Cellou Dalein Diallo est impatient. Nerveux. Agressif. Fatigue? Insomnie? Ces derniers temps, le président de l'UFDG est meconnaissable. Connu pour sa timidité, il s'est si rapidement métamorphosé qu'il est devenu un va-t-en-guerre, proférant des menaces à l'encontre de tous (autorités de transition, camp adverse...).

"Je ne peux plus calmer mes militants. Je suis fatigué", déclare le candidat de l'UFDG.
Quelques jours après, c'est Bah Oury, vice-président de l'UFDG qui appuie son mentor: "Si les militants de l'UFDG ne sont pas libérés d'ici dimanche, nous organiserons une journée ville morte à Conakry".
"L’alliance ne cautionnera plus la violation des dispositions légales et règlementaires et s’opposera désormais, et de façon énergique, à toute manœuvre visant à empêcher ou retarder l’organisation du second tour de l’élection présidentielle", affirme Mamadou BAH Baadikko, Porte Parole de l'alliance Cellou Dalein Diallo.
Ces appels des responsables politiques de l'UFDG à la révolte populaire, à la désobeissance civile, à la violence... expriment manifestement le renoncement de Cellou Dalein Diallo et de ses partisans au combat démocratique et constituent une menace pour la paix, l'unité nationale... du pays.
En invitant les forces de défense et de sécurité samedi à prendre toutes les mesures pour sauvegarder l'intégrité territoriale, les populations civiles..., le Premier Ministre, Jean Marie Doré prend de facto à témoin le peuple de Guinée, l'opinion publique internationale du chaos dans lequel l'UFDG veut plonger la Guinée.
Un simple report du scrutin du second tour pour des raisons techniques et d'organisation matérielle justifié par la CENI elle-même, explique t-il l'agacement de Cellou Dalein Diallo au point de vouloir brûler le pays en demandant implicitement à ses commerçants de fermer les boutiques, à ses loubards de s'attaquer aux citoyens et de braver les forces de l'ordre?
L'interpellation des loubards, arrêtés en flagrant délit avec des armes à feu et des armes blanches dans les rues de Cosa, Bambeto, Hamdallaye, Koloma.... et non dans leur lit ou leur sommeil, blessant gravement de nombreux citoyens, que l'UFDG considère comme ses militants, exigeant soit leur libération ou la ville morte, sont-ils au dessus de la loi pour échapper impunément à la justice guinéenne?
Aujourd'hui, le temps n'est pas au tapage, au vacarme, aux manifestations de rue, à la ville morte... Ce n'est certainement pas la voie du salut. Le souci de chacun et de tous est d'oeuvrer à la correction des dysfonctionnements évoqués et reconnus par la CENI en vue d'un deuxième tour de la présidentielle crédible, démocratique et libre.
Septembre 2009 n'est pas septembre 2010. Les années se suivent, mais ne se ressemblent pas. Lundi 20 septembre, en appellant ses partisans à troubler l'ordre public et la quiétude des populations, Cellou Dalein Diallo et ses alliés seront les seuls responsables de ce qui adviendra de leur arrogance. La Guinée, l'Afrique et le monde les observent.

Ibrahima Diallo, sociologue guinéen, France

Source : Guinee24