ont voulu mettre le grappin sur l’homme d’affaires. Celui-ci s’est longuement expliqué sur la Cité de Chemin de fer où ‘’il ne détient que deux ou trois immeubles. Le reste est du patrimoine de l’Etat guinéen.

En janvier 2011, l’histoire a failli se répéter aux dépens de Santulo. En se corsant. Le Général Mathurin Bangoura ne fait aucun mystère de vouloir ‘’rentrer en possession de tout le patrimoine bâti et non bâti de guinée’’. Et le patron de Séricom Guinée fait l’objet de plus d’un soupçon d’avoir acquis les biens de l’Etat guinéen. Et c’est à cette manière d’acquérir que s’intéressent les nouvelles autorités. Et le 26 janvier dernier, M. Guido Santulo a voulu embarquer à bord de son jet privé, à l’aéroport international de Conakry, il en a été empêché. Et de façon on ne peut plus énergique. ‘’Des militaires sont venus placer un tracteur agricole devant l’appareil, M. Santulo a beau expliquer qu’il avait rendez-vous avec M. Ali Bongo le président du Gabon, peu avant le sommet de l’Union Africaine de Libreville, rien n’y a fait.
L’avion n’a pu décoller. ‘’Ils sont venus tomber sur moi comme des terroristes’’, il a déclaré à une agence de presse occidentale, en Suisse. Pour décoller de Conakry, Guido Santulo a affirmé avoir dû mettre la main à la poche, et déboursé la bagatelle de 400 000 dollars US pour que son pilote puisse mettre les gaz. Il ne finit pas de s’en plaindre. Il y a de quoi. Jadis, même ses formalités étaient une formalité à l’aéroport international de Conakry–Gbéssia. Les temps ont changé.
L’on se demande, dans quelle poche sont partis les 400.000 dollars ?

Source : GuineeLive