Dadis<< Je ne souhaite pas repondre à celui qui m'obéissait et qui avait toute ma confiance >>

Comme précédemment annoncé par Guineelive, le président par intérim a refusé au président titulaire de rentrer au pays pour assister à l’investiture du président démocratiquement élu, Alpha Condé.

Pour la petite histoire, il faut dire que le président du conseil national pour la démocratie et le développement, le capitaine Moussa Dadis Camara est venu au pouvoir le 23 décembre 2008 par un coup d’état à la suite du décès du président Lansana Conté.

Un an après, il a reçu une balle dans la tête des mains de son  aide de camp, le tristement célèbre, le lieutenant Aboubacar Toumba Diakité. Et depuis, la suite est connue et ses parutions publiques et autres déclarations se font rares.

De Rabat où il a été évacué, il est depuis quelque mois en convalescence à Ouagadougou, le pays du médiateur dans la crise guinéenne, le président Blaise Compaoré.

Et c’est le dimanche 19 décembre qu’il a finalement choisi pour rompre enfin le silence dans l’émission « Grande interview » de nos confrères de la chaîne de télévision panafricaine « Africable » où il était l’invité.

Dans cet entretien, l’ex chef de la junte, le capitaine  Moussa Dadis Camara a parlé de sa arrivée au pouvoir, ses relations avec son ami et frère d’arme, Sékouba Konaté et  le dossier du massacre du stade du 28 septembre.

A en croire au capitaine Dadis, son  arrivée au pouvoir au lendemain de la mort du général  Lansana Conté n’était pas  fortuit encore moins un fait du hasard comme le prétendent certains.  Un simple capitaine ne peut pas jaillir d’un coup au milieu des colonels, des commandants et des généraux pour prendre le pouvoir, a dit en substance Dadis Camara.  Avant d’ajouter « Je ne commandais pas de troupe. Mais j’étais à un endroit où mes relations avec les hommes en uniformes étaient parfaites. Tout le monde disait que le capitaine Dadis est généreux et honnête. Pratiquement, c’est ce qui a été ma chance. Mais dire que c’est le Général qui m’a donné le pouvoir, je trouve cela  comme de l’exaspération ».

Pour ce qui est  de ses relations avec le président par intérim, Sékouba Konaté, Dadis  a souligné qu’elles étaient bonnes à la  signature des accords de Ouagadougou, le 15 janvier 2010.

« Actuellement les choses ne sont plus comme avant. D’ailleurs, tout le monde a écouté un journaliste qui a rapporté ses déclarations sur ma personne. Je ne reviendrais pas sur cette déclaration pour la simple raison que j’ai décidé de ne pas lui répondre. Mais sachez que la population lui a répondu à Conakry, je suis  tranquille ».

Pour son retour au pays, Dadis se dit confiant «  Je suis venu à Ouagadougou pour des raisons de convalescence et très bientôt j’adresserais un message au Président Blaise  Compaoré pour lui dire ce que je  pense  pour la suite  ».

Et la répression du lundi 28 septembre 2009 ?, Dadis s’est dit rassuré et innocent, « un jour, Je souhaite vraiment que la vérité triomphe dans ce dossier ».

Pour sa gestion du pouvoir, Moussa Dadis Camara a déclaré «  Je reconnais avoir touché à beaucoup de choses à la fois. Et j'ai été mal compris. La Guinée est en retard, j'ai essayé de redynamiser les accords. J'ai engagé des réformes, la lute contre la corruption mais des intérêts ont été touchés ». Avant d’ajouter que ceux là dont les intérêts étaient menacés ont donné « une autre image » à sa personne.
Sur la question de savoir s'il était  au courant d'un accord entre la France, les Etats-Unis et le Général Sékouba Konaté  pour l’éloigner  du pouvoir, Dadis a passé sous silence le nom des puissances occidentales avant de déclarer «  les accords de Ouagadougou n’ont pas été respecté. Il était convenu que je soit informé et consulté avant toute prise de décision ».

Pour ce qui est de ses relations avec Sékouba Konaté, Dadis a le sentiment d’avoir été trahi. Pour les propos de Sékouba pas du tout catholiques et vexants sur RFI à son égard, Dadis a tenu a précisé «  je ne souhaite pas répondre à celui qui m’obéissait et qui avait toute ma confiance ».

Almamy Kalla Conté

Source : guineelive