MONSIEUR BECHIR BEN YAMED…..VOYONS!

Un proverbe mandingue enseigne ceci :

‘’Quelle que soit la maîtrise qu’il peut en avoir, l’homme sensé évitera quand même de s’asseoir sur le museau de son cheval !’’.

En somme, un minimum de sagesse, Monsieur, aurait dû vous retenir maintenant, nous sommes en fin 2010 ! Vous devriez retenir maintenant vos sentences lugubres, vos récriminations et vos arrêts péremptoires sur l’histoire guinéenne ; il y a une limite à tout, monsieur ! Sauf que, bien-sûr, le propre de certaines catégories de gens, c’est de la franchir toujours, cette limite, avec l’allégresse du déficient mental. Car, hélas, on est si nombreux et si divers dans la Création divine !

Tenez ! Moi, M. Béchir, je suis un Guinéen. Un retraité de l’Administration de chez nous. Or, pendant ma carrière de fonctionnaire, j’ai foulé le sol de 30 pays en Afrique, en Europe, en Asie et en Amérique. Je suis allé en France par exemple 28 fois au moins. Toujours en service, et je n’ai jamais séjourné pendant un an en dehors de la Guinée. Je n’ai donc servi que mon pays, la Guinée : d’Albadarriah, Banama ou Bardou, petits villages de chez nous, avec des centaines d’autres, que notre indépendance a émancipés sans flonflons et sans complexe, en passant par Adis Abeba, sous les auspices de la CEA de l’ONU, par Cotonou, par Blantyre, où il y a un chaud-quartier appelé Limbé, ou par Limbé, petite Ville industrielle du Cameroun. Toujours en service, avec de petits tours de remise à niveau : au CEFEB, en France, et à l’Université Lumière (Lyon II), ou encore à celle du Michigan (Ann Arbor), c’est aux Etats-Unis.

Comme tout citoyen normal de n’importe quel pays, je n’étais motivé que par la noblesse et la dignité de ma fonction. Exactement comme le régime du PDG d’Ahmed Sékou Touré nous avait éduqués à le vivre.

Et puis le Fromager de l’Afrique s’était couché, en fin Mars 1984. Alors, Georges Bush-père, Vice-président des Etats-Unis à l’époque, vrai patron des renseignements dans le Monde, et Pierre Maurois, qui n’était pas, je suppose, moins informé sur notre cher Président défunt, aux côtés de Yasser Arafat, Houphouët-Boigny, Abdou Diouf, Samora Moïse Machel et Julius Nyerere, entre autres Monuments du monde bipolaire d’alors, étaient tous venus à ses obsèques, qui n’ont pas encore eu de pareille…. M.Yamed ! C’est drôle qu’en tant que ‘’journaliste’’, c'est-à-dire, normalement, un interprète de la Réalité, vous ne teniez aucun compte de celle-là, dans vos chroniques….Quelle injure à l’honneur et à la personnalité de toutes ces célébrités accourues, avec spontanéité, pour rendre hommage à un des plus grands combattants de la liberté, de la dignité humaine, et de la paix du XXème siècle, et pour rendre hommage au grand Peuple dont il a incarné les vertus. Enfermé dans le prisme lilliputien qui constitue votre univers exclusif, l’étroitesse de votre vision bloquée dans un angle pointu, ne pourra vraisemblablement jamais s’étendre qu’aux seuls parangons les plus achevés du ‘’fantochisme’’ françafricain !

Et c’est justement en cela que vous êtes, monsieur Béchir Ben Yamed, de ceux qui s’étaient senti les plus servis par le décès de notre premier Président, le dépositaire de tous les pouvoirs du Peuple de Guinée. Oui, monsieur, vous êtes de ceux que son décès avait servi le plus ! Vous ne pouvez pas le nier, et je vais vous le démontrer.

En effet, Mr, votre ‘’héros’’ guinéen, c’était votre copain Siradiou Diallo. Vous ne cessez de le clamer, comme pour imposer votre choix à tous ! Quand ‘’Sékou’’ est mort, c’est donc bien ‘’vous-là’’ qui avez pris le pouvoir, avec le Colonel Lansana Conté. Ce qui avait permis au terroriste avéré et récidiviste que fut votre ami Siradiou pour notre peuple, de s’en revenir ici non pas pour aller en taule comme cela eût été normal, mais pour devenir ce qu’on en avait vu. C’est-à-dire, en même temps que des confusionnistes comme Bâ Mamadou (dit Banque mondiale), et d’autres terroristes encore, comme un certain Bah Lamine (dit ‘’Grenades’’), les plus proches Conseillers du fameux CMRN de Conté dès le début. Et plus tard, les plus ardents complices du PUP pour obstruer tout passage à Alpha Condé vers le pouvoir : ils avaient dit alors qu’il valait mieux Conté, même s’il devait mettre le feu à la Cité, qu’un ‘’Malinké’’ ! Parce que, ne nous cachons de rien, c’est seulement en tant que tel qu’Alpha Condé était perçu. Et ‘’Jeune Afrique’’, pendant ce temps, encensait votre ‘’Président-Paysan’’ de Gbantama.

Eh bien ! Moi, M. Ben, lorsque j’avais compris la nature de ‘’votre’’ Régime-Conté, qui se résumait à la destruction de tous les acquis de notre indépendance et de notre première République, dans le but d’effacer Ahmed Sékou Touré comme avec un chiffon mouillé, et mettre ainsi en relief la seule ‘’noirceur’’ d’un tableau passé à l’ardoisine, dans une classe bourrée d’élèves abrutis, à l’image desquels vous vouliez ravaler notre peuple, lorsque j’avais compris tout cela, M. Yamed, moi j’avais tout simplement accroché à un clou l’obligation de réserve devenue inappropriée, où le ‘’haut’’ fonctionnaire de Guinée s’était laissé piéger. J’ai combattu, dans la faible limite de mes moyens, l’odieux Régime-Conté, que vous aviez soutenu à fond, et que vous n’avez même pas honte d’inclure maintenant dans votre verve diabolisatrice de notre pays, parce que vous avez échoué à faire gommer notre indélébile ‘’28 Septembre 1958’’. C’était votre ‘’Régime’’, M. Béchir, vous et vos semblables. Votre ‘’Régime’’ qui, donc, s’était longuement attaché à précipiter notre Guinée de la cime altière où elle était admirée, dans l’abîme grouillant de serpents à sonnettes et de crocodiles en tous genres, et d’où notre peuple héroïque va essayer de la tirer maintenant…. Il faut pour cela que vous nous ‘’foutiez’’ la paix tout d’abord bien-sûr, monsieur.

Et si vous prenez Alpha Condé pour un naïf, après sa traversée du désert qui, comme pour tous les Meneurs d’Hommes agréés par Dieu, a été pour lui aussi, purificatrice et révélatrice de Vérité inaltérable, alors, Mr Béchir Ben Yamed, vous vous trompez lourdement.

Ceux et celles qui ont massivement porté le Président Alpha Condé à Sékoutouréyah, connaissent parfaitement de quel côté se trouve votre sympathie, M Ben. Et si à la suite du dépit sans remède, qui sera toujours le vôtre en ce qui concerne la Guinée, vous épanchez votre fiel en soutenant que notre pays était en perdition, et notre peuple frappé de malédiction, si vous essayez en même temps de ‘’séduire’’ Alpha en tentant de l’opposer à ces réalités, qui sont on ne peut plus intimement les siennes, vous n’en serez qu’à vos frais, monsieur.

C’est comme j’ai entendu récemment un jeune journaliste guinéen, aux accents caractéristiques du donquichottisme dont vous êtes incurablement atteints dans la catégorie qui vous est commune, poser une question idiote lors d’un débat radiophonique. Il avait dit en substance : ‘’La Guinée a maintenant un Professeur comme Président, que faut-il en attendre? Parce que nous savons que le Premier Président Guinéen Sékou Touré, même s’il était très cultivé, n’était qu’un autodidacte, tandis que Lansana Conté lui, était un Général….’’!

Toujours vos postulats réducteurs pour Sékou Touré !….et plutôt laxistes envers Conté!

Pourquoi ne pas s’interroger alors sur le niveau intellectuel de l’Almamy Samory Touré, qui a défendu la souveraineté de sa patrie pendant dix huit ans, face aux hordes d’invasions coloniales les plus barbares de notre histoire, celles de la France ? Et pourquoi ne pas comparer aussi les rôles, les faits et les actions historiques des Généraux : Charles de Gaulle pour la France, et Lansana Conté pour la Guinée?

Oh ! Que notre monde est si plein de grands malades, qui se prennent pour des ‘’Phares’’, que pourtant nos masses laborieuses se soucient si peu de connaître, ou pas!

Parlant de notre pays, vous avez bien dit ‘’perdition’’, non? Il ne s’est pourtant jamais écroulé, malgré la longue et terrible guerre pourrie que vous n’avez eu de cesse de nous livrer! Vous avez dit aussi ‘’malédiction’’ en parlant de notre peuple ? Lui qui cependant, a reçu, et qui reçoit encore, tant de millions de ‘’Réfugiés’’ venus de vos pays modèles, et jamais le contraire ? Je prie Dieu de vous donner acte de vos intentions et paroles malveillantes envers nous, et qu’Il vous en rétribue à la mesure des nuisances, frustrations et douleurs que vous nous infligez avec tant d’acharnement. A nous qui nous demandons sincèrement comment des gens de votre qualité peuvent-ils se cloîtrer dans des clichés faux et bêtement méchants, et dans une rhétorique structurée autour de ‘’mensonges convenables’’ pour milieux esclavagistes, dont vous acceptez d’être les aboyeurs, contre un pays comme la Guinée, et un Peuple comme celui du 28 Septembre 1958. La Guinée du NON au référendum Gaulliste qui, qu’on le veuille ou pas, est à l’origine de toutes les avancées actuelles de l’ex-empire colonial français d’Afrique Noire, tant en matière de ‘’Démocratie’’, de ‘’Droits Humains’’, que de ‘’Gouvernance’’, etc, etc…Toutes choses sur lesquelles le Colon Blanc soulageait naguère sa vessie sans état d’âme. Toutes choses que nos Peuples construisent et mettent en œuvre au fur et à mesure depuis un peu plus du demi-siècle qui nous éloigne maintenant de notre irremplaçable, incorruptible et titanesque NON historique, qui vous constipe encore si douloureusement: vous, vos semblables et vos maîtres. Que Dieu juge entre vous et nous, monsieur ‘’Jeune Afrique’’, sans indulgence aucune, et vivement! Amîne !

Soub’ Hânallâhi wabiham’dihî, astakh’firoullâhi wa atoûbou ilaïhi !Wassallalâhou alâ Séyidinâ Muhammadine, wa alâ âlihî, wa Sahabihî

Wa Sallim.

Conakry, le 28 décembre 2010.

Aly Bocar CISSE :  cissedebma@yahoo.fr

Professeur et Administrateur Civil à la Retraite

Tél. : 64-33-37-70 / 62-27-88-89