Lettre ouverte aux défenseurs des Droit de l'Hommes : Rétablissez l'Equilibre s'il vous plait !

Le Premier Ministre guinéen a eut tort de nier l’évidence des exactions et crimes commis par les forces de défense et de sécurité en Guinée ces derniers jours. Il aurait été plus sage de reconnaître qu’il y a eu des exécutions sommaires, en tout cas d’admettre au moins leur probabilité. Cela n’aurait pas fait de Jean Marie Doré un commanditaire ou un complice automatique de ces crimes, surtout si il avait prit l’engagement d’enquêter à leur sujet et de poursuivre les auteurs.

Les récentes arrestations opérées par le Gouverneur de la ville de Conakry au sein des forces de l’ordre apportent d’ailleurs un début d’éclairage sur ces probables excès des brebis galeuses de nos forces de sécurité.
Ceci étant, la réaction du Premier Ministre, qui rejoint celle de beaucoup de guinéens, traduit un certain agacement vis-à-vis de l’indignation sélective de plusieurs ONGs.
Il n’est pas possible de nier qu’il y a très probablement eu des crimes perpétrés par les forces de sécurité lors des opérations de maintien de l’ordre après la proclamation des résultats provisoires. Il est également très vraisemblable que les militants de l’UFDG soient ceux qui ont principalement souffert de ces exactions puisque ce sont eux qui ont violemment manifesté leur mécontentement après l’annonce des résultats.
Il est également vrai que ces mêmes militants ont été agressés dans des villes de Haute Guinée après les événements du Palais du peuple (empoisonnement présumé des militants du RPG).
Il est enfin compréhensible que les ONGs de défenses des droits de l’homme se sentent particulièrement impliquées lorsque les exactions sont commises par des forces de sécurité contre de civils et moins lorsque ces violences interviennent entre populations civiles. Soit.
Il faut cependant éviter qu’en livrant une information partielle ou biaisée ces ONGs ne se rendent complices de la campagne de victimisation des peuls que mènent Cellou et ses alliés dans un seul et unique but : faire de la surenchère politique quelqu’en soit le prix pour ses jeunes militants qui croient se battre pour une cause juste.
Il y a eu de graves violences et des crimes en moyenne Guinée contre des ressortissants des autres régions. Ces mêmes exactions ont été subies par des non-peuls dans les quartiers pro-UFDG de Conakry. Des familles entières ont perdu biens et habitations et sont obligées de quitter les lieux où elles vivaient.
Des barrages ont été érigés sur certains axes routiers où des partisans de Cellou Dalein Diallo bastonnaient tous les non-peuls, les dépouillaient de leurs biens et brûlaient leurs véhicules.
Ces actes n’ont pas été traités avec la même célérité par les ONGs concernées. La plupart ont d’ailleurs été ignorés et ce même par les ONGs guinéennes pourtant présentes sur le terrain.
Ce n’est qu’au moment où l’Etat a décidé de ramener l’ordre que plusieurs organisations de défense de droits de l’homme dont Amnesty International, la RADDHO, le HCDH, International Crisis Group ont accordé une attention particulière à la Guinée.
Il est à noter qu’une de ces organisations s’est sentie obligée de préciser que l’armée guinéenne « composée majoritairement de malinkés, soussous et forestiers » s’attaquait aux militants « essentiellement peuls de Cellou Dalein Diallo ». Il s’agit de International Crisis Group dont le correspondant pour la Guinée est monsieur Mohamed Jalloh.
Une autre organisation a cru bon de préciser que les forces de l’ordre se joignaient aux militants du RPG pour agresser les militants de l’UFDG.
Face à ces événements et les compte-rendu qui en sont faits et qui semblent faire des partisans de Cellou Dalein Diallo des victimes exclusives et expiatoires d’une conspiration nationale anti-peule, il est une vérité simple qu’il faut pourtant rappeler :
Sachant que Alpha Condé est celui qui a gagné les élections, qui a intérêt à semer des troubles en Guinée ? Qui a quelque chose à y gagner ? Qui a quelque chose à revendiquer ?
En somme, à qui profite la violence politique et sociale qui prévaut aujourd’hui en Guinée ?
Il est étonnant que sur les crimes commis par les partisans de Cellou Dalein Diallo, les ONGs soient si muettes. Et que dire des ONGs guinéennes !
Ce qui est troublant et qui alimente cette impression de partialité que l’on prête à ces structures c’est l’auto censure à laquelle elles se soumettent de manière si consensuelle, si..concertée ?
Le récent scandale de l’indemnisation des dommages du 28 septembre 2009 par l’Etat guinéen en est l’exemple éclatant.
Voici les faits : des leaders politiques récupèrent, de la part du Ministère de l’Economie et des Finances, une indemnisation individuelle de 2 milliards de francs guinéens chacun pour des dommages causés à leur domicile le 28 septembre 2009 par les bérets rouges de l’armée guinéenne. Ceci s’effectue alors que leurs militants tués, violés, mutilés et dépouillés n’ont été ni indemnisés, ni rétablis dans leurs droits. Les corps de certains d’entre eux ne sont même pas encore rendus à leur famille.
L’opération est menée en catimini et, pour couvrir cet acte honteux, l’un d’entre eux crée une prétendue fondation pour les victimes (un mois après avoir reçu les fonds sur son compte personnel et un an après le massacre du 28 septembre). Plusieurs sites révèlent ce scandale, preuves à l’appui.
Amnesty International, la Raddho, International Crisis Group, Human Right Watch mais aussi et surtout l’OGDH, l’ONDH, AGORA, AVIPA (ONGs guinéennes) qui s’intéressent tant à la situation des opprimés et particulièrement aux victimes du 28 septembre ne disent pas un mot, n’élèvent aucune protestation, ne demandent aucune explication sur ce traitement inique et si injuste pour les réelles victimes du 28 spetembre 2009.
Personne n’en parle alors qu’un tel acte emporte des conséquences juridiques importantes. En indemnisant trois victimes du 28 septembre, l’Etat guinéen a reconnu sa responsabilité dans un des plus grands drames de l’année 2009 et de l’histoire de la Guinée.
Pourquoi ce dédommagement sélectif ? Pourquoi cette discrétion pour un mouvement de fonds qui représente en tout 6 milliards de francs guinéens (1 million USD) ? Pourquoi les autres leaders concernés par ce drame n’ont-ils pas été indemnisés (pourtant François Fall du FUDEC a également vu son domicile saccagé) ? Pourquoi les femmes violées, les familles éplorées, les survivants mutilés ne sont-ils pas indemnisés, à défaut ou en attendant de voire la justice rendue ?
Apparemment, ces questions n’intéressent pas les donneurs de leçons de droits de l’homme. Est-ce la présence de Cellou Dalein Diallo parmi les bénéficiaires de cette forfaiture qui pèse sur la langue et la volonté des responsables de ces ONGs ? Lui dont les partisans ne cessent de marteler qu’ils sont les principales victimes de ce drame.
Il devient de plus en plus difficile pour plusieurs guinéens de comprendre et surtout de faire confiance aux institutions de défense de droits de l’homme. Leurs rapports sur la Guinée ne semblent pas équitables en ce sens qu’ils participent systématiquement à la victimisation de Cellou Dalein Diallo, de ses partisans et surtout de son ethnie. Chose dangereuse pour notre équilibre social.
Les guinéens savent pertinemment que beaucoup de leurs constats sont tirés de leurs correspondants locaux et de leur collaboration avec des ONGs guinéennes citées plus haut: l’OGDH, l’ONDH, AGORA, AVIPA, etc.
La similitude des rapports et des angles d’approche sur la Guinée nous obligent à faire le constat d’un point commun entre ces différentes ONGs : elles sont toutes dirigées (et parfois mêmes exclusivement composées) de ressortissants du Foutah, comme Cellou Dalein Diallo. Le correspondant de ICG en Guinée est également peul. Nous aimerions tellement croire qu’il s’agit d’une simple coïncidence.
Nous essayons de nous persuader que des ONGs aussi expérimentées que Amnesty International, Human Right Watch, International Crisis Group ne se laissent pas noyauter ou manipuler par des partenaires partisans.
Des accusations graves commencent à être portées contre Cellou Dalein Diallo par rapport à des levées de fonds pour financer une « jihad ». On parle de caches d’armes, de préparation d’attentats. Espérons qu’il ne s’agit, là aussi, que de « surenchère ». Imaginez un seul instant que ce soit vrai et que dans quelques semaines on mette en parallèle une insurrection armée de l’UFDG et les rapports actuels de ces ONGs. Le moins qu’on puisse dire c’est que cela affecterait sérieusement leur crédibilité et la fiabilité de leur analyse.
C’est bien cette capacité d’observation objective que nous demandons, au moins aux ONGs internationales, s’agissant de la situation actuelle de notre pays. Ce sera le plus grand service que vous pourrez rendre à la Guinée et.. à la vérité.

Balakhissa Samoura balakhissa@gmx.com