Jusqu'où ira le cocktail Molotov UFDG - UFR

« Il n’y a pas de nouveau président de la CENI pour nous. Nous considérons que ce qui a été fait (l’élection de Louncény Camara à la tête de l’institution) est un coup de force de nos adversaires simplement pour retarder encore le processus électoral… Louncény Camara qui a été désigné à cet effet est un membre actif du RPG. C’est une situation que nous n’accepterons absolument pas…

Nous ne reconnaîtrons pas cette CENI là. Tant que ce problème n’est pas résolu nous ne participerons pas ce processus électoral… » Que ce soit claire pour ceux qui, jusqu’à ce jeudi 23 septembre 2010, doutaient encore de la volonté du président de l’UFR d’entraîner la Guinée dans le spectre d’une guerre civile. L’homme a été l’un des premiers à récuser le nouveau président de la CENI. Parce qu’affirme t-il, sûrement sans fondements, que Louncény Camara militerait pour le RPG.

Or il n’est un secret pour personne que Ben Sékou Sylla, le défunt président de la CENI, était un membre actif de l’UFR. El hadj Boubacar Diallo, chargé de la planification et du suivi du processus électoral est aussi, sans aucun doute, un membre inconditionnel de l’UFDG. Ces deux membres de la CENI, ont été reconnus par le tribunal correctionnel de Dixinn d’avoir frauduleusement soustrait les Procès Verbaux de vote des villes de Kankan, Kérouané, Lola, ainsi que de ceux des communes urbaines de Matam et de Matoto à Conakry. Ce qui a motivé la décision de la Cour suprême d’annuler le vote des ces localités qui sont sans contestations des bastions du RPG. Pour cette raison et tant d’autres, les deux fraudeurs de UFR et de l’UFDG ont été solidairement condamnés, le 9 septembre 2010, à un an de prison ferme, deux millions de FG d’amende et de deux ans de déchéances de droits civiques. Ces hommes assermentés, qui ont juré de respecter et de faire respecter le code électoral guinéen, ne méritent t-ils pas d’être remplacés ?

De surcroît l’initiateur et chef d’orchestre de la fraude, Ben Sékou Sylla, désormais ancien président de la CENI a tiré sa révérence, le mardi 14 septembre 2010, à l’hôpital Saint Louis à Paris. Jusqu’ici, c’est Hadja Aminata Mame Camara, vice présidente de la CENI qui assumait l’intérim. Elle aussi membre du bureau exécutif du Parti de l’Unité et du Progrès (PUP).

Pour combler le vide laissé par la disparition de Ben Sékou Sylla, la CENI lors de la plénière du 21 septembre 2010 a élu démocratiquement, et ce avec une majorité absolue de 17 voix contre 6, M. Louncény Camara comme président de l’institution chargée d’organiser les élections en République de Guinée pendant cette période (d’exception) de Transition. A rappelé que M. Louncény Camara a d’abord milité à la FESABAG aux côtés de feu Ibrahima Fofana et à l’USTG, l’Inter Centrale Syndicale, où il a été désigné pour être leur représentant à la société civile. Et c’est cette dernière qui l’a proposé parmi ses trois délégués à la CENI.

Pour rappel, il faut dire que l’actuelle CENI a vu le jour à la suite de la grève de janvier février 2007. A l’époque, comme durant tout le long règne du Général Lansana Conté, le PUP s’était taillé la part du lion avec 10 représentants, suivaient les forces vives (toute l’opposition) 10 représentants, le ministère de l’administration de territoire représentants et la société civile 3 représentants chacun.

Au regard de sa composition actuelle, les représentants des partis politiques se reconnaissent très bien au sein de la CENI. Ce n’est sûrement pas M. Louncény Camara.

Cependant, le problème en Guinée aujourd’hui est plus un déficit de confiance entre les acteurs poliques qu’une simple organisation du second tour. Ceux-là qui récusent aujourd’hui M. Louncény Camara ont déjà montré leurs limites à travers leurs représentants. Organisation de fraudes massives, soustraction de Procès Verbaux… et une impartialité chronique qui ne dit pas son nom. Des pratiques dignes de l’époque où le Général Lansana Conté ‘’remportait’’ dès le premier tour, avec une majorité confortable, toutes les élections organisées. Avec évidemment l’appui des Celou Dalein Diallo… et consorts.

Sidya Touré, qui n’a plus aucune chance de remporter cette première élection qu’on a voulue libre et transparente de l’histoire de la Guinée, encore moins son allié du moment, M. Cellou Dalein Diallo (le plus grand prédateur de l’économie guinéenne), semble vouloir plonger la Guinée dans le cercle de violence. Depuis sa déconvenue électorale au premier tour, le président de l’UFR a opté pour l’argument de la violence. Tout le monde se souvient encore, le 5 juillet 2010, quand le président de l’UFR a jeté ses partisans dans les rue de Conakry pour manifester contre le général Sékouba Konaté qu’il accusait de favoriser le candidat du RPG. Des femmes saucissonnées à coup de francs guinéens ont insulté père et mère le président de la transition, le général Sékouba Konaté.

Aujourd’hui plus que quiconque, à chaque bout de champ l’homme incite à la violence, braque les communautés guinéennes les unes contre les autres. Ce jeudi, sans aucune forme d’hésitation, il répondait aux questions d’un confrère. Question : « Vous ne craignez pas d’être accusé de vouloir retarder la transition ? » ; Réponse de Sidya Touré, président de l’UFR : « D’autres l’ont retardé pendant 3 mois… »

A l’allure où les évènements se suivent et se ressemblent depuis le début de cette transition, si les autorités de la transition, notamment le général Sékouba Konaté et le premier ministre Jean Marie Doré, ne prennent pas responsabilité, le cocktail Molotof UFDG et UFR, avec son cortège de violences, risque de plonger la Guinée dans d’interminables guerres fratricides. Des morts d’hommes entre les deux frères ennemis lors de la campagne du premier tour. Des morts d’hommes entre eux et le RPG lors de la campagne pour second tour. Tout cela pour s’accrocher au pouvoir dans un pays qu’ils ont déjà ruiné par le passé. Général Sékouba Konaté et Jean Marie Doré, pour l’intérêt supérieur de la Nation, prenez vos responsabilités avant qu’il ne soit trop tard.

SACKO Mamadou, Belgique
Pour Radio Kankan