ciHier soir 25 novembre, à partir de 21 h, les deux candidats au second tour de la présidentielle ivoirienne, le Président Laurent Koudou Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara se sont affrontés pendant près de 3 h sur la 1re Chaîne de Télévision ivoirienne (RTI).
Autant les deux hommes sont restés courtois tout le long de l’émission, autant le journaliste ivoirien, Pascal Aka Brou a été, par la pertinence de ses questions, la gestion du temps de parole et l’aménagement du plateau du débat, excellent.
C’est ce dernier aspect que nous voulons développer ici. Car bien souvent il arrive que lors de grandes rencontres entre des journalistes et les personnalités du monde politique en Guinée, les premiers, par ignorance certainement, pensent qu’ils ont le droit de poser au delà du permissible, toutes sortes de questions.
A des moments cruciaux où les auditeurs et les téléspectateurs ont besoin de savoir quel est le contenu du programme d’un homme politique, les journalistes s’évertuent à lui poser des questions sur le nombre de ses épouses ou de ses divorces, questions qui visent plus à le déstabiliser qu’à tirer de lui le meilleur parti.
A titre d’exemple, on a vu ici un célèbre journaliste de la Télévision nationale, « casser » un grand débat avec le Président Alpha Conde à la veille des élections lorsqu’il a insisté à lui poser la question inattendue et brutale : « Monsieur le Président, il semble que vous vous mariez à chaque échéance électorale, qu’en dites-vous ? ».
Non seulement cela n’était pas vrai, mais la question a pris inutilement du temps qu’il n’en aurait fallu. Naturellement, le Président du RPG qui n’avait pas apprécié la question lui a répondu qu’il rentrait dans sa vie privée et que cette question n’avait rien à voir avec le débat du jour. Allant plus loin, il lui a dit « apprenez monsieur à être professionnel ».
Pour revenir au débat télévisé d’hier soir sur la RTI, il faut relever que le journaliste durant toute la durée de l’émission est resté très cadré dans le cœur de la préoccupation des électeurs ivoiriens : santé, économie, agriculture, diplomatie, défense et sécurité, etc.
Il y avait tellement de choses importantes à faire comprendre dans le programme des deux candidats, en ce moment crucial, qu’il n’a pas cru devoir s’incruster dans leur vie privée et distraire ainsi les téléspectateurs sur des questions plus qu’accessoires, voire superflues.

Il faut que les journalistes apprennent à être plus professionnel, plus pertinent, plus journaliste.

Sinon, qu’ils changent de métier.

Senkoun Wague

source  : Echosdeguinee