Une Brillante Prestation d'El hadj Celloun Dallein DIALLO à Paris

DalleinLe Bilan, première Partie :

Le deuxième tour des élections vient à point nommé pour les guinéens qui étaient descendus plusieurs fois dans la Rue pour exiger  le Changement. Le mot «  CHANGEMENT. » génère toujours d’une situation précédente qu’on ne saurait apprécier sans en avoir fait un bilan.

Plusieurs  compatriotes se sont essayés à l’exercice. Certains de bonne foie, beaucoup d’autres avec des mauvaises intentions pour des raisons politiques ou pour des stupidités ethnocentriques.

N’étant ni politicien ni économiste, nous apportons notre contribution à ce débat par le billet de l’un des plus Grands Commis de l’Etat, Mr. El Hadj Mamadou Cellou Dalein, Candidat à la Présidence de la République.

Dans cette première  partie  nous proposerons  dans son intégralité,   le bilan social et économique de la Guinée  présenté par  le Président de l’UFDG devant le Congrès du Parti Radical de France  en Décembre 2008.

Dans les autres Parties qui suivront, nous analyserons ce discours  et vous présenterons d’autres documents authentiques pour soutenir nos arguments. Nous espérons  votre participation au débat, avec respect pour le Candidat Cellou Dalein. A ce stade de la compétition électorale  il est impératif de respecter les deux candidats en liste  qui cristallisent en eux l’image de notre Nation en Construction.

Ce n’est pas parce que les politologues modernes se profanent sur des Web sites spécialisés en la matière que vous allez intoxiquer des sites plus responsables. Les autres insultent parce qu’ils n’ont rien à dire, rien à écrire .  Nous vous invitons à lire, à lire et relire … et à participer à la discussion.

Après nous ouvrirons le débat avec une seule question…. Bonne lecture.

Discours de Cellou au congrès du parti radical à Paris

Monsieur Jean Louis Boorlo, Ministre d’Etat , Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du territoire, Président du Parti Radical,
Mesdames, Messieurs les Ministres et Secrétaires d’Etat,
Mesdames, Messieurs les Députés,
Excellence Monsieur l’ambassadeur de la République Tchèque en France,
Mesdames, Messieurs les congressistes,
Mesdames, Messieurs,

Vous me permettrez tout d’abord d’exprimer ma gratitude à la direction du Parti Radical et singulièrement à son Président, le Ministre d’Etat Jean Louis Boorlo, pour m’avoir invité à ce congrès.
C’est un grand  honneur pour moi  de prendre part à cette importante instance de l’un des plus anciens partis politiques de France.
Je suis particulièrement flatté de pouvoir m’exprimer devant les éminentes personnalités de la classe politique française ici présentes.

Mon intervention portera sur «  l’Impact de  la mauvaise gouvernance sur le développement économique et la paix sociale dans les pays en développement,
cas de la Guinée. »

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Parmi les contraintes qui entravent le développement des pays pauvres, on a toujours évoqué, à juste raison, le poids de la dette extérieure, la faiblesse de l’APD et des investissements directs étrangers ainsi que les difficultés d’accès des produits du Sud aux marchés du Nord. Par contre, pour des raisons diverses, la qualité de la gouvernance n’a été souvent que timidement évoquée. Et pourtant elle joue un rôle déterminant dans les capacités des pays pauvres à tirer profit des facilités mises en place par la communauté internationale pour atténuer  les contraintes ci-dessus énumérées.

S’agissant de la dette, la communauté internationale a mis en place, comme on le sait,  plusieurs instruments et mécanismes en vue d’alléger le poids de la dette des pays pauvres. C’est le cas notamment du Club de Paris et de Londres au début des années 80 et, à  la fin des années 90, de l’initiative PPTE, renforcée récemment par l’annulation de la dette multilatérale vis-à-vis des institutions de Brettons Wood et de la BAD. Sans compter les efforts consentis au niveau bilatéral par certains pays créanciers comme la France qui ont décidé  de n’octroyer aux PMA que des subventions.
Quant à  l’APD, même si l’objectif de consacrer 0.7% du PIB des pays riches est loin d’être atteint, des efforts non négligeables ont été déployés pour mobiliser des ressources concessionnelles en faveur  des PMA, notamment à travers l’IDA, le FAD, le FED et certaines institutions bilatérales de financement tels que la KFW, l’USAID et l’AFD.
Toutefois, le volume de l’aide est jugé insuffisant par rapport à la réalisation des OMD à l’horizon 2015. C’est ainsi qu’à l’occasion de plusieurs réunions, notamment, celle de Monterrey et de la 60eme session de l’assemblée générale des Nations Unies, des recommandations ont été faites aux pays riches d’accroître l’APD d’au moins de 50 milliards de dollars par an.
Enfin, si le volume de l’aide ne dépend que de la volonté des pays riches, son efficacité relève de la responsabilité commune des pays donneurs et des Etats bénéficiaires. Ces derniers en particulier se doivent d’accroître leur capacité d’absorption et d’améliorer la qualité de leur gouvernance.
Nous nous proposons, dans cet exposé, de mettre en évidence à partir de l’exemple guinéen, les méfaits de la mauvaise gouvernance sur le processus de développement d’un pays en essayant de montrer le coût que l’économie Guinéenne a payé pour n’avoir pas encore saisi l’opportunité exceptionnelle offerte par l’initiative PPTE d’annuler la dette extérieure du pays.

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

  1. La Guinée : un pays de paradoxes

Indépendante depuis le 2 Octobre 1958, la Guinée couvre une superficie de 250.000 Km2 avec une population d’environ 10.000.000 habitants. L’économie du pays repose en grande partie sur les transactions minières qui fournissent l’essentiel des ressources d’exportation du pays (plus de 80%). Gros producteur de bauxite dont elle détient les 2/3 des réserves mondiales prouvées, la Guinée dispose également d’importantes quantités de fer, d’or et de diamant, ainsi que de considérables potentialités hydroélectriques, hydrologiques et agricoles.
Malgré toutes ces potentialités, la Guinée reste classée parmi les pays les plus pauvres du monde avec un taux de croissance du PIB en moyenne inférieur au taux d’accroissement de la population. Dans le domaine du Développement Humain, la Guinée occupe la 160eme  place sur 177. Et, 53 % de la population (contre 40% en 1995) vivent en dessous du seuil de pauvreté. Il faut également noter une insuffisance notoire des infrastructures de base (eau, électricité, transport…)
Pourtant, les réformes engagées à l’avènement de la 2eme République semblaient ouvrir à la Guinée les perspectives d’une croissance forte et durable.

  1. Les performances économiques des années 90

A la faveur de la disparition, en 1984, du Premier Président de la Guinée, et tirant les leçons de l’échec  du système centralisé, le pays s’était engagé résolument sur la voie du libéralisme économique et politique.
C’est dans ce cadre que fut élaboré et mis en œuvre un vaste  programme de réformes, avec l’appui technique et financier des partenaires au développement, notamment les institutions de Breton Wood,  la France et l’Union Européenne. La mise en œuvre de ces réformes a contribué fortement à l’amélioration de la gouvernance, qui, à son tour, a permis d’accroître les capacités de l’administration et les performances de l’économie.
En effet, au cours de la décennie 90, le taux de croissance du PIB a été en moyenne de 4,5% ; le taux d’inflation, qui était de 72% au début des réformes,  a été ramené et stabilisé à 5% ; les déficits budgétaires et de la balance de paiement ont été réduits à des niveaux soutenables, les réserves de change du pays ont été reconstituées et représentaient, en général, l’équivalent de trois mois d’importation. La capacité  d’absorption de l’aide extérieure s’est accrue pour atteindre en moyenne 300 millions d’USD par an

1. La crises des années 2000

A partir de 2000, sous l’effet conjugué  de l’instabilité sous-régionale, du poids de la dette, d’une baisse drastique de l’aide extérieure et surtout de la mauvaise gouvernance, l’économie du  pays est entrée dans une période de récession profonde.   En raison d’une gestion budgétaire et monétaire hasardeuse, les déficits se creusent, les tensions inflationnistes reparaissent, les réserves de change s’épuisent et le pays a de plus en plus du mal à honorer ses engagements au titre de sa dette extérieure.
Pour faire face à ces difficultés, le gouvernement élabore un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP), obtient son admission à l’initiative PPTE en Décembre 2000 et conclut avec le FMI un programme au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC).
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Malheureusement,  en raison de la prolifération des marchés de gré à gré,  en violation du code des marchés publics, du laxisme dans la gestion monétaire,  de la persistance des dérapages budgétaires favorisés notamment par les exonérations abusives et les dépenses extra budgétaires, ce programme n’a  jamais pu être mené à son terme. En conséquence, le point d’achèvement de l’initiative PPTE n’est toujours pas atteint. Ce qui prive la Guinée d’obtenir l’annulation des 2/3 de sa dette extérieure soit l’équivalent de  2 milliards de USD à raison de 1.2 milliards au titre de la dette multilatérale et 800 millions de la part des créanciers du Club de Paris.  Une telle annulation   aurait  permis à la Guinée de ramener le service annuel de sa dette extérieure  à moins de 60millions d’USD contre 185 millions actuellement. Mais, l’échec du programme conclu avec les institutions de Brettons Wood, au titre de la FRPC, a fait perdre à l’économie guinéenne d’autres opportunités.
En effet, en l’absence d’un programme performant, toutes les aides budgétaires qui devaient accompagner les efforts d’ajustement du gouvernement ont été suspendues ou annulées par les donateurs. Plus grave, la plupart des créanciers bilatéraux et multilatéraux ont été emmenés à suspendre les décaissements en faveur des projets et programmes en cours d’exécution parce que la Guinée n’était pas  à jour  dans le règlement des échéances de sa dette extérieure. Ainsi,  beaucoup de projets vitaux identifiés et mis en œuvre dans le cadre de la lutte contre la pauvreté furent-ils suspendus ou arrêtés. En outre, à cause du déficit démocratique, d’autres bailleurs de fonds comme le FED ont suspendu ou réduit leur coopération financière.
Pour compenser ces pertes de ressources extérieures et les moins values de recettes fiscales entraînées par les exonérations abusives et les fraudes à tous les niveaux, la Banque Centrale et tout le système bancaire seront  sollicités en permanence. L’endettement de l’Etat auprès du système bancaire qui n’était  que de 174 milliards de GNF en 1999 va atteindre 771milliards en 2003 ; 1129milliards en 2005 et 1629 milliards en 2006. En conséquence, la masse monétaire explose, les réserves de change s’effondrent, les arriérés extérieurs s’accumulent, la crédibilité du pays s’effrite et sa capacité d’absorption s’amenuise pour tomber à moins de 70 millions d’USD par an en 2006 contre 339 millions au début des années 90.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs, Sous l’effet conjugué de tous ces facteurs résultant de la détérioration de la qualité de la gouvernance, le taux de croissance décline pour n’être que de 1,2% en 2003, soit largement en dessous du taux d’accroissement de la population. L’inflation repart pour se hisser à  20,4% en 2004 ;  à 28% en 2005 et 34% en 2006. C’est également la descente aux enfers pour le franc guinéen. S’il fallait 2000GNF pour 1$USD en 2003, il en faut 7000 en 2006. Ainsi, les prix des produits pétroliers et des denrées de première nécessité tels que le riz, le sucre, la farine flambent. Le pouvoir d’achat des salaires et des autres revenus fixes s’effrite. Le salaire moyen du fonctionnaire ne représente plus que l’équivalent de 1,5 sac de riz  contre 6 sacs en 2003. La pauvreté s’étend et s’aggrave. La population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, au lieu de diminuer conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), s’accroît en passant de 40% en 1996 à  49% en 2004 et à 53% en 2006.

Cette accentuation de la pauvreté et de la misère et surtout l’absence de perspectives pour une jeunesse nombreuse et désœuvrée ont fini par créer des  frustrations et susciter de  fortes tensions sociales ponctuées de violentes grèves générales. 
Cette crise, comme on le voit est loin d’être une fatalité. Elle est essentiellement le fait de la mauvaise gouvernance marquée notamment par le manque de rigueur et de transparence dans la gestion des affaires publiques ; la généralisation de la culture de l’impunité ; le non respect des règles et procédures établies ; la violation par l’Etat de ses propres engagements ; la faiblesse du système judiciaire, du leadership national et des capacités de l’administration à orienter, impulser et coordonner le développement.
Conclusion
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Comme on l’a vu, il serait  impossible d’évaluer le coût économique et social de la mauvaise gouvernance qui s’est instaurée en Guinée depuis le début des années 2000. Cette mauvaise gouvernance a certes  empêché le pays d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative PPTE,  mais,  en plus, elle  a privé le pays  de beaucoup d’autres opportunités de développement et l’expose à des risques  de plusieurs natures y compris les risques de violence et  d’instabilité politique.
Pour sortir la Guinée de cette crise et l’engager sur la voie du développement durable il sera indispensable de refonder l’Etat, mettre fin à l’impunité et à la corruption, créer une administration efficace respectueuse des règles et des procédures, et qui soit à même de saisir toutes les opportunités internes et externes susceptibles d’accélérer le processus de développement du pays. C’est pourquoi  l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) s’est fixée comme première priorité dans son programme politique l’instauration de l’Etat de droit et la promotion de la bonne gouvernance car, à nos yeux, aucun projet ou programme de développement ne peut être réalisé et atteindre pleinement  ses objectifs si on ne met pas fin à la corruption, à l’impunité, à l’injustice et à  l’inefficacité.
L’Union Européenne qui, avec 46 milliards d’euros par an fournit  55% de l’APD  doit se préoccuper davantage de l’efficacité de cette aide en faisant de la bonne gouvernance sinon une conditionnalité tout au moins un secteur de concentration de ses interventions.
En outre, dans ses relations avec les Etats ACP, elle devrait privilégier l’intérêt des peuples  en contractualisant davantage  le respect de certaines valeurs auxquelles elle se dit particulièrement attachée telles que  les droits de l’Homme, la Démocratie et la bonne gouvernance

Paris le 14 Décembre 2008

Cellou Dalein DIALLO

Ps : Quelles Responsabilités  attribuez-vous à El Hadj Mamadou Cellou Dalein dans ce Bilan ?

Ben Daouda Toure

Aframglobal@aol.com

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