NOS 50 ANS DE MISERE !

Moi, je suis estomaqué, ébahi, par l’aveugle attachement de certains d’entre nous les Guinéens, à nous maudire nous-mêmes. On dirait que nous n’avons aucunement peur des effets négatifs de nos déclarations lugubres sur nous-mêmes, et sur notre pays ! C’est comme si dans la Création, nous ignorions tout de la puissance, du pouvoir immanent de la parole. De l’extraordinaire et exceptionnelle réceptivité que DIEU réserve à la parole en tant que donnée exclusive de SA part à l’homme, à l’homme seul et à nul autre, sauf lorsqu’IL décide de l’attribuer à un non-humain, juste pour la transmission d’un message, toujours et uniquement à l’Homme.

Depuis quelques années, peut-être deux, et un peu plus, nous avons composé une hymne à notre misère. Une hymne bravement, courageusement entonnée par des ‘’gens’’, à propos de tout et de rien. Or, le plus effarant, c’est que les Ténors et les Barytons les plus remarquables de ce chœur du dégoût de soi-même, ce sont les filles et les fils les plus comblés de notre pays.

Et au nombre de ces enfants gâtés, choyés par Dieu, qui accusent ce Dieu d’avoir plongé notre pays dans la misère et la douleur sans trêve, je n’ai pas été peu surpris de compter récemment un de nos ‘’frères’ , né dans un petit village noyé dans le bourbier colonial (comme le mien alors !) au milieu des années 1940, au moment où certains de nos aînés engageaient le combat le plus sacré qui soit, celui de la liberté, correspondant pour nous à la décolonisation de notre pays, bien sûr, mais à celle aussi de toutes nos structures culturelles, y compris l’Eglise de Guinée. Un combat que nos aînés avaient gagné de haute lutte. Je n’ai donc pas été peu surpris d’entendre ce ‘’frère’’, que rien dans ce pays n’a empêché d’évoluer (il nous avait laissé au petit lycée de Dalaba…), et de s’élever, dans le cadre du nouveau statut de notre pays libéré, pour devenir aujourd’hui un Cardinal (Comme Richelieu et comme Mazarin… j’en éprouve du vertige !). Un Cardinal donc, issu de l’Eglise africanisée de Guinée par les soins du père de notre Nation que les gens ne veulent pas nommer : Ahmed Sékou Touré

J’ai nommé Mgr Sarah Robert, désormais Son Eminence.

Mais voilà ! Puisque nombre de nos filles et fils, les plus ‘’Instruits’’, les plus ‘’Nantis’’, les plus ‘’Haut placés’’, c'est-à-dire notre ‘’Elite’’, se sont donné le mot pour prôner à satiété que notre Peuple n’a connu que la misère pendant les 50 dernières années, on est en droit de se demander si c’est par rapport à une prospérité pendant les 60 années de règne colonial qui ont précédé nos ‘’52 années’’ d’indépendance tant décriées maintenant. Sinon, misère pour misère, puisque nous en voulons tant, je crois qu’il serait plus juste d’en porter la durée aux 112 ans d’existence du territoire guinéen, depuis que le colonialiste français l’a délimité à partir de 1898.

Vous savez, camarades, on a dit et fait tant de choses sur fond de haine ethno-régionnaliste dans notre pays, de la part de gens tellement aveuglés par la mesquinerie, la petitesse et la jalousie, que nous devons nous attendre, faute d’un repentir éclatant, à l’effet boomerang de nos méchancetés gratuites, soit à titre individuel, soit à titre collectif. Et qu’il ne vienne à l’idée de personne que DIEU appartient à quelqu’un !

Mais, lorsque TU feras la Rétribution, mon DIEU TOUT MISERICORDIEUX, fais que je n’en sois pas touché. Moi, et toutes celles et ceux qui, comme moi, sont conscients que la Guinée a vécu de longues périodes de joie et de bonheur populaires depuis son indépendance, selon TA Volonté ! Nous T’en rendons grâce TOI qui ES si présent en Guinée, chez nous ici. TU ES si LISIBLE !

Ceux qu’ils s’enorgueillissent de ‘’francs parlers’’ à l’effet d’humilier telles ou tels qu’ils haïssent, verront leurs salaires et les percevront sans aucun manquant. C’est sûr.

Soub’hânallahi wa biham’dihî, astakh’firoullah wa atoubou ilaïhi.

Wa sallallâm alâ Seyîdina Muhammadine, wa alâ âlihî,Wa sahabihî sallim

Aly Bocar Cissé,

Professeur et Administrateur Civil à la Retraite. Email : cissedebma@yahoo.fr

Tél : (00224) 64 33 37 70 / 62 27 88 89