Des militaires prisonniers de Sékouba Konaté font appel à la clémence du Président guinéen

Des militaires prisonniers de Sékouba Konaté font appel à la clémence du Président guinéen

La Guinée, dans la recherche de l'unité nationale, cisaillée en de nombreux endroits par le Général Sékouba Konaté,  fait appel à votre droiture et humanisme, le Président de tous les Guinéens, Professeur Alpha Condé.

Mon Président,  Humanisme, j’ai dit !

En effet, pour se venger de son « ami », le Général "Tigre en papier" avait volontairement et abusivement arrêté des proches de celui qui l'avait préféré à tous leurs frères d’arme. Pour cela, il lui avait accordé une confiance démesurée et aveugle. Il en était devenu sourd voire autiste si bien qu'il n'écouta pas les mises en garde, certainement, de ceux qui lisaient ou savaient interpréter les signes des forfaitures chez un fourbe.

Pendant ce temps, « l’ami-frère » creusait la tombe de son bienfaiteur. La suite, chaque Guinée le sait, mais c’est le secret de polichinelle pour tout le monde au pays. Pourtant, le silence tue, lentement, sûrement, mais de façon féroce et irréversible. Son arme est plantée dans la conscience qui secrète le venin tueur dans le corps de l’auteur d’un crime. Son effet transperce le mensonge qu'aucun secret, qu'aucun mensonge, ni la force brute et brutale ne peuvent durablement garder dans l'ombre des jeux diplomatiques ou politiciens. Lorsqu’il arrive au terme, il se transforme au contact de la lumière de la vérité en une fatale arme. Alors le temps, de manière implacable lâche abrupte, mais sans fioriture la flamme lumineuse qui éblouira, à jamais, les zones les plus denses entretenues pendant longtemps par le sceau du secret mensonger. L’inconscient de la conscience meurtrière brisera la barrière qui enserrait en son cœur, la vérité.

Ce jour, le diable sera dénoncé. A l’heure fixée, le démon se dévoilera. Au moment dit, les Guinéens découvriront le vrai visage parce que le masque tombant le quittera. La splendeur de la vérité fera grandir, tel le baobab en pleine savane, celui que l’on voulait tuer.

Et les échos lointains, pourtant trop proches, parce qu’il ne s’agira pas d’échos, mais du film se déroulant d’un crime manqué et mélangé de réussite.

Oui, compatriotes Guinéens, un jour, le soleil du verdict se pointera à l’horizon azuré du ciel guinéen et fera tomber le masque lourd qui ne sera devenu que trop lourd à porter. La sentence exigera de son porteur de s’en libérer. Voilà le schéma de la divine justice.

Alors avant que ne s’accomplisse l’œuvre du Grand Maître, Architecte de l’Univers, monsieur le Président, une partie de ton peuple s’adresse à vous. Elle veut la liberté que l’injustice les en prive comme il en a été, un moment lorsque vous combattiez cette injuste pratique-là dans notre pays à la démocratie naissante.

Acceptez, monsieur le Président de donner la liberté à ces Guinéens qui veulent, ensemble, avec tous les autres concitoyens, vous accompagner à réaliser le changement de notre chère Guinée.

Puisque je ne suis pas leur porte-parole, monsieur le Président, écoutez leur voix qui vient des cellules noires de l’escadron de la gendarmerie n°3 où le pasteur Michel Lazare Loua a été lâchement, et avec barbarie rare, tué sur commande. A côté de son corps encore chaud déposé à l’hôpital, le commanditaire fit laisser ce bout de phrase sur un bout de papier : « Tuer pour complot. » Une famille dont la mère attendait un enfant ne verra plus le chef. Fin triste d’un séjour au pays natal ! Donc Président, Alpha Condé écoutez les pères d’une partie de la famille guinéenne qui fait appel à votre grandeur d’âme.

Jacques KOUROUMA

                                                                                                                       Conakry, le 27 Décembre 2010

                                                                  Officiers de l’Armée détenus
                                                                  à l’Escadron de Gendarmerie
                                                                   N°3 de matam

Objet : Demande de libération                      

                                                    A Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée,
                                                     Ministre de la Défense Nationale,
                                                     Commandant en Chef des Forces Armées de Guinée

Excellence Monsieur le Président,
Tolérez et acceptez que des soldats de votre armée, faute de pouvoir prendre contact directement avec votre haute autorité, puisque privés de leur liberté depuis neuf (9) mois, viennent très respectueusement par la présente lettre vous informer de la triste situation dans laquelle ils se trouvent et par la même occasion solliciter votre secours.
Mais permettez nous avant tout de nous acquitter de ce noble devoir, celui de vous adresser de pureté de cœur, toutes nos félicitations pour votre brillante victoire qui vous hisse aujourd’hui au sommet de l’Etat Guinéen.
Excellence Monsieur le Président,
C’est dans la matinée du 31 mars 2010 que nous avons été interpellés sur ordre du général Sékouba Konaté et conduis  au PM3 où nous avons été détenus pendant deux (2), mois avant d’être transférés à l’Escadron de Gendarmerie N°3 de Matam où nous dormons à même le sol depuis sept (7) mois.
Monsieur le Président,
Faute de nous avoir signifié à ce jour les motifs de notre arrestation que nous considérons illégale et arbitraire, notre seul tort est d’être des parents de l’ancien Président, le Capitaine Moussa Dadis Camara.
Nous venons donc très respectueusement solliciter auprès de votre excellence notre libération afin de nous donner la chance de continuer de servir à vos côtés notre chère patrie, la Guinée.  Dans l’espoir que nos doléances connaitront un écho favorable auprès de votre haute autorité, nous vous prions excellence Monsieur le Président, Commandant en chef des Forces Armées Guinéennes, d’accepter l’expression de notre très haute et respectueuse considération.

P/J : Liste complète des auteurs de la présente lettre

Liste des officiers, Sous-officiers et hommes de rang détenus
1.          Lieutenant Colonel Gono Sangaré
2.          Lieutenant Colonel Bienvenu Lamah
3.          Lieutenant Colonel Jean L. PGomou
4.          Lieutenant Colonel Jacques Sagno
5.          Capitaine          Noumèny PGomou
6.          Adjudant           Jacques Maomi
7.          Caporal-chef       Philipe Lamah
8.     Et 9 Recrues

Source: Journal Le Défi N° 176 du lundi 03 Janvier 2011