Les 47 mensonges d’un Ex-Premier des Ministres banabanas du PUP (première partie).

daleinLe texte qui suit est un recueil médiatisé des mensonges rocambolesques de Cellou Dalein Diallo pendant qu’il feignait ostensiblement dix ans durant, d’être au service d’une guinée qu’il a plutôt éventrée avec un cynisme et une cupidité des plus cruels. Pour vous permettre de déceler ces mensonges à ciel ouvert de Cellou Diallo révélés par Cellou Dalein lui-même, permettez-moi de vous convier à connaitre l’homme dans toutes ses dimensions, à découvrir, définir et apprécier le contexte des mots, phrases et autres expressions. Il ne s’agit pas simplement d’accuser  fortuitement un candidat à la Présidence de la République ; il s’agit de laisser l’homme se confondre par ses propos. Je vous invite à une lecture patiente et attentive de ces pages introductives.

Depuis l’indépendance, notre pays a connu deux régimes civils distincts et un régime d’exception dirigé par deux présidents. Les deux premiers régimes de notre Histoire politique se différencient l’un de l’autre par la personnalité des deux premiers chefs d’Etat et par le contexte historique de leur pouvoir respectif. Leur dénominateur commun : Ahmed Sékou Touré et le Général Lansana Conté étaient tous les deux des NATIONALISTES chevronnés. Quant au régime d’exception qui se trouve présentement dans sa phase de transition, le verdict de l’histoire interviendra assurément, impitoyablement et objectivement le temps venu.

L’histoire de la décolonisation a pesé de tout son poids sur l’orientation politique et économique du premier régime guinéen. Confronté aux  conséquences néfastes de la guerre froide entre les deux blocs existentiels de l’Est et de l’Ouest, et surtout, animé par l’instinct de survie de la Guinée naissante et nécessiteuse, Ahmed Sékou Touré avait placé la formation idéologique au cœur de sa politique nationaliste. Si ce choix prioritaire a conduit à des résultats catastrophiques sur le plan du développement des infrastructures économiques, du respect des droits de l’homme et des libertés individuelles, il a par contre enregistré des résultats remarquables et vérifiables dans divers domaines d’existence de la Guinée.

En effet, Ahmed Sékou Touré a obtenu des résultats concrets dans le domaine de l’emploi des jeunes en les intégrant à des programmes de développement local et aux unités industrielles d’Etat en dépit du fonctionnement inadéquat de celles-ci. Au plan éducationnel, les Instituts Polytechniques de Conakry et de Kankan faisaient la fierté de la Nation, avec des cadres nationaux bien formés  et de renommée internationale comme Cellou Dalein, François Fall, Lansana Kouyaté  parmi tant d’autres.

A l’actif du Président Ahmed Sékou Touré il faudrait ajouter le rayonnement culturel et sportif de la Guinée avec les ballets Djoliba et les ballets africains, le Bembaya Jazz National, les Amazones de Guinée, le célèbre Hafia Football Club, le Kaloum Star et la fameuse équipe féminine de basketball de Beyla , etc.

Si sur le plan infrastructurel la Guinée accusait un grand retard comparativement à la Côte d’Ivoire et à d’autres pays africains, et malgré les conditions précaires de vie humaine et l’ignorance des Droits de l’Homme, il existait cependant l’Etat Guinéen, garant de la Sécurité et symbole de fierté nationale. Sous Ahmed Sékou Touré, les termes de corruption « institutionnalisée » et de « trafic de drogue » n’existaient pas dans le vocabulaire quotidien du guinéen.

Pour finir et actualité oblige, il faudrait aussi signaler la discipline et le professionnalisme de notre Armée Nationale sous la Première République qui s’est distinguée sur tous les fronts de lutte pour la Libération Africaine. L’Armée guinéenne était une fierté africaine à la fois crainte et respectée. Sa discipline et son courage étaient légendaires.

Le second Président le Général Lansana Conte était un « analphabète » volontariste, qui a remplacé l’idéologie socialiste par le libéralisme économique, pensant amorcer  un développement économique dont il rêvait, à la mesure du retard accumulé.  Sa volonté affichée était avant tout de relever le lourd défi de notre grand retard infrastructurel : Ponts, Chaussées, Routes, Eaux, Electricité, Télécommunication, la libéralisation du commerce et le développement du secteur privé.

Beaucoup de projets de développement étaient déjà en cours de réalisation sous le premier régime surtout dans le domaine routier. En 1974, dix ans avant la mort du Président Ahmed Sékou Touré, la Guinée présentait à peu prés le visage infrastructurel partiel suivant:

- L’axe Conakry-Labé était achevé. Les tronçons Mamou -Kissidougou et Kissidougou-Kankan étaient presque à terme ;  les études de l’axe N’Zérékoré-Kissidougou étaient terminées et les travaux engagés (Jean Lefèvre).

- L’eau coulait dans quelques robinets expérimentaux de N’Zérékoré depuis le centre de pompage de Yalenzou. La ville était éclairée et abritait une Usine de Sciage et de Contreplaqués qui faisait la fierté de toute la région.

- Macenta avait l’eau et l’électricité, et il en était de même pour Mamou, Kindia, Kankan, Kissidougou, Kamsar et d’autres villes  Conakry était éclairée et bien plus propre qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Malgré notre retard, il y avait quand même des points de continuité qui auraient pu nous permettre d’accélérer la poursuite, la modernisation et l’extension de plusieurs projets de développement.

Le général Lansana Conté s’engagera résolument dans cette voie. Pour y réussir, il se  fera entourer de jeunes cadres technocrates, parmi lesquels « petit Cellou Dalein Diallo », un jeune « prodige » qui avait déjà 14 ans d’expérience dans la gestion des dossiers des reformes économiques à la Banque Centrale et des grands projets à la  Présidence.

Le Général qui n’a jamais caché son ignorance dans la gestion de la chose publique avait l’habitude de dire à ces jeunes cadres technocrates : «  Moi je ne connais rien. Je vous fais confiance. Si vous savez que c’est bon pour la Guinée, je signe. » Et des fois il implorait «  pardon ne trahissez pas vos frères, ayez pitié de la Guinée, c’est pour nous tous que vous travaillez. » Ayant donc placé sa confiance en eux , il décida de « Présider en Paix » , sans jamais gouverner, laissant la Gestion du pays à la bande à laquelle appartenaient René Alseny Gomez , Moussa Solana, etc..sur le plan politique et à celle de Cellou Dalein sur  le plan économique, soutenus sous le vent du libéralisme économique, par des commerçants véreux sans vergogne, sans scrupule, sans état d’âme ni foi, tels Alsseny Barry, Diallo Saddakadji et autres qui ont affamé le pays et ruiné ses services fiscaux,

Ensemble ils bâtiront le consortium mafieux le plus corrompu de la planète, ne se laissant devancer que par les cartels d’Haïti en guerre civile et du Bangladesh dévasté par  des  intempéries  successives.

Ensemble ils s’organisèrent en clans mafieux pour détruire l’Economie Nationale. Sans risque d’exagérer, il est facile de constater que l’état comateux de l’économie guinéenne est dû à l’action concertée de cette bande de prédateurs.

Ainsi donc pendant 17 ans après le départ du CMRN, la Guinée sera présidée par Lansana Conté, mais jamais gouvernée. Chaque département ministériel  se transformera en un mini Gouvernement autonome dont  le Ministre désigné se transformera en « un mini Chef d’Etat » dressé contre les clans adverses ; L’Etat « foutra le camp » pour céder le terrain à un empire mafieux, à des trafiquants de drogue et à des contrefacteurs de billets de banque.

Les conséquences de cette gestion anarchique nous amèneront  à la Grande Révolte de Janvier 2007, suite logique de la lutte d’un Peuple exaspéré qui n’en pouvait plus.

Aujourd’hui Cellou Dalein, le principal architecte du désastre économique guinéen de par les postes stratégiques qu’il a occupés dans les structures du gouvernement de la deuxième République, est candidat à la Présidence de la République, sur fond de mensonge et de falsification du passé. Il n’a jamais reconnu sa responsabilité dans la gestion catastrophique du pays. Toujours plébiscité par ses suiveurs comme l’un des plus grands « gestionnaires. » de l’Etat avec  30 ans d’expérience, une piètre expérience qui a fait passer le taux de Pauvreté de 49% à 53% entre 2004 et 2006 selon ses propres termes et le taux d’inflation de 18% à 32%.(voir son discours devant le Parti Radical français en Décembre 2008)

Il n’a jamais pourtant reconnu sa propre responsabilité dans la faillite économique de la Guinée encore moins dans le bradage des unités industrielles et commerciales de la Nation. Tout ce qui est mauvais est rejeté sur Lansana Conte ou la guerre du Liberia et tout ce qui est bon est affiché à son compte. « Quand c’est bon c’est moi, si c’est le contraire c’est l’autre. » enfin pour lui « l’enfer c’est l’Autre. ». Halte au langage de l’irresponsabilité, halte aux mensonges : «  WOULEN BARA GNON ».

A l’image d’un macaque qui dans toute sa bestialité de singe n’a jamais arrêté de se gratter,  à l’image d’un chihuahua qui dans toute sa docilité de domestication n’a non plus jamais changé sa manière de s’asseoir, fut-il pour plaire à ses maitres, Cellou Dalein a menti hier, il ment encore aujourd’hui et il mentira encore plus demain, Président ou pas. L’exercice de malhonnêteté intellectuelle auquel il se livre à sa convenance, est l’exemplification de la politique de la besace qu’il applique avec un cynisme inégalé et qui consiste à mettre en poche arrière ses propres défauts pour afficher en spectacle ceux des autres. C’est pourquoi je vous présente dans son intégralité l’interview qu’il a accordée (Septembre 2002) à un journal international : le World News International.

Je vous demande de comparer cette interview à toutes les déclarations et commentaires que vous lisez de lui ou de ses suiveurs. Je vous demande surtout de comparer ces déclarations à la réalité du terrain. La question fondamentale est de savoir où sont passés tous ces millions de dollars alors que le réseau routier guinéen quasi inexistant, souffre encore de manque de praticabilité ? La réponse, vous la trouverez dans les sociétés de transport et de distribution de carburant et autres biens qui appartiennent à Cellou Dalein mais qui sont déguisées sous des pseudonymes. En lecteurs avertis, je vous laisse déceler les mensonges les plus grossiers et rocambolesques dans ce document fidèlement reproduit qui, je suis certain, ne vous laissera pas sur votre faim.

Les jours à venir vous apporteront d’autres précisions et d’autres révélations, de telle sorte que vous n’aurez plus besoin de Dr. Ousmane Kaba pour connaitre le résultat des Audits.

Pour donner le ton, la première question étale le plus gros mensonge jamais dit en Guinée :

«A  L’AVENEMENT DE LA 2EME REPUBLIQUE IL N’Y AVAIT QUE 25 KM DE ROUTE EN GUINEE ». Ce n’est qu’un début.

A suivre … Deuxième partie

                                                                                                                                                                   

Les 47 mensonges d’un ex-premier des Ministres banabana du PUP : 

2ème partie.

Cellou Dalein s’expose à la Nation face au World Investisment News!(L'EXPRESS)
A vos lunettes et à vos analyses .

Q1 Nous aimerons vous demander de nous présenter en bref les deux secteurs que vous représentez ici dans votre ministère.
A1:
Bien! Nous avons effectivement deux secteurs différents : le secteur des travaux publics et le secteur des transports. Le secteur des TP, il s'agit surtout de réaliser des infrastructures de transport et de les entretenir. Par infrastructure, on entend les routes, les ponts, les ports, les aéroports, les chemins de fer, etc… La politique du gouvernement dans le secteur des TP est de favoriser l'existence des infrastructures capables de livrer un service de qualité afin d'améliorer la compétitivité de l'économie et de favoriser le transport des personnes et des biens à moindre coût en définissant une sécurité de confort minimum. En 1984, à l'avènement de la 2ème République, nous avons hérité d'un réseau routier en pleine effervescence. Il n'y avait que 25 km de route dans un état vraiment moyen, et le gouvernement a essayé d'élaborer un programme de modernisation de nos routes.
Grâce à l'appui des partenaires au développement, nous avons pu construire et reconstruire 2000 km de routes. Nous continuons donc l'extension de ce réseau, mais à un moment donné, après s'être concerté avec nos partenaires, on s'est rendu compte que l'on était trop tourné vers la construction de nouvelles routes et que très peu d'offres étaient accordées à l'entretien de ce qui était déjà construit. Nous avons donc élaboré une lettre de politique routière qui nous permet de juger le degré d'entretien nécessaire, et dans l'hypothèse où les ressources sont insuffisantes, nous pensons qu'il est préférable de les affecter à la maintenance via un programme d'extension.
Ainsi, nous menons une politique d'entretien très volontariste, ce qui explique que notre réseau est dans un état jugé satisfaisant par tous les observateurs avisés. Toutefois, nous continuons d'étendre le réseau de routes, tentant d'aller au delà des 2000 km, même si ce chiffre reste encore insuffisant pour le Guinée. Nous avons l'objectif d'atteindre 4000 km dans les dix prochaines années, c'est à dire qu'on fera environ 2000 km supplémentaires dans les dix prochaines années, ou au minimum 1600 km. L'objectif étant de créer un réseau permettant de désenclaver toutes les préfectures du pays, au nombre de 33 aujourd'hui. Sur ces 33 préfectures, 10 n'ont pas de réseau revêtu, nous allons donc les désenclaver en premier, puis continuer avec les routes d'interconnexion avec tous les états voisins.
Nous avons des projets qui ont atteint un niveau de maturité important et appréciable selon moi. Nous avons le projet Kankan-Bamako qui est en cours d'exécution. Je reviendrai sur ce projet qui est extrêmement important. Nous avons la liaison avec la côte d'Ivoire à partir de Lola-Danani entre les deux réseaux revêtus, duquel il reste 85 km, dont 40 km en Guinée et 45 km en Côte Ivoire. Nous avons Boké-Kebo avec la Guinée-Bissao, qui a un niveau d'avancement très satisfaisant.
Aujourd'hui, l'élaboration du dossier d'appel d'offre qui va aboutir sur les travaux est déjà confiée à un bureau d'étude qui se chargera en même temps des études techniques. Donc ce marché vient d'être passé à une société internationale qui travaille sur le financement de la Banque Africaine de Développement (BAD). Nous avons en même temps la liaison avec le Sénégal à partir de Labé. Labé-Madina fait à peu près 70 km, mais là aussi on a déjà un accord de principe pour le financement, et le marché d'étude est sur le point d'être attribué. Les dossiers ont été déposés, le dépouillement a eu lieu, le rapport d'évaluation a été transmis aux bailleurs de fonds, en l'occurrence la BID pour la non obstruction, et c'est après cela que nous allons notifier le marché au cabinet chargé de réaliser les études techniques et les dossiers d'appel d'offre. En ce qui concerne Kankan-Bamako dont je vous ai parlé, c'est un grand projet en cours d'exécution. Le gouvernement avait pu mobiliser l'équivalent de 100 millions de dollars pour réaliser le projet, soit 47 millions d'euros auprès de l'U.E, 35 millions de dollars auprès des fonds arabes, c'est à dire la Banque Islamique de Développement, la B.E.E et 15 millions de dollars auprès de la Banque Africaine de Développement. Donc, les travaux ont commencé en fin d'année 2001 et le chantier avance normalement. Je pense que nous allons le terminer à la fin de l'année 2003. Il y a 4 lots importants ! il y a un premier lot de 85 km, l'aménagement et le bitumage de ces 85 km sont financés par l'E.U, l'exécution est assurée par ASTALDI, une société italienne. Vous avez le 2ème lot, les deux ponts, un pont de 495 m et un pont de 325 m sur le Niger avec le Tinkisso. Les travaux sont confiés à une entreprise chinoise, HENAN CHINE, et le financement est assuré par la B.A.D. Les délais d'exécution sont de 24 mois, ce qui implique que ça devrait donc se terminer fin 2003. Le 3ème lot, c'est une portion de 85 km financée par les fonds arabes, la B.I.D, la B.A.D.E.A et le fonds Kowetien (Djeilibako Dopou), là aussi l'exécution est confiée à la même entreprise chinoise et son délai est également de 24 mois. Il y a un dernier lot qui est à la frontière Bamako-Kouremalé, soit 43 km exécutés par le groupement SATOM sur un délai de 12 mois, sur financement de l'U.E, mais sur le programme du P.E.D qui a deux guichets : programme national et programme d'intégration. Nous avons aussi des projets dont le niveau d'exécution est proche, nous avons la 2x2 voies Tombo-Gbessia, en aménageant l'autoroute avec 5 échangeurs entre l'aéroport et l'île de Tombo. Je pense que le dépouillement de certains lots se fera le 24 Août. Nous pensons lancer aussi les travaux en cours de l'année 2003 avec un coût de 73 millions de dollars. Les bailleurs de fonds sont l'agence française de développement qui accorde l'équivalent de 69,267 millions. Vous avez le fonds Kowetien de développement qui accorde 5 millions de dollars.
15 millions de dollars proviennent du Fond Saoudien de développement, 5 millions de dollars de la B.A.D.E.A, 5 millions de dollars de l'OPEP et le reste provient du gouvernement Guinéen. Nous avons également des projets en cours d'exécution, le pont sur la fatala qui coûte environ 35 millions d'euros avec la supervision et la réalisation par ASTALDI pour un délai d'exécution de 36 mois, qui devrait donc s'achever au début de l'année 2004. Nous avons aussi la construction de la route 2x2 voies Matoto-Dapompa, à la sortie de Conakry pour un coût de 18 millions de dollars accordés à la Guinée par le fonds Kowetien, dans la procédure d'actualisation des études techniques et l'élaboration des dossiers d'appel d'offre. Nous avons également au niveau de Conakry, l'autoroute Enco 5 Kegbèlen qui coûte environ 30 millions de dollars, 10 millions de dollars étant fournis par le fond Kowetien et 20 millions de dollars par la Banque Mondiale pour le programme de développement urbain appelé le P.D.U.3.
Q2 Je crois qu'il y a un grand effort pour développer le secteur routier. Qu'en est-il du transport maritime et du transport aérien ?
A2: Pour le transport aérien c'est d'abord une question d'infrastructures; quant au transport maritime, il y a un projet d'extension du Port Autonome de Conakry dont les capacités ne suffisent plus pour traiter l'ensemble des navires à l'import et à l'export. Nous avons procédé à l'actualisation du Schéma directeur en 1997, et nous avons mis en évidence les besoins d'extension du port qui ont été adressés à trois bailleurs de fonds qui ont répondu favorablement à la requête du gouvernement. L'AFD, la Banque Européenne d'Investissement, et la KW se sont engagés à financer ce projet à hauteur de 40 millions de dollars. Les aménagements du terminal des conteneurs seront étendus pour avoir davantage d'espace au port. Nous nous attendions à un transfert non négligeable du fret malien, ceci en raison de la construction de la route Conakry-Bamako et l'élimination de bacs par la construction de ports. Nous avons un avantage comparatif par rapport à Dakar et Abidjan parce que nous sommes environ à 900 km de Bamako et la route est bonne et praticable en toute saison. Pour l'extension du port, nous sommes dans la procédure de mise en place de financement qui a déjà une mission conjointe d'évaluation du projet par les trois bailleurs précédemment cités. Le gouvernement avait une série de conditions à satisfaire pour la présentation du dossier. Il s'agit de prendre un acte précis de domaine portuaire pouvant rassurer les bailleurs que le port sera bien en mesure de rembourser les fonds investis. Contrairement au deux projet antérieurs, c'est le port qui doit endosser directement le financement auprès des bailleurs de fonds, ceci pour limiter les risques. L'objectif est que certains tarifs, jugés très faibles par rapport aux autres concurrents, soient relevés pour que l'économie du port soit suffisante afin de faire face aux obligations qui vont naître avec le financement du 3e projet. Au niveau du transport maritime, il faut quand même rappeler, que jusqu'en 1984, l'ensemble des structures (notamment les sociétés de transit, de manutention…) opéraient dans le transport maritime. A partir de 85, on a engagé, dans le cadre de la politique de désengagement de l'état, la libéralisation de l'économie : on a tout libéralisé, on a liquidé toutes les entreprises et les sociétés privées ont pris la relève. Le rôle du gouvernement est de surveiller afin d'éviter qu'il y ait des dispersions dans la concurrence et que les infrastructures soient à nouveau au niveau des ports, mais à l'intérieur du port. A ce niveau le rôle de l'Etat est de réguler, et non pas faire de l'opération. Je pense que toutes les sociétés de ce secteur là sont satisfaites de cette rentabilité bienveillante du gouvernement par rapport au passé. En dehors du port, pratiquement l'ensemble des services sont rendus par des sociétés agréées. Le port offre des infrastructures, prélève des redevances, gère la location des domaines pour l'acquittant des pilotages lorsque les bateaux arrive… Tout ce qui est manutention ou transit est l'affaire des sociétés de la place.
Q3 Et qu'en est-il du transport aérien ? Où en êtes-vous du développement de l'aéroport de Conakry et des autres aéroports du pays ?
A3:
D'abord au niveau de l'aéroport, on est allé un peu plus loin et on a décidé d'opter pour une gestion privée avec des partenaires étrangers. L'Etat Guinéen est donc associé à deux partenaires : l'AFD et la Chambre de Commerce de Bordeaux. L'Etat Guinéen et les partenaires Français détiennent chacun 50%. La gestion est assurée par l'Aéroport de Paris dans le cadre d'une convention. Je crois que grâce à cela, l'aéroport de Conakry pourra se développer et je pense que les compagnies qui desservent l'aéroport de Conakry ne s'en plaignent pas. A un moment donné, on a constaté que les tarifs étaient un peu élevés, alors nous avons modifié notre politique, c'est à dire qu'on a étudié et comparer nos prix par rapport aux autres aéroports voisins et concurrents afin d'ajuster nos tarifs pour gagner en compétitivité. Dès le départ, dans un esprit de réforme, on a créé la société de gestion et de pilotage de l'aéroport de Conakry. L'ensemble des investissements réalisés ont été financés par des emprunts contractés par la Société de l'Etat qui, à partir des redevances des compagnies et dans d'autres sous-secteurs, assure le développement de l'aéroport. Mais on constate que SOGEAC paye les impôts et de plus en plus de dividendes à l'Etat en tant que société privée.

Q4 Il y a la privatisation de AIR GUINEE. Quelles en sont les raisons ?
A4: Dans le cadre de la politique de désengagement de l'Etat des secteurs du commerce, Air Guinée a tout de suite figuré dans le portefeuille des entreprises à privatiser puisque c'est une société qui a absorbé beaucoup de subventions. Vous savez, ces derniers temps, elle était en déficit. Depuis 2000, nous avons préparé un dossier que l'on a présenté au conseil des Ministres pour demander la privatisation de Air Guinée. Le gouvernement a finalement pris cette décision. Malheureusement au même moment, l'avion qui était en fin de ressources a perdu un moteur et est resté immobilisé à Abidjan. Il fallait payer la révision, soit 1,8 million de dollars et acquérir un nouveau moteur. Bref, la décision de privatisation entre dans la politique du gouvernement et nous n'avions que trop tardé parce qu'en terme de subventions, la situation était devenue insupportable. D'ailleurs, avant même la crise du transport aérien, notre compagnie n'était pas comme les autres compagnies (Air Ivoire, Ghana Airways, Nigeria Airways...). Il fallait qu'on accélère la privatisation dans le cadre de l'utilisation judicieuse de nos ressources budgétaires et la lutte contre la pauvreté.
Q5 Selon vous, quelles opportunités offrez vous dans votre secteur aux investisseurs étrangers?
A6: Il est important de distinguer les deux secteurs : le secteur des travaux publics et le secteur des transports. Voyons tout d'abord le secteur des travaux publics. Tous les travaux d'entretien et d'investissement sont réalisés par le secteur privé. Avant, l'Etat avait ses propres structures d'exécution de travail; maintenant on a tout privatisé. Aujourd'hui, je suis ministre des travaux publics et des transports, je n'ai pas de brouette, je n'ai pas de pelle, je n'ai pas de bulldozer. Chaque fois que nous avons un travail à faire, je consulte le marché, je fais un appel d'offre, une consultation des problèmes qui se posent. Lorsque l'Etat veut faire tel travail d'entretien ou de construction, les entreprises étrangères soumissionnent. Les projets en cours d'exécution sont d'ailleurs des appels d'offre internationaux, et l'on compte parmi nos partenaires actuels ASTALDI, SOGEAC, des entreprises chinoises, des entreprises guinéennes, des entreprises marocaines… Le marché est donc ouvert. Lorsque nous mobilisons un financement pour exécuter un projet en accord avec les bailleurs de fonds, le choix de l'entreprise qui doit exécuter le projet se fait par un appel à la concurrence. Notre code de marché, qui est une loi, oblige l'ensemble des départements à accéder aux marchés publics à la suite de l'appel à la concurrence. Il n'y a pas de marché exclusivement réservé à des entreprises guinéennes. Nous cherchons à évaluer le rapport qualité/prix de l'ensemble des entreprises, ceci dans le domaine des travaux publics. Nous ne faisons rien nous-même, nous faisons faire par le secteur privé.
Dans le secteur des transports, tout est libéralisé, que ce soit le transport aérien ou le transport maritime. Avant, nous avions un armement national qui assurait le transport. Dans le cas de certains accords et de l'OMC, nous avons banalisé le transport maritime et nous essayons de favoriser le moindre coût en faisant jouer la concurrence. Il n'y a pas de privilège accordé à une entreprise ou à une autre. Tous les transporteurs maritimes qui desservent le port de Conakry ont le même traitement. Au niveau du transport terrestre, disons qu'il y a très peu d'investisseurs étrangers. Il y a des investisseurs locaux qui essaient de créer des sociétés de transports qui achètent des bus pour le transport de voyageurs, ou des camions pour le transport de marchandises. Nous avons une flotte suffisante pour le transport de biens et de marchandises. Quelle que soit la marchandise que vous voulez transporter, l'eau, le sucre ou le ciment à N'Zérékoré ou à Kankan, il n'y aura pas de problème. Vous allez louer le camion que vous voulez dans la mesure où il y a une offre suffisante. Pour le transport de voyageurs, l'offre est suffisante mais la qualité n'y est pas. On a un parc vraiment vétuste. On est en train de voir comment on peut améliorer ce parc, mais on a d'énormes difficultés parce qu'un bus climatisé va proposer des tarifs que la majorité des guinéens ne peuvent pas payer. Alors qu'il y a le pouvoir d'achat, il y a aussi la pauvreté. Ceux qui n'ont pas leurs propres voitures, leurs propres moyens de locomotion, préfèrent renoncer au confort et prendre un " magbana ", comme on l'appelle ici, qui leur demande 100 FG plutôt que de monter dans un bus ayant un certain confort mais qui leur demande 500 FG. Vous savez que la qualité se paye, alors on a réfléchi et on est en train d'étudier la question mais jusqu'à présent on n'a pas de solution.
Q6 Comme dernière question, j'aimerais vous demander de parler de votre parcours professionnel et la satisfaction que vous avez en tant que ministre de Travaux Publics et des Transports ?
A6: Pour ce qui est du parcours professionnel, j'ai commencé à travailler en 1976 sous la 1ère République, j'étais alors inspecteur de commerce. Après j'ai été nommé directeur commercial d'une grande société d'Etat qu'on appelait Société Sectoriel. C'est la Holding qui contrôlait une cellule de petites entreprises, petites par rapport à la taille de l'économie d'alors. Ensuite j'ai été directeur de la comptabilité centrale de la même société. Cette société a été liquidée sous la 1ère République en 1982 et on m'a affecté à la Banque Centrale. En 1984 j'ai été admis à un test et je suis allé faire une formation en France, en banque. J'ai fait un an là-bas, j'ai fini mes études en banque et je suis rentré pour reprendre mon travail à la Banque Centrale. J'ai été directeur de la comptabilité et de l'informatique à la Banque Centrale. Après j'ai été directeur général de la Banque Centrale chargé des affaires économiques et militaires et, de là, je suis allé à la Présidence comme adjoint à l'administrateur général des grands projets. Le Président venait de créer cette structure pour l'aider à conduire les grands projets qui pouvaient avoir un impact sur la croissance, des projets dont le coût dépassait 1 million de dollars. J'ai donc travaillé là 1 an et demi, puis je suis venu au gouvernement comme Ministre des Transports, des Télécommunications et du Tourisme. En 1997, j'ai perdu le tourisme mais on m'a ajouté les Travaux Publics et l'Environnement. Donc j'ai été Ministre de l'Equipement, des Transports, des travaux publics, des Télécommunications et de l'Environnement. En mars 99, on m'a enlevé les Télécommunications et l'Environnement. Je suis resté Ministre des Transports et des Travaux Publics. Alors je peux vous parler aussi bien des télécommunications, du tourisme et de l'environnement! Voilà en ce qui concerne ma carrière administrative. Pour ce qui est de mes études, j'ai étudié dans mon village, l'école primaire, le collège et le lycée à Labé, l'institut polytechnique, l'Ecole Supérieure de l'Administration. Lorsque j'étais à la banque centrale, j'ai fait beaucoup de stages. Avant je n'en avais fait qu'un, à l'Ecole Internationale de Bordeaux en 1980. Après, en 84-85 le stage au Fonds Monétaire et à la Banque Mondiale, le plus long au fonds monétaire en 1989 qui a duré quatre mois. Après des séminaires sur invitation. Au niveau des réformes ici, j'ai participé à tout depuis 85 en tant que fonctionnaire de la Banque Centrale, pour les privatisations, les assurances... Les réformes institutionnelles au niveau de l'eau et de l'électricité, j'étais à la cellule de la crise du comité de coordination économique et financière pendant de longue années. On peut aussi parler de la mise en place des réglementations financières des banques, la définition des ratios, la discussion avec les gens de la profession, mais aussi la réglementations des assurances. C'est vraiment le moment le plus actif de ma vie professionnelle. Ça a été très utile pour moi et ça m'a attaché à la banque.
Q7 Votre plus grande satisfaction alors ?
A7: Je suis très satisfait des résultats et de l'état du réseau. Un ambassadeur m'a dit un jour qu'on devait avoir l'un des meilleurs réseaux routiers en Afrique de l'Ouest. Construire une route, faire un pont c'est vraiment agréable. Participer au lancement des travaux, venir à l'inauguration avec le Président, et voir les gens satisfaits de ce que vous faites.
Q8 En tant que Ministre des Transports, quel message adresseriez-vous à nos lecteurs de l'EXPRESS ? à ces investisseurs potentiels ?
A8: Je crois que la Guinée est un pays qui offre des opportunités d'investissement parce que malgré tout ce qui a été fait, il reste encore à faire dans ce secteur. Des efforts importants ont été faits, mais je pense qu'il y a un déficit de communication pour les gens qui ne connaissent très bien la Guinée, ni ses potentialités, ni l'environnement. Je pense qu'aujourd'hui, on a atteint un niveau de maturité. Il y a beaucoup de gens, après l'ouverture, qui sont venus, et qui ont été déçus parce qu'effectivement, on n'avait pas créé les conditions de développement du secteur privé. Car nous sommes une économie en transition, il fallait créer un tas de structures réglementaires, d'infrastructures... Il fallait même changer la mentalité des gens car pendant de longues années, on a dit aux gens que l'étranger, c'était l'exploitation, le capitalisme, l'exploitation des sols. Nous sommes la Guinée, l'avant garde de la lutte contre l'exploitation de l'homme par l'homme... Il y a toujours les mentalités, c'est comme ça. Mais nous avons aujourd'hui le cadre réglementaire, nous avons un code d'activité économique, nous avons un code foncier, nous avons un code d'investissement. On a précisé les politiques sectorielles. C'est après le discours de 22 décembre 1985 que les grandes orientations ont été définies, qu'a été adopté l'économie de marché comme un projet de société. Il fallait qu'au niveau de chaque secteur, il y ait une politique sectorielle qui voit dans le secteur comment on applique cette politique. Aujourd'hui les politiques sectorielles sont là et les gens ont changé. Je pense qu'on a pris conscience de l'importance dans notre politique de l'investissement privé. Comme je tiens à le dire, la pierre centrale de la politique du gouvernement, c'est le secteur privé parce que l'équilibre budgétaire ne peut être obtenu de façon viable que s'il y a des contribuables et des entreprises prospères. La stabilité de la monnaie dépend, dans une large mesure de l'équilibre des comptes extérieurs. Si on n'exporte pas ou on n'importe pas moins, on ne peut pas avoir la stabilité de la monnaie. Le déficit d'emploi ne peut pas être comblé si il n'y a pas d'entreprises qui embauchent; puisque l'Etat a décidé de ne pas embaucher systématiquement. Il embauche en fonction de ses propres besoins ou de ses propres capacités. Donc tout ce que nous ferons pour susciter l'intérêt des investisseurs nationaux et étrangers, ne peut que contribuer au succès de la politique de développement économique et sociale du pays. Mais si nous faisons tout et nous n'arrivons pas à convaincre les investisseurs, nous allons perdre sur place.

FIN de l'Interview

Chers compatriotes, guinéennes et guinéens, vous qui connaissez bien notre pays, vu l’état de notre réseau routier et notre système de télécommunication tel qu’il était entre 2000 et 2006, posez-vous cette ultime question : Où sont passés tous ces dollars évoqués dans cette interview ?
Et surtout après tout ce service rendu à la Nation quel bilan en tire le Super Premier banabana du PUP ?

A Suivre...Troisième Partie

                                                                                                                                                                           

Les 47 mensonges d’un ex- premier Ministre banabana du PUP: 3ème partie

Cellou Dalein présente le bilan du PUP ou la malhonnêteté dans toute sa laideur d’un ex-premier des Ministres qui refuse toute responsabilité. Comme d’habitude « quand c’est bon c’est moi, sinon c’est l’autre », pour ses suiveurs extrémistes qui confondent le sang et la sueur « L’ENFER C’EST L’AUTRE ».

Discours de Cellou au congrès du parti radical à Paris

Monsieur Jean Louis Boorlo, Ministre d’Etat , Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du territoire, Président du Parti Radical,
Mesdames, Messieurs les Ministres et Secrétaires d’Etat,
Mesdames, Messieurs les Députés,
Excellence Monsieur l’ambassadeur de la République Tchèque en France,
Mesdames, Messieurs les congressistes,
Mesdames, Messieurs,

Vous me permettrez tout d’abord d’exprimer ma gratitude à la direction du Parti Radical et singulièrement à son Président, le Ministre d’Etat Jean Louis Boorlo, pour m’avoir invité à ce congrès.
C’est un grand  honneur pour moi  de prendre part à cette importante instance de l’un des plus anciens partis politiques de France.
Je suis particulièrement flatté de pouvoir m’exprimer devant les éminentes personnalités de la classe politique française ici présentes.

Mon intervention portera sur «  l’Impact de  la mauvaise gouvernance sur le développement économique et la paix sociale dans les pays en développement,
cas de la Guinée. »

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Parmi les contraintes qui entravent le développement des pays pauvres, on a toujours évoqué, à juste raison, le poids de la dette extérieure, la faiblesse de l’APD et des investissements directs étrangers ainsi que les difficultés d’accès des produits du Sud aux marchés du Nord. Par contre, pour des raisons diverses, la qualité de la gouvernance n’a été souvent que timidement évoquée. Et pourtant elle joue un rôle déterminant dans les capacités des pays pauvres à tirer profit des facilités mises en place par la communauté internationale pour atténuer  les contraintes ci-dessus énumérées.

S’agissant de la dette, la communauté internationale a mis en place, comme on le sait,  plusieurs instruments et mécanismes en vue d’alléger le poids de la dette des pays pauvres. C’est le cas notamment du Club de Paris et de Londres au début des années 80 et, à  la fin des années 90, de l’initiative PPTE, renforcée récemment par l’annulation de la dette multilatérale vis-à-vis des institutions de Brettons Wood et de la BAD. Sans compter les efforts consentis au niveau bilatéral par certains pays créanciers comme la France qui ont décidé  de n’octroyer aux PMA que des subventions.
Quant à  l’APD, même si l’objectif de consacrer 0.7% du PIB des pays riches est loin d’être atteint, des efforts non négligeables ont été déployés pour mobiliser des ressources concessionnelles en faveur  des PMA, notamment à travers l’IDA, le FAD, le FED et certaines institutions bilatérales de financement tels que la KFW, l’USAID et l’AFD.
Toutefois, le volume de l’aide est jugé insuffisant par rapport à la réalisation des OMD à l’horizon 2015. C’est ainsi qu’à l’occasion de plusieurs réunions, notamment, celle de Monterrey et de la 60eme session de l’assemblée générale des Nations Unies, des recommandations ont été faites aux pays riches d’accroître l’APD d’au moins de 50 milliards de dollars par an.
Enfin, si le volume de l’aide ne dépend que de la volonté des pays riches, son efficacité relève de la responsabilité commune des pays donneurs et des Etats bénéficiaires. Ces derniers en particulier se doivent d’accroître leur capacité d’absorption et d’améliorer la qualité de leur gouvernance.
Nous nous proposons, dans cet exposé, de mettre en évidence à partir de l’exemple guinéen, les méfaits de la mauvaise gouvernance sur le processus de développement d’un pays en essayant de montrer le coût que l’économie Guinéenne a payé pour n’avoir pas encore saisi l’opportunité exceptionnelle offerte par l’initiative PPTE d’annuler la dette extérieure du pays.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

  1. La Guinée : un pays de paradoxes

    Indépendante depuis le 2 Octobre 1958, la Guinée couvre une superficie de 250.000 Km2 avec une population d’environ 10.000.000 habitants. L’économie du pays repose en grande partie sur les transactions minières qui fournissent l’essentiel des ressources d’exportation du pays (plus de 80%). Gros producteur de bauxite dont elle détient les 2/3 des réserves mondiales prouvées, la Guinée dispose également d’importantes quantités de fer, d’or et de diamant, ainsi que de considérables potentialités hydroélectriques, hydrologiques et agricoles.
    Malgré toutes ces potentialités, la Guinée reste classée parmi les pays les plus pauvres du monde avec un taux de croissance du PIB en moyenne inférieur au taux d’accroissement de la population. Dans le domaine du Développement Humain, la Guinée occupe la 160eme  place sur 177. Et, 53 % de la population (contre 40% en 1995) vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il faut également noter une insuffisance notoire des infrastructures de base (eau, électricité, transport…)
    Pourtant, les réformes engagées à l’avènement de la 2eme République semblaient ouvrir à la Guinée les perspectives d’une croissance forte et durable.

  1. Les performances économiques des années 90

    A la faveur de la disparition, en 1984, du Premier Président de la Guinée, et tirant les leçons de l’échec  du système centralisé, le pays s’était engagé résolument sur la voie du libéralisme économique et politique.
    C’est dans ce cadre que fut élaboré et mis en œuvre un vaste  programme de réformes, avec l’appui technique et financier des partenaires au développement, notamment les institutions de Breton Wood,  la France et l’Union Européenne. La mise en œuvre de ces réformes a contribué fortement à l’amélioration de la gouvernance, qui, à son tour, a permis d’accroître les capacités de l’administration et les performances de l’économie.
    En effet, au cours de la décennie 90, le taux de croissance du PIB a été en moyenne de 4,5% ; le taux d’inflation, qui était de 72% au début des réformes,  a été ramené et stabilisé à 5% ; les déficits budgétaires et de la balance de paiement ont été réduits à des niveaux soutenables, les réserves de change du pays ont été reconstituées et représentaient, en général, l’équivalent de trois mois d’importation. La capacité  d’absorption de l’aide extérieure s’est accrue pour atteindre en moyenne 300 millions d’USD par an

  1. La cries des annexes 2000

    A partir de 2000, sous l’effet conjugué  de l’instabilité sous-régionale, du poids de la dette, d’une baisse drastique de l’aide extérieure et surtout de la mauvaise gouvernance, l’économie du  pays est entrée dans une période de récession profonde.   En raison d’une gestion budgétaire et monétaire hasardeuse, les déficits se creusent, les tensions inflationnistes reparaissent, les réserves de change s’épuisent et le pays a de plus en plus du mal à honorer ses engagements au titre de sa dette extérieure.
    Pour faire face à ces difficultés, le gouvernement élabore un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), obtient son admission à l’initiative PPTE en Décembre 2000 et conclut avec le FMI un programme au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC).
    Monsieur le Président,
    Mesdames, Messieurs,
    Malheureusement,  en raison de la prolifération des marchés de gré à gré,  en violation du code des marchés publics, du laxisme dans la gestion monétaire,  de la persistance des dérapages budgétaires favorisés notamment par les exonérations abusives et les dépenses extra budgétaires, ce programme n’a  jamais pu être mené à son terme. En conséquence, le point d’achèvement de l’initiative PPTE n’est toujours pas atteint. Ce qui prive la Guinée d’obtenir l’annulation des 2/3 de sa dette extérieure soit l’équivalent de  2 milliards d’USD à raison de 1.2 milliards au titre de la dette multilatérale et 800 millions de la part des créanciers du Club de Paris.  Une telle annulation   aurait  permis à la Guinée de ramener le service annuel de sa dette extérieure  à moins de 60millions d’USD contre 185 millions actuellement. Mais, l’échec du programme conclu avec les institutions de Brettons Wood, au titre de la FRPC, a fait perdre à l’économie guinéenne d’autres opportunités.
    En effet, en l’absence d’un programme performant, toutes les aides budgétaires qui devaient accompagner les efforts d’ajustement du gouvernement ont été suspendues ou annulées par les donateurs. Plus grave, la plupart des créanciers bilatéraux et multilatéraux ont été emmenés à suspendre les décaissements en faveur des projets et programmes en cours d’exécution parce que la Guinée n’était pas  à jour  dans le règlement des échéances de sa dette extérieure. Ainsi,  beaucoup de projets vitaux identifiés et mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre la pauvreté furent-ils suspendus ou arrêtés. En outre, à cause du déficit démocratique, d’autres bailleurs de fonds comme le FED ont suspendu ou réduit leur coopération financière.
    Pour compenser ces pertes de ressources extérieures et les moins values de recettes fiscales entraînées par les exonérations abusives et les fraudes à tous les niveaux, la Banque Centrale et tout le système bancaire seront  sollicités en permanence. L’endettement de l’Etat auprès du système bancaire qui n’était  que de 174 milliards de GNF en 1999 va atteindre 771milliards en 2003 ; 1129milliards en 2005 et 1629 milliards en 2006. En conséquence, la masse monétaire explose, les réserves de change s’effondrent, les arriérés extérieurs s’accumulent, la crédibilité du pays s’effrite et sa capacité d’absorption s’amenuise pour tomber à moins de 70 millions d’USD par an en 2006 contre 339 millions au début des années 90.
    Monsieur le Président,
    Mesdames, Messieurs, Sous l’effet conjugué de tous ces facteurs résultant de la détérioration de la qualité de la gouvernance, le taux de croissance décline pour n’être que de 1,2% en 2003, soit largement en dessous du taux d’accroissement de la population. L’inflation repart pour se hisser à  20,4% en 2004 ;  à 28% en 2005 et 34% en 2006. C’est également la descente aux enfers pour le franc guinéen. S’il fallait 2000GNF pour 1$USD en 2003, il en faut 7000 en 2006. Ainsi, les prix des produits pétroliers et des denrées de première nécessité tels que le riz, le sucre, la farine flambent. Le pouvoir d’achat des salaires et des autres revenus fixes s’effrite. Le salaire moyen du fonctionnaire ne représente plus que l’équivalent de 1,5 sac de riz  contre 6 sacs en 2003. La pauvreté s’étend et s’aggrave. La population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, au lieu de diminuer conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), s’accroît en passant de 40% en 1996 à  49% en 2004 et à 53% en 2006.

Cette accentuation de la pauvreté et de la misère et surtout l’absence de perspectives pour une jeunesse nombreuse et désœuvrée ont fini par créer des  frustrations et susciter de  fortes tensions sociales ponctuées de violentes grèves générales. 
Cette crise, comme on le voit est loin d’être une fatalité. Elle est essentiellement le fait de la mauvaise gouvernance marquée notamment par le manque de rigueur et de transparence dans la gestion des affaires publiques ; la généralisation de la culture de l’impunité ; le non respect des règles et procédures établies ; la violation par l’Etat de ses propres engagements ; la faiblesse du système judiciaire, du leadership national et des capacités de l’administration à orienter, impulser et coordonner le développement.
Conclusion
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Comme on l’a vu, il serait  impossible d’évaluer le coût économique et social de la mauvaise gouvernance qui s’est instaurée en Guinée depuis le début des années 2000. Cette mauvaise gouvernance a certes  empêché le pays d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE,  mais,  en plus, elle  a privé le pays  de beaucoup d’autres opportunités de développement et l’expose à des risques  de plusieurs natures y compris les risques de violence et  d’instabilité politique.
Pour sortir la Guinée de cette crise et l’engager sur la voie du développement durable il sera indispensable de refonder l’Etat, mettre fin à l’impunité et à la corruption, créer une administration efficace respectueuse des règles et des procédures, et qui soit à même de saisir toutes les opportunités internes et externes susceptibles d’accélérer le processus de développement du pays. C’est pourquoi  l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) s’est fixée comme première priorité dans son programme politique l’instauration de l’Etat de droit et la promotion de la bonne gouvernance car, à nos yeux, aucun projet ou programme de développement ne peut être réalisé et atteindre pleinement  ses objectifs si on ne met pas fin à la corruption, à l’impunité, à l’injustice et à  l’inefficacité.
L’Union Européenne qui, avec 46 milliards d’euros par an fournit  55% de l’APD  doit se préoccuper davantage de l’efficacité de cette aide en faisant de la bonne gouvernance sinon une conditionnalité tout au moins un secteur de concentration de ses interventions.
En outre, dans ses relations avec les Etats ACP, elle devrait privilégier l’intérêt des peuples  en contractualisant davantage  le respect de certaines valeurs auxquelles elle se dit particulièrement attachée telles que  les droits de l’Homme, la Démocratie et la bonne gouvernance

Paris le 14 Décembre 2008

Cellou Dalein DIALLO

PS : Cellou Dalein était Premier Ministre jusqu’Avril 2006 et il était le maitre tout puissant du Gouvernement d’Ahmed Tidiane Souare qui ne fut qu’une piètre marionnette de la mafia locale .Pour conclure cette partie laissons le Premier des ministres banabana se présenter une fois encore pour mieux situer sa responsabilité dans ce bilan :

Q6 Comme dernière question, j'aimerais vous demander de parler de votre parcours professionnel et la satisfaction que vous avez en tant que ministre de Travaux Publics et des Transports ?
A6: Pour ce qui est du parcours professionnel, j'ai commencé à travailler en 1976 sous la 1ère République, j'étais alors inspecteur de commerce. Après j'ai été nommé directeur commercial d'une grande société d'Etat qu'on appelait Société Sectoriel. C'est la Holding qui contrôlait une cellule de petites entreprises, petites par rapport à la taille de l'économie d'alors. Ensuite j'ai été directeur de la comptabilité centrale de la même société. Cette société a été liquidée sous la 1ère République en 1982 et on m'a affecté à la Banque Centrale. En 1984 j'ai été admis à un test et je suis allé faire une formation en France, en banque. J'ai fait un an là-bas, j'ai fini mes études en banque et je suis rentré pour reprendre mon travail à la Banque Centrale. J'ai été directeur de la comptabilité et de l'informatique à la Banque Centrale. Après j'ai été directeur général de la Banque Centrale chargé des affaires économiques et militaires et, de là, je suis allé à la Présidence comme adjoint à l'administrateur général des grands projets. Le Président venait de créer cette structure pour l'aider à conduire les grands projets qui pouvaient avoir un impact sur la croissance, des projets dont le coût dépassait 1 million de dollars. J'ai donc travaillé là 1 an et demi, puis je suis venu au gouvernement comme Ministre des Transports, des Télécommunications et du Tourisme. En 1997, j'ai perdu le tourisme mais on m'a ajouté les Travaux Publics et l'Environnement. Donc j'ai été Ministre de l'Equipement, des Transports, des travaux publics, des Télécommunications et de l'Environnement. En mars 99, on m'a enlevé les Télécommunications et l'Environnement. Je suis resté Ministre des Transports et des Travaux Publics. Alors je peux vous parler aussi bien des télécommunications, du tourisme et de l'environnement! Voilà en ce qui concerne ma carrière administrative. Pour ce qui est de mes études, j'ai étudié dans mon village, l'école primaire, le collège et le lycée à Labé, l'institut polytechnique, l'Ecole Supérieure de l'Administration. Lorsque j'étais à la banque centrale, j'ai fait beaucoup de stages. Avant je n'en avais fait qu'un, à l'Ecole Internationale de Bordeaux en 1980. Après, en 84-85 le stage au Fonds Monétaire et à la Banque Mondiale, le plus long au fonds monétaire en 1989 qui a duré quatre mois. Après des séminaires sur invitation. Au niveau des réformes ici, j'ai participé à tout depuis 85 en tant que fonctionnaire de la Banque Centrale, pour les privatisations, les assurances... Les réformes institutionnelles au niveau de l'eau et de l'électricité, j'étais à la cellule de la crise du comité de coordination économique et financière pendant de longue années. On peut aussi parler de la mise en place des réglementations financières des banques, la définition des ratios, la discussion avec les gens de la profession, mais aussi la réglementations des assurances. C'est vraiment le moment le plus actif de ma vie professionnelle. Ça a été très utile pour moi et ça m'a attaché à la banque.
Q7 Votre plus grande satisfaction alors ?
A7: Je suis très satisfait des résultats et de l'état du réseau. Un ambassadeur m'a dit un jour qu'on devait avoir l'un des meilleurs réseaux routiers en Afrique de l'Ouest. Construire une route, faire un pont c'est vraiment agréable. Participer au lancement des travaux, venir à l'inauguration avec le Président, et voir les gens satisfaits de ce que vous faites.

Sans commentaires !

Comme l’a dit Moussa Solano le 4 Septembre 2010« Cellou Dalein c’est le changement dans la continuité »

A suivre : Quatrième partie …

Par  Ben Daouda TOURE