Le Président Dadis sera t-il de la cérémonie d'investiture du futur Président de la République ?

DadisC'est la question que de nombreux citoyens se posent en ce moment en Guinée, au regard de l'événement qui pointe à l'horizon et qui se doit de se passer dans les conditions souhaitées. La président par intérim, le général Sékouba Konaté ne saurait se sentir affranchi de toutes ses obligations, que lorsqu'il aura apporté une réponse à la question qui se trou ve au cœur de son avènement au pouvoir. A savoir la question Dadis, cet homme que l'histoire du moment a tendance à passer sous silence...

Or, jusqu'à preuve du contraire le capitaine Moussa Dadis Camara est le président de la République et à ce titre, il doit mériter de la nation, être rétabli dans les droits que lui reconnaît son rang.
Cette condamnation dont il est aujourd'hui la victime, du fait de l'indifférence affichée à son égard par ceux qui, en premier lieu, auraient dû plaider pour lui et le rehausser tel qu'il les a rehaussés, à un moment donné, est loin de profiter à la réconciliation nationale tant chantée à toutes les tribunes, pour divertir les bonnes gens.
Au moment où la période transitoire tire à sa fin, que le pouvoir doit être rendu au président démocratiquement élu, il devient impératif que le président Dadis soit de la cérémonie d'investiture de son successeur et qu'en cette occasion, il lui soit reconnu, au moins un mérite parmi tant d'autres, le fait de s'être emparé du pouvoir, après le décès du président Lansana Conté, sans effusion de sang.
Aussi, était-il, en bien des circonstances, quand il n'était encore que simple officier dans les rangs de l'armée nationale, parvenu à éviter au pays de sombrer dans l'irréparable, en intercédant auprès des troupes pour une retenue ?
Dadis devra-t-il être lâché par ses compagnons du CNDD qui le désignèrent parmi tant d'autres officiers de réputation, pour diriger l'Etat guinéen, à un moment particulièrement difficile ? Ne devrait-il pas jouir du mérite, d'avoir affranchi la classe politique de sa léthargie, en lui ouvrant la voie à la conquête libre du pouvoir dans les conditions démocratiques ?
Victime de convoitises sournoises et de bien d'autres jeux occultes, il n'aura pas manqué de crier « Je suis entre lez marteau et l'enclume ». Autrement, je suis entre mes engagements de ne point garder le pouvoir et les contraintes des inassouvis qui me poussent à y rester, pour leur donner le temps de s'enrichir.
Pris dans l'étau de l'indécision, Dadis menacera de se défaire de sa tenue pour se présenter candidat à la future présidentielle. Le motif était tout trouvé pour vendre le capitaine à moindre prix à ceux qui revendiquaient sa tête.
Au-delà des faiblesses inhérentes au genre humain, le capitaine fut contraint d'accepter son retrait du pouvoir, sauvé par le Ciel qui l'accompagne dans sa retraite plutôt réconfortante. Il n'aura regretté qu'une chose, le fait de n'avoir pas été compris de son peuple.
Aujourd'hui, pour donner un sens à la réconciliation nationale, le président Dadis ne devrait-il pas être de la cérémonie d'investiture du futur président de la République ?

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Yarie Camara in Le Défi N°170 du 29 novembre 2010

Source : GCI